la fille de braises et de roncesLa fille de braises et de ronces de Rae Carson

Editions : Robert Laffont Collection R

401 pages

Paru le 27 octobre 2015

Aperçu : Le Destin l’a choisie, elle est l’Élue, qu’elle le veuille ou non.

Princesse d’Orovalle, Elisa est l’unique gardienne de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, Elisa a déçu les attentes de son peuple, qui ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée…

Le jour de ses seize ans, son père la marie à un souverain de vingt ans son aîné. Elisa commence alors une nouvelle existence loin des siens, dans un royaume de dunes menacé par un ennemi sanguinaire prêt à tout pour s’emparer de sa Pierre Sacrée.

Délaissée, humiliée, la princesse devra s’affirmer au milieu des intrigues de la cour, du grondement d’une guerre inévitable et des mirages de l’amour.

Il lui faudra puiser en elle le courage nécessaire à sa survie et à celle de son peuple. Accepter enfin d’être l’Élue de son propre destin...

Mon commentaire général : en effet, ça pique !

Ma note : 4/10

La citation qui résume tout : « Les gens ont l’air convaincus que je vais devenir une sorte… d’héroïne.» (Chap. 8)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

A la lecture des toutes premières pages, j’étais persuadée que ce livre serait pour moi un coup de cœur. Tout d’abord, Elisa, l’héroïne est ronde et maladroite, ce qui change des Elues habituelles. L’univers avec ses consonnances hispaniques est aussi original, avec une utilisation de la magie novatrice. Et puis l’histoire commence directement avec un mariage arrangé, celui d’Elisa avec un souverain lointain qu’elle n’a jamais vu, ce qui apporte du piquant dès le départ.

Pourtant, il n’a pas fallu longtemps pour que mon enthousiasme soit irrémédiablement douché.

J’ai tout d’abord trouvé qu’il y avait un problème de fluidité avec l’écriture. Soit c’est la plume de l‘autrice qui est comme ça ou c’est la traduction, mais j’avais parfois l’impression qu’il manquait des bouts de phrases. Il y a des ellipses, des personnages qui font une chose et une complètement différente à la ligne suivante sans lien entre les deux…

J’ai aussi eu beaucoup de mal avec Elisa, que je n’ai pas trouvé attachante du tout. Très empotée, cœur d’artichaud, elle ne pense qu’à la nourriture, ce qui en fait une caricature de la fille grosse et inutile. Je ne vois pas en quoi son poids est important dans l’histoire, cela ne la définit pas et pourtant on en a fait une caractéristique essentielle du personnage… Par contre, malgré les ellipses dans le récit, on sait toujours avec précision ce qu’Elisa a mangé !

Le récit contient également beaucoup de religion, qui ne ressemble pas aux religions existantes, et Elisa, en tant qu’Elue, s’y raccroche très souvent, oubliant parfois de réfléchir.

Enfin, il m’a manqué des émotions. L’histoire est racontée par Elisa, à la première personne, et pourtant je suis bien en peine de dire ce qu’elle a ressenti aux moments clés et donc je n’ai rien ressenti moi-même, si ce n’est de l’ennui devant les longueurs qui alourdissent les trois quarts du roman.

Je suis assez déçue car je trouve la couverture magnifique (et c’est souvent ce qui m’attire vers un livre), le résumé avait l’air prometteur, tout comme les premières pages, et au final, je me suis forcée à le finir et je pense que j’oublierai rapidement ce roman.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Au départ, Elisa est grosse, empotée, ne sait rien faire par elle-même sauf potasser inlassablement sa Scriptura Sancta et elle est considérée par une experte en tactique militaire parce qu’elle connait par cœur la Belleza Guerra sans avoir jamais mis un pied hors du palais de son père… On a connu mieux comme héroïne !

C’est grâce à son enlèvement (dont le motif m’est resté obscur. Comme si le roi n’allait pas se lancer à la recherche d’une invitée spéciale disparue qu’on peut facilement relier à l’absence de sa dame de chambre…) qu’Eliza prend de la consistance, en devenant la cheffe des rebelles. Rappelons qu’elle a 16 ans, une connaissance du terrain qui se limite à sa chambre et qu’elle a lu des livres (Pardon, elle a aussi la Pierre Sacrée, dont elle ne sait pas quoi faire) mais cela suffit visiblement à prendre la tête d’une petite armée, même si son charisme ne fait d’effet qu’à Humberto. On remarquera aussi que pour devenir crédible, Eliza va perdre du poids… Pour moi, cela ressemble fortement à de la grossophobie…

En résumé, je n’ai pas réussi à percevoir le leadership d’Eliza. Pour moi, elle n’est qu’une enfant trop gâtée, à qui on a demandé de jouer un rôle de potiche en restant cachée dans l’ombre du roi, et qui devient reine, en se découvrant subitement des qualités de cheffe stratège. Je n’y ai pas cru une seconde.

On l’aura compris, ce livre n’était pas fait pour moi, ce que je regrette car j’ai apprécié l’univers et notamment cette utilisation très originale de la magie via les Animagi et le pouvoir d’unification des Elus.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Veux-tu découvrir le pouvoir de la Pierre Sacrée?

Dis-le moi en commentaire.