L'âge des assassinsLe royaume blessé, tome 1 : L’âge des assassins de R.J. Barker

Editions : Bragelonne

384 pages

Paru le 17 Janvier 2017

Aperçu : Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Si Girton se consacre d’ordinaire à l’art de tuer, sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret.

Au sein d’un château débordant de pièges et de faux-semblants, Girton se fait alors passer pour un simple écuyer et doit apprendre à reconnaître les alliés potentiels comme les ennemis de l’ombre. À mesure qu’il progresse dans cette toile d’illusions et de mensonges, l’apprenti assassin va se heurter aux ambitions du pouvoir, éprouver sa loyauté et tenter de déjouer une conspiration qui pourrait bien détruire le royaume tout entier…

 

 

 

 

Mon commentaire général : Les apparences sont trompeuses à Maniyadoc...

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Tu n’es plus un assassin, simplement un garçon perdu dans un endroit étrange et dangereux. » (p. 42)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est lors d’une des (excellentes) conférences des Imaginales 2018 que j’ai entendu parler de ce roman. Présenté par R.J. Barker, qui est très drôle et a une tendance très marquée pour la digression, ce roman de fantasy mettant en scène un jeune assassin engagé pour contrer un autre assassin a immédiatement atterri dans mes livres à lire.

En effet, l’histoire racontée ici est celle de Girton, 15 ans, apprenti-assassin de métier malgré son pied-bot. Lors d’une mission qui semblait banale, Girton et sa maîtresse sont pris au piège au royaume de Maniyadoc : ils n’ont pas été engagés pour tuer quelqu’un mais pour arrêter l’assassin qui a tenté de tuer l’héritier du trône et retrouver son commanditaire. Commence alors un jeu de dupes : Girton se fait passer pour un écuyer afin d’espionner discrètement dans le château mais ce qu’il va trouver pourrait bien remettre en question sa vision de la vie, de l’amitié et de lui-même

Après ma lecture, j’avoue avoir bien retrouvé l’auteur dans le récit. En effet, il y a parfois de longues descriptions, des éléments qui reviennent plusieurs fois ou une lenteur dans l’avancement de l’enquête qui ne m’étonnent pas au vu de la personnalité de R.J. Barker. Ceci dit, ce récit présente toutefois des qualités qui en font un bon roman de fantasy médiévale.

La plume, tout d’abord, est riche et agréable (si on occulte les longueurs dont j’ai déjà fait mention). L’univers est aussi bien pensé et on sent qu’il y a matière à développer une série complète : ce premier tome sert tout juste d’introduction, surtout qu’il se concentre sur un seul lieu, et l’histoire du royaume est intrigante, pleine de complots, batailles et basée sur une utilisation de la magie assez originale.

Contrairement à ce que laisse penser le résumé, l’action n’est pas au cœur du récit qui met plutôt à l’honneur la politique et les intrigues de cour. C’est aussi une sorte de récit initiatique pour Girton : apprenti-assassin depuis l’âge de 6 ans, il n’a jamais vécu une vie normale et c’est pour lui l’occasion d’apprendre à vivre comme un garçon de son âge, à aimer aussi.

C’est un livre avec lequel il faut prendre son temps.

A la fin de ce tome, tout n’est pas résolu, bien au contraire, et la suite ne sera pas de trop (je ne dirai pas non à un prequel aussi, pour comprendre comment on en est arrivé à cette situation pour le royaume).

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le résumé de quatrième couverture nous laisse aussi penser que l’enquête a une place prépondérante dans l’histoire. En fait, elle m’a plutôt semblé au second plan. D’ailleurs les révélations arrivent en une seule scène, en rassemblant tout le monde dans la pièce, à la manière de « Columbo ». A part ça, Girton cherche (un peu) mais ne trouve que quelques bribes d’information. J’aurais nettement préféré que l’enquête prenne un peu plus d’importance, que les différents éléments soient distillés dans le récit, de façon à ce que le lecteur puisse aussi prendre part à la recherche de l’origine du complot.

Parce que Girton m’a surtout semblé intéressé par Drusl (ce qui peut paraître normal dans le sens où c’est un garçon de 15 ans qui reçoit pour la première fois des marques d’intérêt d’une demoiselle) et par Rufra (amitié qui se révèlera peut-être d’intéret dans les tomes suivants).

L’autre petite déception vient du fait que Girton montre rarement ses talents d’assassin. Obligé de se fondre dans la masse, et même de feindre une inhabilité au combat, il n’a que rarement l’occasion de nous montrer ce qu’il sait faire. Mais celle qui m’a le plus frustrée, c’est Merela : comme on ne sait pas ce qu’elle fait, elle donne l’impression de ne rien faire et de laisser Girton faire tout le travail à sa place. C’est dommage pour celle dont la réputation suffit à faire trembler sur place…

Au final, ce roman m’a décontenancée parce que je m’attendais à autre chose. Pourtant ce n’est pas un mauvais roman, bien au contraire. Il y a comme base un univers riche que j’aimerais vraiment découvrir, au-delà des murailles de Maniyadoc. J’aimerais ainsi beaucoup qu’on me raconte l’histoire du fameux Sorcier noir…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Mèneras-tu l’enquête au côté d’un assassin ?

Dis-le moi en commentaire.