le poing levéLe poing levé de Simon Stranger

Editions : Bayard

256 pages

Paru le 6 Février 2019

Aperçu : Emilie, 17 ans, ne pense qu’à la mode et aux garçons. Quand elle rencontre Antonio, membre d’un petit groupe politisé qui mène des actions contre les grands groupes industriels, elle ouvre les yeux sur le monde qui l’entoure. Émilie est Norvégienne. Et comme beaucoup de filles de son âge, elle aime faire les boutiques et rêver aux garçons sans penser au lendemain. À l’autre bout du monde, Reena, 12 ans, se tue à la tâche dans une usine du Bangladesh, où elle coud des vêtements destinés aux grands magasins. Un univers sépare les deux jeunes filles. Tout change le jour où Émilie rencontre Antonio. Car le garçon appartient aux « Sauveurs du Monde », un petit groupe politisé qui mène des actions clandestines contre les grandes compagnies industrielles, comme celle qui embauche Reena…

 

 

Mon commentaire général : Indispensable !

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Quand quelque chose est bon marché, il y a en fait quelqu’un qui en paie le prix. » (p. 31)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

T’es tu déjà demandé comment étaient fabriqués tes vêtements, ta nourriture, tes accessoires ?

Après avoir lu ce livre, tu devrais normalement te poser la question

Pour moi qui suis engagée dans une démarche éco-responsable concernant ma consommation et mon alimentation, ce livre n’a fait que renforcer mes convictions mais j’espère qu’il permettra à un plus grand nombre d’ouvrir les yeux. Pourtant écrit en 2011-2012, on voit qu’en 2019, les mêmes problématiques sont toujours là, et ça me fait mal au cœur…

Mais revenons-en au roman.

C’est l’histoire d’Emilie, une lycéenne norvégienne comme les autres, qui aime dépenser son argent en vêtements pas chers pour se sentir jolie, intégrée et plaire aux garçons. Or un jour, en faisant du shopping, elle aide un garçon à apposer des autocollants dénonçant les conditions de fabrication sur des t-shirts et fait connaissance avec une association secrète : Les Sauveurs du monde. Leur but : faire ouvrir les yeux aux consommateurs sur les conditions de fabrication de leurs objets du quotidien et de leur alimentation. C’est un choc pour la jeune fille qui prend conscience de l’horreur de la vie de ces personnes à l’autre bout du monde qui s’échinent au travail pour le plaisir éphémère des consommateurs des pays riches… Au Bangladesh, d’ailleurs, le lecteur rencontre Reena, une adolescente qui travaille justement dans une usine de fabrication dédiée à la fast-fashion et qui rêve d’une vie meilleure dans les bras du garçon qui fait battre son cœur…

Outre Reena, l’auteur fait aussi référence à plein d’autres travailleurs de l’ombre mais aussi d’autres personnages, pour mettre en perspective tous les points de vue (même le sien !). Il n’y a pas de côté moralisateur mais l’exposition des faits est suffisamment parlante pour faire réagir le lecteur, ce qui en fait pour moi un livre incontournable pour la jeune génération qui va avoir bien du mal à réparer les erreurs de ses aînés.

Je ne vois que deux points négatifs à ce roman. La plume m’a parfois semblée un peu sèche, ce qui vient peut-être de la difficulté à traduire le norvégien et ne permet pas trop de faire passer les émotions.

La fin m’a aussi parue très abrupte, comme s’il manquait des pages au roman. C’est dommage car j’aurais vraiment voulu en savoir plus et je n’aurais pas dit non à une vingtaine de pages supplémentaires, surtout que le livre est très court et se lit quasiment d’une traite.

En tout cas, c’est un roman à lire absolument et parfaitement dans l’air du temps, que je vais m’empresser de recommander largement en espérant une prise de conscience massive. Après tout, si chacun agit à son niveau, on a peut-être encore une chance de corriger le tir.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il y a quelques années, j’étais moi-aussi une sur consommatrice, de vêtements surtout, et j’aurais bien eu besoin de ce roman pour prendre conscience du mal que mon mode de vie causait à l’autre bout de la planète. Quand on jette les vêtements comme des mouchoirs usagés, utilisés une fois puis remisés au placard, qu’on change de téléphone tous les six mois, qu’on consomme du chocolat et de la viande à outrance, est-on vraiment attentif à ce que cela implique pour les personnes qui les ont fabriqués, souvent dans la souffrance ? J’espère que non.

L’aspect éthique est ici relativement bien traité, en montrant les conditions de travail, les salaires de misère, mais également les conditions de vie des animaux destinés à la consommation.

J’aurais bien aimé que l’auteur parle aussi de l’aspect écologique qui de plus peut entrer dans la même problématique : c’est une exploitation des ressources, naturelles et humaines, pour le plaisir et le confort d’une infime majorité de la population humaine.

Il est difficile de ne pas pointer du doigt quand on évoque ce roman, parce qu’il risque de provoquer des réactions viscérales, en bien, en mal, en culpabilité, puisqu’on touche au mode de vie de la majorité. L’auteur a même essayé de parer à toutes les remarques, en les faisant dire de la bouche de ses personnages, du père d’Emilie notamment, tout en apportant des solutions progressistes qui peuvent être adaptées par chacun.

« Une étoile de mer à la fois ». Chacun, par ses actions, même petites, même à son échelle, peut faire la différence, car c’est l’accumulation de ces petits progrès qui finira par en créer un grand.

A nous de jouer !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Prêt à ouvrir les yeux ?

Dis-le moi en commentaire.