rempartLe dernier bastion, tome 1 : Rempart de Adam Baker

Editions : Panini

480 pages

Paru le 14 Mai 2014

Aperçu : Le Rempart de Kasker est une plate-forme pétrolière abandonnée, en plein milieu de l’océan Arctique, surveillée par une équipe de quinze permanents qui luttent contre l’ennui et la dépression en attendant la relève.

Quand une pandémie s'abat au sud du cercle polaire, le monde bascule dans le chaos. Peu à peu, le silence envahit les ondes et les chaînes de télévision, l’équipage perd lentement tout contact avec la civilisation.

Prisonniers de la banquise, ils doivent trouver un moyen de s’échapper de cet enfer de glace avant de succomber à la famine et à l’hypothermie. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que la contagion qui a ravagé la civilisation se dirige droit sur eux…

 

 

Mon commentaire général : ça fait froid dans le dos…

Ma note : 4/10

La citation qui résume tout : « Cet endroit stérile est l’enfer sur terre. » (p.360)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

En plein ménage de ma PAL, je suis allée chercher les romans qui prenaient la poussière et qui végétaient en attendant d’être lus. J’avais acquis Rempart en août 2015, il était donc grand temps de le lire !

Ce roman est un peu à part, et surtout d’un genre que je lis peu. Il y a tout d’abord une ambiance, glaçante. L’action se déroule dans la mer de Barents, au large du Groenland et de la Russie alors que l’hiver, ses tempêtes brutales et ses températures proches de -50°C, approche. Le groupe de personnages que l’on suit travaille sur une plateforme pétrolière qui n’a plus foré depuis longtemps, donc l’équipe est réduite à son minimum. Quand les communications avec l’extérieur se coupent, que le ravitaillement ne se fait plus, ils comprennent que quelque chose de grave est arrivé au reste du monde. Alors que la faim les guette et que les secours ne se montrent pas, la menace qui a chamboulé la planète se rapproche dangereusement de leur recoin isolé…

L’auteur a fait un formidable travail de recherche sur les conditions de vie dans le grand froid et sur les plateformes pétrolières, si bien que le récit est criant de réalisme concernant ces aspects. Il l’est un peu moins sur la « menace » en question, bien qu’Adam Baker ait essayé d’innover sur un thème dont on a déjà beaucoup parlé. Je n’ose rien dire de plus car la découverte fait partie intégrante du roman, dont le but est de faire frissonner, de froid et d’horreur. Ames sensibles s’abstenir car les scènes gores sont nombreuses.

Pourtant, malgré ce contexte angoissant, je me suis globalement ennuyée. Il y a beaucoup de longueurs, beaucoup d’agitation, parfois pour rien, les personnages tentant une approche, puis une autre, sans énormément de succès. En effet, leurs moyens sont plutôt limités mais on aurait pu couper une centaine de pages sans que cela nuise au récit, bien au contraire.

Et puis il y a beaucoup de personnages, certains dont on ne sait rien, ce qui fait qu’on comprend vite qui sont les personnages importants, et comme dans tout survival, on sait donc qui va survivre au carnagePas de surprise de ce côté-là. Ce qui m’a aussi gênée, c’est que malgré la peur, le désespoir supposé de ces personnes coincées à l’autre bout du monde face à l’innommable, je n’ai ressenti aucune émotion forte. Le récit est assez plat, surtout descriptif, ne me permettant pas d’empathie envers les protagonistes.

Rempart est le premier tome d’une trilogie, et vu mon sentiment (ou mon absence de sentiment), je ne pense pas lire la suite, même si j’aimerais bien savoir d’où est venue cette menace. Tant pis.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Des zombies dans le grand nord, voilà qui est original. Non seulement le personnel du Rempart doit lutter contre le froid et le manque de nourriture, mais aussi contre ces morts-vivants assoiffés de sang. L’idée était plutôt osée et aurait pu me faire mourir de peur.

Pourtant, je regrette que l’auteur ait choisi la voie des héros tout puissants au lieu de montrer le combat de personnes ordinaires. Chacun d’entre eux possède un courage et des capacités hors normes. Ils n’hésitent pas à affronter les infectés, à les découper en tranche ou à leur forer le crâne à coup de perceuse (j’avais dit que c’était gore !), à partir dans l’inconnu malgré le froid. Et je ne parle pas des plans de sauvetage, tous plus techniques les uns que les autres, nécessitant des compétences en navigation, ingénierie, explosifs, ce qui ne pose de problème à personne… Ghost est un super technicien, Rye une médecin qui sait tout soigner, Jane passe du statut d’obèse à celle de super-sprinteuse et Punch de cuisinier à expert en survie… C’est juste trop.

De plus les personnages sont complètement manichéens, ce qui permet de deviner très rapidement qui va survivre. Jane, employée divine, est l’héroïne du roman, donc on sait qu’elle ira au bout. Nail par contre, est le méchant, il doit succomber. Nikki est la folle qui précipite la fin en contrôlant les infectés (comment ? on ne le sait pas…) parce qu’elle est désespérée d’avoir perdu Alan et Simon. Ghost le gentil est le dommage collatéral, sacrifié pour ne pas finir en happy ever after, avec les quatre gentils qui survivraient gentiment dans leur plateforme à la dérive.

C’est regrettable parce que l’idée était là, et même si je ne suis pas énormément fan de zombies, j’aurais aimé avoir peur, trembler à chaque ouverture de porte ou à chaque sortie sur la banquise. Au lieu de ça, j’ai juste fait défiler les pages pour me dire que je suis allée au bout. Au final, je crois que ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable et c’est dommage.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Te perdras-tu sur le Rempart à l’affut de la menace qui s’approche ?

Dis-le moi en commentaire.