la stratégie des asLa stratégie des as de Damien Snyers

Editions : ActuSF

244 pages

Paru le 16 Février 2016

Aperçu : Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis... Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m'a proposé ce contrat juteux, je n'avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n'était pas qu'une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu'on m'a gentiment offert de force risque bien de m'éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j'ai sauté à pieds joints dans le piège. L'amour du risque, je vous dis. Enfin... c'est pas tout ça, mais j'ai une vie à sauver. La mienne.

 

 

 

Mon commentaire général : Chapeau !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Nous n’avions pas de destin, nous créions le nôtre.» (p.13)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’avoue avoir ouvert ce roman sans en savoir beaucoup, ni en avoir entendu parler sur les réseaux dont je suis pourtant une grande consommatrice et j’ai été agréablement surprise !

La stratégie des as est un mélange de steampunk, aventure et fantasy qu’il est assez compliqué de définir précisément. Pourtant l’histoire est plutôt simple : une bande de malfrats composée d’un elfe, un ogre et une demi-elfe (ou demi-humaine, ça dépend comment on voit les choses) se voit proposer le vol audacieux d’une pierre précieuse contre une somme faramineuse. S’ils échouent, ça sera la mort assurée. Mais s’ils réussissent, ils pourront enfin réaliser leurs rêves. Pourtant, au fur et à mesure de la préparation, la bande se rend compte que si la récompense est aussi grande, c’est peut-être parce que le casse est impossible

Pour un premier roman, il faut saluer la plume, très agréable, et l’intrigue, bien maitrisée. L’univers est très original, on sent qu’il y a énormément à creuser et pourtant, il n’est ici qu’à peine effleuré tant le récit se concentre sur la mission des personnages. C’est vraiment dommage car ce mélange détonnant donne envie de s’y plonger à pleines mains et je n’aurais pas rechigné contre une cinquantaine de pages supplémentaires pour développer le contexte.

Outre la mission principale, qui a déjà été comparée à des références comme Ocean’s Eleven ou Arsène Lupin, et dont on suit la préparation et la réalisation, j’ai aimé la prise de position de l’auteur sur des sujets de société comme le racisme ou les discriminations, prouvant ainsi qu’on peut écrire de la fantasy et dénoncer en même temps les dérives de la société contemporaine.

Si je n’ai pas spécialement accroché avec les personnages, James en tête, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et je ne serai pas contre une suite, voire d’autres histoires dans le même univers. En tout cas, je note bien précieusement le nom de Damien Snyers dans ma liste d’auteurs à suivre.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Si j’ai adoré l’utilisation de cette pierre de jeunesse liée aux légendes égyptiennes, la préparation du vol dans ses moindres détails, puis la mise à exécution qui comporte évidemment des impondérables, je ne pense pas pour autant garder un souvenir impérissable des personnages. D’ailleurs, il m’a fallu quelques secondes pour me rappeler le nom du narrateur, alors que ma lecture ne date que de quelques jours !

Le problème vient du fait que je n’ai pas du tout réussi à m’attacher à eux. Cela vient peut-être du fait que le récit est vraiment focalisé sur la mission, mettant de côté les émotions (et pourtant il y en a puisque la vie d’au moins trois personnages est en jeu).

A mon avis, cela tient plutôt au choix du personnage principal. James m’a paru assez égoïste et d’ailleurs il ne définit les autres que par rapport à lui : l’ogre lui sert de faire-valoir, il est d’abord agacé que la métisse ait rencontré quelqu’un car il ne pourra plus coucher avec elle (et je ne le sens pas plus affecté que ça par sa maladie ou sa mort prochaine), l’autre voleuse le titille parce qu’elle a réussi là où lui a échoué (et d’ailleurs il ne trouve des pistes que parce qu’il s’accapare celles de la jeune fille). Du coup, je pense avoir développé une certaine distance avec le récit parce que j’étais intéressée par l’action mais pas par le sort des personnages, ce qui est assez déstabilisant.

Malgré tout, j’ai bien aimé la nouvelle de fin, centrée sur Mila, ce qui montre que c’est réellement James qui me pose problème, ce qui me permet de mettre de côté mon ressenti spécifique sur ce personnage et d’affirmer que La stratégie des as en vaut vraiment la peine si tu cherches une nouvelle façon d’aborder la fantasy et que tu aimes les aventures de voleurs

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Te sens-tu à la hauteur de ce cambriolage ?

Dis-le moi en commentaire.