un coeur pour deuxUn cœur pour deux de Shivaun Plozza

Editions : Michel Lafon

395 pages

A paraître le 24 Janvier 2019

Aperçu : « Je m’appelle Marlowe, j’ai 17 ans, et depuis que j’ai reçu le nouveau cœur qui bat dans ma poitrine, je ne cesse de me poser la même question : à qui appartenait-il ? »

Alors qu’elle tente de retrouver la famille de son donneur, la jeune fille doit en plus jongler entre ses sentiments naissants pour l’apprenti boucher, sa mère vegan et le reste du monde qui la prend soit pour une miraculée, soit pour le monstre de Frankenstein.

Découvrira-t-elle en chemin pour quoi ce nouveau cœur bat vraiment ?

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Mon cœur bat très fort pour ce roman…

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Cette impression que chaque battement, chaque coup et palpitation de mon cœur me seraient inconnus et le resteraient car il y a désormais en moi cette part entière qui ne m’appartient pas, comme une petite chambre forte au fond de ma poitrine. » (p.8)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Il y a très peu de romans qui parlent de transplantation d’organes en littérature jeunesse, alors que c’est un sujet grave, dont il faut parler pour sensibiliser à ce don d’une générosité incroyable qui peut sauver des vies.

C’est chose faite avec Un cœur pour deux, qui m’aura fait vivre beaucoup d’émotions.

Ce roman nous raconte l’histoire de Marlowe, qui vivait avec un grave problème cardiaque et qui, au moment où le récit commence, a reçu un cœur un an auparavant. La jeune fille se sent à part, depuis toujours, mais surtout depuis qu’elle a dans sa poitrine cet organe étranger qui la maintient en vie. Alors qu’elle se pose des questions sur son donneur, elle doit aussi faire face à l’originalité de sa famille, entre sa mère activiste vegan et son petit frère qui ne sort jamais sans un nouveau déguisement de sa création. Même si la famille de son donneur ne souhaite pas entrer en contact avec elle, Marlowe est déterminée à trouver des réponses à ses questions et à comprendre pourquoi et pour qui son nouveau cœur bat dorénavant. Avec l’aide de son amie Zan, tout aussi marginale qu’elle, et de Léo, l’apprenti de la boucherie voisine de l’épicerie vegan de sa mère, Marlowe va redécouvrir qui elle est

Avec une très belle plume, l’autrice australienne Shivaun Plozza nous dépeint des personnages très attachants, des protagonistes aux personnages secondaires. J’ai beaucoup apprécié Marlowe, dont les doutes et questions sont légitimes et j’ai eu un coup de cœur pour son petit frère Pip, fan absolu de David Bowie, d’une sensibilité débordante.

Ce que je souhaiterais signaler, c’est que des personnalités aux détails médicaux, des réactions des gens aux situations, tout semble authentique, tellement qu’on se demande si Marlowe et son entourage n’existeraient pas pour de vrai. Cela pourrait être l’histoire d’un voisin ou d’un ami. L’autrice parle de sujets contemporains, sans jugement, qu’on soit vegan ou omnivore, homo ou hétéro-sexuel, chacun y trouvera son compte.

Le deuil est aussi abordé avec beaucoup de sensibilité et de justesse, tout comme le don d’organes.

Je recommande vivement ce roman, et surtout j’invite chacun à se prononcer sur le don d’organes, qu’on soit pour ou contre et à faire part de sa décision à ses proches.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

A la lecture du résumé, je m’attendais à vivre des émotions assez fortes. On allait évidemment parler de deuil (le deuil de la famille du donneur d’organe mais aussi celui de Marlowe, qui doit reprendre un nouveau départ), ce qui peut être fait avec pudeur ou à grand renfort d’astuces pour faire pleurer dans les chaumières.

Ici, c’est la première option qu’a choisie l’autrice pour mon plus grand bonheur. Même si je n’ai pu m’empêcher de verser quelques larmes lorsque Marlowe discute avec M. Castillejo sur la tombe de Luis, j’ai trouvé que tout le travail de reconstruction de Marlowe, de sa famille et de celle de Luis était abordé avec justesse et le bon dosage.

Il y a même beaucoup d’humour dans ce roman, et c’est justement ce qui permet de souffler face à la gravité des sujets traités, notamment grâce à Pip et ses costumes extravagants et à l’incongruité des sentiments naissants entre Marlowe la vegan et Léo l’apprenti boucher.

Pourtant, ces trois personnages ont aussi leurs failles : Marlowe, évidemment, Pip qui vit pour redonner le sourire à sa grande sœur et Léo qui se soumet aux désirs de son père.

La seule pour laquelle j’ai éprouvé beaucoup d’agacement, c’est la mère de Marlowe, qui n’écoute absolument rien des besoins/souhaits de sa fille, jusqu’à commander à sa place au restaurant ! On peut être activiste ou mère sans nécessairement écraser le point de vue des autres.

J’ai aussi levé les yeux au ciel lorsque Marlowe s’est présentée déguisée à l’école car ça faisait trop « téléfilm de l’après-midi » pour moi alors que tout le reste semblait très proche de la réalité.

Malgré tout, j’ai beaucoup aimé ce roman et je suis ravie d’avoir découvert cette autrice dont je n’avais jamais entendu parler, même si son premier roman Frankie, non traduit en France, a reçu beaucoup d’éloges dans les pays anglophones.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Quelle est ton opinion sur le don d’organes ?

Dis-le moi en commentaire.