nevermoreNevermore de Kelly Creagh

Editions : Atheneum books (pas de VF disponible)

543 pages

Paru le 31 août 2010

Aperçu : La pom-pom girl Isobel Lanley est horrifiée quand elle est forcée de travailler en binôme avec Varen Nethers pour un projet d’anglais qui est dû – tellement injuste – le jour du match de football contre l’école rivale. Froid et bizarre, moqueur et médisant, Varen lui fait bien comprendre qu’il préfèrerait lui aussi ne rien à voir à faire avec elle non plus. Mais quand Isobel découvre des écritures étranges dans son journal intime, elle ne peut pas s’empêcher de s’intéresser de plus près à ce garçon énigmatique au regard perçant.

Rapidement, Isobel se trouve des excuses pour passer du temps avec Varen. Progressivement mise à l’écart par ses amis et son petit ami possessif, Isobel s’aventure de plus en plus dans les rêveries que Varen a créé dans les pages de son cahier, un royaume où les terrifiantes histoires d’Edgar Allan Poe prennent vie.

Alors que son monde s’écroule autour d’elle, Isobel découvre que les rêves, comme les mots, détiennent plus de pouvoir qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer, et que les vérités les plus effrayantes sont celles de l’esprit. Maintenant, elle doit trouver un moyen d’atteindre Varen avant qu’il ne soit consumé par les ombres de ses propres cauchemars.

Sa vie en dépend. [traduction personnelle]

Mon commentaire général : Plus jamais (Nevermore)? Si, si, encore !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Quand il n’y a pas de chemin, tu dois le fabriquer. » (p. 479) [traduction personnelle]

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voilà un roman qui me faisait envie depuis un bon moment maintenant (il est quand même sorti il y a huit ans…) et dont j’avais entendu beaucoup de bien.

L’histoire de Nevermore m’a fait penser à plusieurs romans que j’avais déjà lus et adorés (Enfernité, Irrésistible alchimie et Falling Under, notamment) mais sans en rassembler pour autant toutes les qualités.

Le roman se concentre sur Isobel, en classe de première, pom-pom girl talentueuse et populaire. Lorsque son prof d’anglais l’apparie avec Varen pour un projet de littérature, c’est le choc : Varen, solitaire et toujours habillé de noir, est à l’opposé d’elle. De plus, elle sait que son petit ami très jaloux ne supportera pas la nouvelle… Pourtant, Isobel n’a pas le choix car elle a besoin d’une bonne note et doit donc travailler avec Varen. Si en découvrant la passion du jeune homme pour Edgar Allen Poe, les opinions d’Isobel changent petit à petit, la pom-pom girl est bientôt obligée de faire un choix entre son partenaire d’anglais et ses amis. Mais quand des choses étranges arrivent dans ses rêves et qu’elle comprend que les histoires n’en sont plus vraiment, le danger qui tourne autour de Varen est déjà prêt à les engloutir tous les deux

Le niveau d’anglais à avoir pour s’attaquer à cette lecture est assez élevé je dirais, notamment en ce qui concerne les passages purement littéraires et les incursions dans le monde onirique où tout est un peu flou ou vaporeux, les descriptions parfois étranges…

J’ai beaucoup aimé la plume de Kelly Creagh et l’utilisation des œuvres d’Edgar Allan Poe (et de son histoire personnelle), j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à Isobel, qui est parfois extrêmement superficielle, naïve ou même carrément à côté de la plaque. La plupart des mésaventures de ce roman n’arriverait pas si elle se contentait par exemple de dire la vérité

J’ai par contre vraiment apprécié la sensibilité de Varen et la mise en œuvre du monde onirique, qui n’est pas un univers de rêves gentils et douillets mais bien un vrai ramassis d’horreurs, à l’ambiance très burtoniène. Je n’ai pas tout compris mais cela n’est pas dérangeant : c’est un monde à part, un cauchemar dans lequel les règles n’ont pas vraiment de sens.

La romance est évidemment très présente, mais les sentiments se développent peu à peu, sans étouffer le lecteur. J’aurais quand même apprécié plus d’émotions et je pense que c’est justement ce qui m’a manqué par rapport aux romans que j’ai cités précédemment, qui en étaient eux remplis. La comparaison n’est donc pas favorable à Nevermore de ce point de vue-là.

