Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du deuxième tome de la série Dividing Eden. Si tu n’as pas lu le tome précédent, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur Dividing Eden (tome 1).

 

dividing eden T2Dividing Eden, tome 2 : Le royaume des vents de Joelle Charbonneau

Editions : Milan

277 pages

Paru le 13 Février 2019

Aperçu : Andreus est enfin roi d'Eden. Mais loin d'être comblé, il est hanté par ce qu'il a fait pour accéder au pouvoir : il croit avoir tué sa jumelle Carys. Et sa culpabilité redouble quand il se rend compte que ses sujets sont toujours fidèles à la disparue. Pour couronner le tout, les vents sont retombés sur Eden et les moulins ne fabriquent plus d'électricité, le royaume est plongé dans l'obscurité ; il faut trouver au plus vite le moyen de sauver le royaume.

Et si Carys était la solution à tous ces problèmes ? Car Carys est en vie. Et elle compte bien revenir auprès de son frère, qu'il le veuille ou non.

 

 

 

Mon commentaire général : Un duel au top !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Ils avaient soudain cessé d’être le reflet l’un de l’autre. » (p. 126)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Avant de parler du contenu, j’aimerais encore une fois saluer le magnifique travail réalisé sur la couverture qui résume parfaitement l’histoire. Il faut bien évidemment l’avoir lu pour le comprendre, mais c’est très explicite une fois fait.

Ce second tome de la série Dividing Eden reprend les évènements à peu près là où on les avait laissés à la fin du tome 1. Andreus a gagné la compétition et est devenu roi d’Eden, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il est sain et sauf. Après tout, les meurtres de son père et frère n’ont jamais été résolus… De son côté, Carys qui se fait passer pour morte a fui avec Garret, Larkin et Errik. Or, maintenant qu’elle n’est plus sous les effets de la drogue, la jeune femme ressent d’autres sensations, un pouvoir d’une force incommensurable… Et si la prophétie avait vu juste ?

Il ne m’aura pas fallu longtemps pour terminer ce roman à l’univers très plaisant, porté par une plume d’une fluidité incomparable. Il y a de plus beaucoup d’action, des trahisons, des complots, qui rendent le récit très dynamique. Ce second tome est celui où les destins se précisent et s’accomplissent, comme les caractères. Carys m’a ici semblée moins lisse, Andreus moins manichéen.

Pourtant, je regrette à nouveau que l’univers soit aussi largement sous-exploité. Avec cette plume et cette imagination, Joelle Charbonneau pourrait être une grande conteuse, si seulement elle développait plus le contexte. En terminant cette série, je ne sais quasiment rien d’Eden ni de ses voisins. Je suis incapable de me les représenter ou de comprendre leurs traditions.

J’ai globalement aimé cette duologie, d’une part parce que c’est un format qui fonctionne bien avec moi, et d’autre part parce qu’elle met en avant l’amour fraternel avant la romance, très discrète. C’est juste dommage que l’aspect fantasy ne soit pas davantage développé.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce second tome est le reflet exact du premier : Carys et Andreus sont opposés au début du roman mais soudés à la fin, ce qui leur permet de s’accomplir indépendamment de l’autre avant de se retrouver.

Carys a un grand pouvoir à révéler. Sans la drogue qui masque son affinité avec le vent, elle voit ses capacités se réveiller à nouveau et elle doit apprendre à les maîtriser. Pour cela, elle a besoin d’être loin de la cour et de ses espions. Elle doit se retrouver dans des situations périlleuses pour prendre conscience des limites de son pouvoir. Ce chemin initiatique passe forcément par de la solitude pour permettre l’introspection.

Andreus a toujours vécu sous la protection de sa sœur (et de sa mère). Une fois roi, il est isolé, à la merci du Conseil qui entend bien régner à sa place et l’utiliser comme marionnette, voire carrément le remplacer par quelqu’un d’autre… Le fait de se retrouver seul permet à Andreus de s’affirmer, de comprendre les complots tissés dans l’ombre qui l’ont amené là. Il réalise que sa maladie n’est pas aussi incapacitante qu’il le pense. Andreus finit par prendre sa place, celle d’un roi pas vraiment légitime, puisqu’il n’est pas le fils d’Ulron, mais un roi quand même, pour marquer le renouveau d’Eden.

Cette fin a d’ailleurs un petit goût d’inachevé pour moi. J’ai apprécié que tout ne se termine pas bien (ce n’est pas un conte de fées) mais j’ai trouvé la résolution un peu brutale : toute la lumière se fait d’un coup, en à peine quelques pages, sans que toutes les motivations ne soient vraiment claires pour moi.

De façon assez étrange, j’ai l’impression d’apprécier le style de Joelle Charbonneau mais elle reste un peu trop superficielle dans ses univers et ses intrigues pour moi. J’avais déjà eu ce sentiment à la lecture de L’élite, même si j’ai nettement préféré Dividing Eden. Je lui redonnerai probablement encore une chance car je passe généralement un bon moment de lecture avec ses romans.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Prêt à reprendre la lutte ?

Dis-le moi en commentaire.