terre de brumeTerre de brume, tome 1 : Le sanctuaire des dieux de Cindy Van Wilder

Editions : Rageot

288 pages

Paru le 19 septembre 2018

Aperçu : Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d’une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire des Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d’un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s’allient afin d’empêcher leur monde de sombrer dans l’oubli.

 

 

Mon commentaire général : Magie, magie…

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Ce que la Brume prend, elle ne le rend jamais. » (p.105)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Un nouveau roman de Cindy Van Wilder est toujours une fête pour moi, surtout que le premier tome de ce dyptique signe le retour de l’autrice belge dans le style qui l’a fait connaître (même si elle nous a depuis prouvé avec beaucoup de talent qu’elle excellait aussi ailleurs) : la fantasy.

En créant une mythologie qui lui est propre, basée sur une magie des éléments dont elle propose une utilisation originale, Cindy nous fait entrer dans un monde à part, recouvert d’une brume toxique qui isole les derniers bastions humains, sanctuaires dédiés à leurs Dieux/pratiques magiques respectives. Et si ce récit a si bien fonctionné avec moi, c’est qu’outre l’aspect magique, ce monde post-apocalyptique pourrait très bien être une projection de notre propre planète dans quelques années, quand l’homme aura définitivement terminé d’exploiter tout ce qu’il peut…

La plume est toujours très fluide et agréable et j’ai bien aimé le duo d’héroïnes, opposées en apparence, mais tellement complémentaires en vérité. Comme quoi, quand on laisse tomber ses préjugés sur les gens, on peut faire de belles rencontres… D’ailleurs les femmes ont d’ailleurs la part belle dans ce roman : qu’elles soient à des postes à responsabilité ou de simples têtes brûlées, ce sont de beaux rôles féminins, tout en nuances, avec leurs forces et leurs faiblesses.

Comme souvent, l'autrice fait aussi passer des messages importants comme l'entraide, l'acceptation de l'autre, le bénéfice de s'unir dans l'adversité, la compassion ou l'altruisme, toujours bienvenus en littérature jeunesse (et même ailleurs).

Le seul point négatif, puisqu’il faut bien en trouver un, c’est que j’aurais aimé pouvoir davantage m’immerger dans ce monde, surtout que les cultures varient d’un sanctuaire à l’autre et que le format (à peine moins de 300 pages) ne permet pas à la fois de développer l’action (bien présente) et de poser le contexte. Bref, j’en aurais voulu plus…

En tout cas, je serai au rendez-vous du tome 2, prévu pour le premier semestre 2019.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Pour moi qui suis convaincue par l’urgence écologique, je n’ai pas pu m’éviter le parallèle avec notre propre situation. Cette brume toxique pourrait bien ne pas être imaginaire, tout comme le besoin des hommes de se regrouper selon leurs croyances, et encore moins la dépendance alimentaire ou énergétique à un seul lieu géographique, avec toutes les difficultés que cela engendre. En fait si on élimine la magie, ce livre tient peut-être plus de l’anticipation que de la fantasy… L’autrice aurait même pu aller encore plus loin en jouant avec les chronologies et les rappels, comme elle l’a fait avec ces images du passé via les souvenirs de Mégare, qui montrent cruellement à Héra tout ce qu’elle ne connaîtra jamais…

On rentre ici globalement dans le petit reproche que je peux faire à ce roman que j’ai déjà évoqué : l’action a été clairement privilégiée aux dépens du contexte, peut-être pour respecter ce format. J’aime les duologies, plus concises que les trilogies, plus concentrées en émotions, mais là clairement, je reste un peu sur ma faim. On me fait miroiter un monde très original, fait d’une utilisation des éléments assez novatrice, via les Vecteurs ou l’Eclatante, et je n’en ai qu’un bref aperçu, avant que la vague de Brume ne se déchaine et que l’action sans répit se mette en marche. J’aurais voulu en savoir plus sur ces Survivants, sur leurs coutumes, sur eux en fait, tout simplement parce qu’ils m’intriguent et que j’ai envie de mieux les connaître. Parce que je me suis attachée à leur sort.

Je vais finir par le petit clin d’œil aux Ayrell et Ellène que j’ai très bien visualisées dans mon esprit. On se demande bien pourquoi… <blink blink>

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Affronteras-tu la Brume ?

Dis-le moi en commentaire.