Je lirai évidemment la suite car la fin est assez cruelle (mais en même temps, quand on se base sur Edgar Allan Poe, on ne s’attend pas à des contes de fées) et j’ai vraiment envie de savoir ce qu’il va arriver aux personnages que l’on a laissé en bien mauvaise posture

Allez, j’y vais, j’ai un royaume de cauchemars à explorer !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Après avoir refermé ce livre, j’ai réfléchi à ce qui fait que je me suis parfois ennuyée dans ma lecture. Les œuvres d’Edgar Alla Poe sont pertinentes (même si plus difficiles à lire en anglais pour le coup), exploiter ce monde horrifique qu’il a imaginé est une bonne idée, détourner des faits réels en est une autre (le mystère autour de sa mort ou le visiteur sur sa tombe qui sont parfaitement véridiques). Alors pourquoi la mayonnaise n’a-t-elle pas complètement prise avec moi ?

J’ai quand même identifié trois aspects qui m’ont déplu :

- si j’ai apprécié la sensibilité de Varen, son intelligence et son histoire personnelle (dont on ne sait pas grand-chose au final), j’aurais préféré qu’il se défende un peu plus. Je l’ai trouvé assez passif dans ses altercations avec Brad et j’aurais aimé qu’il fasse preuve d’une plus grande force de caractère.

- les entrées et sorties dans le royaume de Lilith ne sont pas vraiment claires pour moi. Au départ accessible uniquement en rêve, le monde onirique devient tangible (pourquoi ?) et on peut y aller corporellement (comment ?). Je me doute qu’il n’y a pas besoin d’expliquer chaque élément d’un rêve, ça peut être brumeux et indescriptible, mais ici, le royaume déborde sur la réalité sans qu’on comprenne vraiment comment…

- et le plus ennuyant de tous, c’est quand même Isobel. Pourquoi ment-elle autant ? La plupart de ses problèmes n’arriveraient tout simplement pas si elle se contentait de dire la vérité ! C’est ainsi à cause de sa dissimulation du projet, du fait qu’elle voit Varen en cachette qu’elle attire l’attention de Brad sur le goth. Il lui aurait suffit d’en parler nonchalamment, en se plaignant d’être appariée avec lui, pour que Brad se calme, ce qui n’aurait pas empêché les sentiments de se développer, et les scènes de jalousie de Brad d’avoir lieu quand même (j’ai particulièrement apprécié la mise à sac du glacier et la prise de position d’Isobel, qui aurait eu encore plus d’impact si elle était arrivée un peu plus tard dans le récit). Et tous les exemples que je pourrais trouver sont comme celui-là, ce qui est très agaçant ! On pourrait se dire qu’il n’y aurait alors plus de livre, ce sur quoi je ne suis pas d’accord. Sur 543 pages, on aurait pu en enlever quelques-unes concernant les états d’âmes de la jeune fille (et ses disputes avec ses parents ou ses amis), pour se concentrer sur les émotions et jouer sur l’ambiance fantastique.

C’est d’autant plus remarquable quand on compare aux romans que Nevermore m’a rappelée : Enfernité et Falling under bénéficient d’une mélancolie particulière et de mondes alternatifs très bien développés. Irresistible alchimie qui commence aussi avec un binôme improbable entre la cheerleader et le bad boy du coin est bourré d’émotions. Voilà les éléments qui manquent à Nevermore pour en faire un grand roman.

Pourtant, comme je l’ai dit, je lirai la suite, car avec Varen prisonnier du royaume des cauchemars, Isobel va devoir trouver un moyen de le délivrer de l’influence de Lilith. En retrouvant Reynolds ? J’ai hâte d’assister à ces retrouvailles étant donné que ce sont les mensonges de l’Âme Perdue qui ont conduit à cette situation. J’espère aussi qu’Isobel trouvera la force en elle d’assumer ses décisions.

Enshadowed, j’arrive !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Entreras-tu dans les cauchemars de Varen ?

Dis-le moi en commentaire.