rois de cendresRois de cendres de K.Ancrum

Editions : Milan

315 pages

Paru le 20 Février 2019

Aperçu : August et Jack n'ont jamais fait partie du même monde. August est discret, alors que Jack est la star du lycée. Pourtant, tous deux partagent bien des secrets, à commencer par leur amitié qui remonte à l'enfance. Quand Jack semble envahi par des hallucinations inquiétantes, c'est le monde d'August qui s'effondre. Il réagit alors de la seule façon qui lui semble envisageable : en plongeant dans la folie de Jack.

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Un roman de fou !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Toutes les quêtes ont une fin, bonne ou mauvaise. Toujours. » (p.221)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voilà un roman qui te marquera autant que sa magnifique couverture. Ne te fie pas à ces jolies volutes dorées. Rois de cendres n’a rien d’un conte de fées, bien au contraire.

C’est l’histoire de Jack et August, amis depuis leur enfance, bien qu’ils le cachent au lycée où ils ne font pas partie du même monde. Jack est populaire, membre de l’équipe de foot, alors qu’August est un marginal qui revend de la drogue pour subvenir aux besoins de sa famille. Pourtant ils feraient tout l’un pour l’autre, puisqu’ils n’ont personne d’autre sur qui compter, leurs parents ne s’occupant pas du tout d’eux. C’est pourquoi le jour où Jack commence à avoir des hallucinations, August devient le chevalier de son ami qui s’enfonce petit à petit dans la folie et l’entraîne dans son monde imaginaire, à la recherche d’un mystérieux artéfact. Jusqu’où les mènera cette quête ?

L’originalité du roman tient avant tout à sa mise en page. Les chapitres très courts s’enchainent rapidement et sont régulièrement séparés par des illustrations et bonus (comme les bulletins de retenue d’August, des rapports médicaux ou des coupures de journal) qui appuient parfaitement le récit. Et puis il y a les dessins sur les pages, et la couleur de fond qui s’obscurcit au fur et à mesure que la folie de Jack prend de l’ampleur… C’est juste magnifique !

En plus la plume est très agréable et les personnages très touchants. Ce sont des adolescents laissés pour compte, confrontés à des problèmes d’adultes, qui réagissent avec leur sensibilité. L’autrice a également accompli un travail de recherche remarquable sur les mécanismes des maladies mentales, si bien qu’on ne peut qu’y croire.

Le seul souci, c’est qu’il y a quelques longueurs alors que le monde imaginaire de Jack aurait mérité de prendre vie sous nos yeux. La quête de l’artéfact reste assez anecdotique, pourtant c’est un élément essentiel dans la folie de Jack. Dans l’ensemble, j’aurais aimé davantage voir par les yeux de Jack, surtout que son monde se base complètement sur le réel, si bien qu’on peut se demander s’il n’y a pas une part de réel dans tout cela.

En tout cas, Rois de cendres est un roman qu’on ne peut oublier, de par sa mise en page et son propos, il se démarque clairement comme un livre inhabituel et percutant.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Si le résumé (et le début de l’histoire) laisse croire que Jack est le seul atteint d’une pathologie mentale, August n’est pas en reste non plus et c’est ça qui est intéressant. En fait, dès que Jack a été opéré, sa folie n’est plus, alors qu’August reste codépendant. J’aime ce genre de retournement de situation qui prouve qu’il ne faut pas se fier à ce qu’on a sous les yeux mais chercher ce qui est écrit entre les lignes. Les pathologies mentales ne sont pas souvent reconnues comme de vraies maladies et si on a l’air normal, on l’est forcément pour la plupart des gens. Kayla Ancrum a bien joué avec ces préjugés : personne ne soupçonnait August d’être aussi malade alors que son acharnement à suivre Jack où qu’il aille, même au plus profond de sa folie, en était déjà un symptôme gros comme un éléphant.

Mais peut-être n’est aussi qu’une conséquence de leur amour refoulé. En se faisant passer pour de simples amis, en se croyant de simples amis, les deux jeunes hommes ont cru étouffer leurs sentiments et ce n’est qu’en l’acceptant enfin (Jack prend August comme point de repère dans son monde dévasté tandis qu’August ne peut guérir qu’en retrouvant Jack), qu’ils peuvent chasser l’obscurité.

Ensemble, en s’acceptant, ils peuvent vivre dans la lumière, et ce n’est sûrement pas un hasard si la photo finale les montrant enlacés est sur une page blanche (p.315) ! Mention spéciale à ces photos tout au long du roman qui sont un vrai plus et permettent vraiment de s’immerger dans l’histoire, comme si les personnages étaient des connaissances.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Tenté par une plongée dans la folie ?

Dis-le moi en commentaire.