Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du deuxième tome de la série Nevermore. Si tu n’as pas lu le tome précédent, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur Nevermore (tome 1).

 

enshadowedNevermore, tome 2 : Enshadowed de Kelly Creagh

Editions : Atheneum

429 pages

Paru le 28 août 2012

Aperçu : Le grand amour prend un mauvais tour dans le deuxième tome de cette trilogie, romance gothique qui véhicule la sombre splendeur d’Edgar Allan Poe.

Varen Nethers est piégé dans un monde onirique dangereux – un royaume perfide et saccagé où les terrifiantes histoires d’Edgar Allen Poe prennent vie. Isobel Lanley, tourmentée par des visions étranges et hantée par les créatures issues des cauchemars de Varen, est la seule à pouvoir le sauver.

Isobel sait que son unique espoir est relié à un cimetière de Baltimore. Là, aux premières heures du jour anniversaire d’Edgar Allan Poe, un étranger mystérieux, connu comme le « Poe Toaster » fera son hommage annuel sur la tombe du légendaire poète.

Seul le Poe Toaster détient la clé du chemin entre les mondes. Mais de grands dangers y attendent Isobel. Un mal ancien, drapé dans des voiles blancs, observe, se battant contre elle pour l’affection de Varen. Quand Isobel finit par trouver Varen, il n’est plus le garçon sombre et solitaire qui la captivait il y a peu, mais une force sombre, puissante et malveillante.

Se pourrait-il que le plus grand amour d’Isobel soit aussi son plus grand adversaire ? [traduction personnelle]

Mon commentaire général : des mots, encore des mots…

Ma note : 4/10

La citation qui résume tout : « C’était forcément réel. Au moins aussi réel que tout ce qui lui était arrivé. Aussi réel que des dessins qui prennent vie dans de vieux livres. Aussi réel que des personnes masques qui pouvaient entrer et sortir de la réalité. Aussi réel que le monstre qui était apparu dans son salon. » (Chap. 14 ) [traduction personnelle]

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Après la fin stupéfiante du premier tome Nevermore, j’avais vraiment envie de connaître la suite de cette histoire, surtout que j’avais plutôt apprécié l’ambiance malgré des personnages trop simplistes (Coucou Isobel !)

Enshadowed reprend environ deux mois après les évènements de Nevermore. Varen est toujours piégé dans le royaume des rêves et Isobel cherche un moyen de l’en faire sortir. Pour cela, elle n’envisage qu’une possibilité : surprendre le « Poe Toaster », qu’elle soupçonne fortement de ne faire qu’un avec Reynolds, à Baltimore lors de sa célébration de l’anniversaire d’Edgar Allan Poe. Toujours privée de sortie et surveillée de près par ses parents, Isobel va devoir trouver une ruse pour se faire amener à Baltimore, même si pour ça, elle doit de nouveau mentir. La libération de Varen devient d’autant plus pressante que les visions cauchemardesques continuent, que les Nocs la poursuivent toujours dans la réalité et qu’elle découvre, avec l’aide précieuse de Gwen, la véritable nature de Lilith…

Le gros problème de ce roman, c’est qu’il faudra à Isobel les deux tiers du roman pour se rendre à Baltimore. Avant cela, ce n’est que désolation, rêves incongrus, chouinage et dépression. Isobel est vraiment triste que Varen ne soit pas là. Vraiment beaucoup. Mais cela ne devrait pas pour autant l’empêcher de faire quelque chose pour remédier à la situation, au contraire.

J’ai trouvé Isobel extrêmement passive dans ce tome, à peu près aussi concernée que par le projet d’anglais dans le précédent, et elle laisse les autres travailler pour elle. Moi qui n’avais déjà pas beaucoup d’affection pour elle, j’ai été servie.

On l’aura compris : je me suis complètement ennuyée pendant cette lecture. Heureusement que la plume est maîtrisée car sinon, je ne crois pas que j’aurais continué malgré mon envie de savoir. La mythologie a été un peu étoffée, le contexte approfondi, ce qui donne un bon point pour l’ambiance, glauque à souhait, surtout dans les derniers chapitres.

Notons aussi que la fin donne évidemment envie de lire le tome 3 dans lequel l’action (la vraie, celle qu’on attend depuis la dernière ligne de Nevermore) devrait avoir lieu. Enfin j’espère…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Clairement, c’est un tome de transition : il faudra trois cent pages à Isobel pour arriver à Baltimore alors que c’est l’évènement majeur du résumé, tout autant que la nature changeante de Varen dont nous n’avons vraiment conscience que dans les dernières pages…

Toutes les pages avant ne servent qu’à nous rappeler qu’Isobel est triste, qu’elle ne mange pas, qu’elle rêve de Varen et qu’elle a des difficultés avec ses parents. Heureusement que Gwen est là pour apporter un peu de bonne humeur et de bon sens dans tout cela. Je n’attends évidemment pas une ambiance de fête dans une romance gothique, bien au contraire. Mais on peut être triste et essayer de s’en sortir.

Typiquement, Isobel ne fait qu’attendre son voyage à Baltimore, voyage qui n’est pas du tout certain au départ. Pourtant qu’a-t-elle fait en attendant d’avoir confirmation ? Rien. Ni relire les œuvres de Poe dans lesquelles elle pourrait éventuellement trouver des indices puisque l’écrivain a de toute évidence arpenté le royaume des rêves. Ni faire des recherches sur la fameuse Lilith, ou Ligeia (on en revient à Poe…), attendant que Gwen lui mette un livre sous les yeux. Au final, Isobel reste complètement passive, ne faisant que se plaindre au lieu d’utiliser son énergie à trouver une solution. J’ai trouvé cette attitude extrêmement pénible à lire car cela ne fait pas avancer les choses… On dirait vraiment que l’autrice fait trainer, pour arriver au twist de fin (Varen est méchant et essaie de tuer Isobel) et enchaîner sur le troisième tome. On en croirait presque que ce n’est que du remplissage pour faire une trilogie.

Et c’est dommage car l’idée de départ est excellente et si l’aspect mélancolique/morbide était plus développé, conjointement avec les émotions, on pourrait avoir une excellente série, quitte à n’en faire qu’une duologie pour se concentrer sur l’essentiel.

Parfois, il n’y a pas besoin de cumuler les pages pour avoir une bonne saga. Il suffit de jouer sur les bons tableaux.

J’espère sincèrement que Oblivion, le dernier tome, saura faire remonter la série dans mon estime.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Suivras-tu Isobel dans sa quête ?

Dis-le moi en commentaire.