Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du troisième et dernier tome de la série Shades of magic. Si tu n’as pas lu les tomes précédents, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur Shades of Magic (tome 1) ou Shades of Shadows (tome 2)

 

shades of lightShades of Magic, tome 3 : Shades of light de V.E.Schwab

Editions : Lumen

761 pages

Paru le 13 Septembre 2018

Aperçu : Kell est un magicien de sang, un sorcier capable de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris. Le deuxième, rouge, déborde de magie. Dans le blanc, elle s'est faite bien trop rare quand, dans le noir, elle a tout dévoré. Et le fléau s'apprête à contaminer chacun des univers jusqu'au dernier – ce n'est plus qu'une question de temps...

Car les ténèbres ont déjà commencé à s'étendre sur le flamboyant Londres rouge. Les habitants en sont réduits à choisir entre céder aux sirènes dévastatrices de la magie et entamer contre elle une lutte désespérée jusqu'à la mort. Si Kell semble immunisé contre le poison qui gangrène son royaume, la fin le guette, lui aussi... à moins que des alliés inattendus ne le rejoignent dans la bataille. À commencer bien sûr par Lila, qui ne raterait pour rien au monde une occasion de partir à l'aventure et faire étalage de sa puissance. Mais, aussi intrépides qu'ils soient, comment de simples magiciens pourraient-ils faire le poids face à l'incarnation même de la magie ?

Mon commentaire général : Anoshe…

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Quoi qu’il arrive, c’est ici que l’histoire se termine. » (p. 673)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voici venu le moment de dire au revoir à l’incroyable univers créé par V.E.Schwab.

Ce dernier tome permet d’ailleurs d’en découvrir encore davantage, de plonger dans la magie pure et dévoiler le potentiel des Antari.

Le récit reprend presque à l’instant où nous l’avions laissé dans le deuxième tome. Osaron a réussi à attirer Kell dans le Londres blanc dans l’optique de lui servir de réceptacle, la magie noire ayant besoin d’un corps pour exprimer toute sa puissance. Mais le magicien se laissera-t-il faire ? Ce serait sans compter sur la volonté de Lila d’aller aux devants du danger, ou sur celle de Rhy de protéger son frère. Et si la magie noire se répandait dans le Londres rouge ?

Avec sa plume toujours très belle et poétique, l’autrice nous offre une nouvelle facette de ses personnages, toujours très humains dans leurs réactions, ce qui les rend profondément attachants. On parle ici de sacrifices, de courage ultime, de renoncement, d’abnégation. Que ferait-on pour sauver son peuple ? Pour sauver l’humanité toute entière ? Voilà ce dont il est question ici, et chacun le fait à sa manière. Pour Lila, c’est se jeter dans l’aventure, quitte à affronter la mort les yeux dans les yeux. Pour Kell, c’est avec prudence, de manière calculée et réfléchie. Pour Holland, qu’on découvre davantage dans ce tome, c’est avec résignation et la conscience d’un homme qui n’a pas été épargné par la vie.

En tout cas, ce troisième tome m’a paru déroutant. Premièrement, il n’a pas fini de surprendre, enchainant rebondissement sur rebondissement. Pourtant, de façon assez contradictoire, il ne se passe pas grand-chose pendant la première moitié, les personnages étant coincé dans une espèce de flou artistique, qui permet de revenir sur leurs relations les uns avec les autres et de les étoffer, mais aussi de préparer la seconde moitié qui envoie du lourd. Le problème, c’est que vu la taille du pavé, la moitié, ça représente près de 400 pages, et ça fait long ! Il m’aura fallu moitié moins de temps pour lire la fin que le début du roman. Pour un troisième tome, c’est assez problématique.

Je regrette aussi que certaines questions qui se posent sur les personnages n’aient pas été résolues. Pour moi, un dernier tome de série doit servir à clôturer toutes les problématiques soulevées par les tomes précédents et je referme malheureusement le livre avec des questions toujours en suspens.

A mon avis, Shades of Light ne vaut donc pas l’excellent Shades of Magic, mais je termine quand même sur une impression nostalgique assez prononcée, triste de devoir dire au revoir à ces personnages que j’ai vraiment appris à aimer.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce que je regrette au final, c’est de ne pas en savoir plus sur Kell et Lila.

Kell a gâché sa chance d’en savoir plus sur ses origines. Certes, ça fait mal d’accepter d’avoir été abandonné, à l’âge de 5 ans et avec sa mémoire effacée pour compléter le tout. Néanmoins, avec sa visite à Maris lui aurait permis de lever le voile sur cette partie de sa vie, lui qui ne s’est jamais vraiment senti intégré comme un Maresh. Je ne crois pas que nombre d’enfants abandonnés tirent un trait sur la possibilité d’en savoir plus sur leurs parents biologiques, ne serait-ce que pour pouvoir se construire en tant que personne.

Il en est de même pour Lila. Il n’était pas compliqué de comprendre que la jeune fille était un Antari. Ses parents sont peut-être même à l’origine de la perte de son œil, pour cacher sa nature, voire de son abandon dans un monde sans magie, là où son don ne devrait pas de développer. Je regrette ainsi que ses origines ne soient jamais évoquées. Lila n’a pas besoin de ça pour s’affirmer, pourtant j’ai l’impression que savoir qu’elle provient d’un autre monde, du rouge peut-être, lui permettrait de s’intégrer davantage dans la patrie qu’elle a choisi, par amour et par goût de l’aventure.

Ce sont pour moi les deux regrets que j’ai en refermant ce roman.

J’ai par contre été enthousiasmée par le Ferase Stras, les différents sorts utilisés pour contrer Osaron, la trahison des Veskiens, la légende de l’Héritier ou le pouvoir combiné des Antari. Tout ceci, et bien plus encore car je suis persuadée que l’imagination sans bornes de Victoria Schwab n’a pas exprimé tout son potentiel concernant ce monde.

Je lirai donc avec grand plaisir les autres œuvres de l’autrice, qui s’affirme toujours plus dans cette réputation de prodige de l’écriture qui lui va comme un gant.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Prêt à affronter la magie sous sa forme la plus puissante?

Dis-le moi en commentaire.