too lateToo late de Colleen Hoover

Editions : Hugo Roman Collection New Romance

473 pages

Paru le 3 Mai 2018

Aperçu : Sloan n'a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C'est justement pour échapper à une situation sans issue qu'elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique. De plus, c'est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n'a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu'il lui fait subir jusqu'à ce qu'elle puisse lui échapper. Seule.

Personne ne peut l'aider à sortir de cette situation.

Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu'elle vient de rencontrer.

Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d'elle et il fait tout pour la persuader qu'elle ne peut pas se passer de lui.

Personne ne s'interposera entre Sloan et lui.

Sauf peut-être Carter.

Mon commentaire général : New romance ou dark romance ?

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Ce garçon représente tout ce que je cherche, tout ce dont je n’ai pas besoin, en même temps, et ça fait physiquement mal. » (p. 59)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Ce roman de Colleen Hoover a fait couler beaucoup d’encre et a généré beaucoup de commentaires, tout simplement parce qu’il n’a rien à voir avec les publications habituelles de l’autrice, même si elle n’a pas l’habitude d’épargner ses personnages pour autant. Il faut dire qu’ici la frontière entre la New romance et la Dark romance est très mince, presqu’inexistante tant la violence à la fois physique et psychologique est présente.

En effet, Too Late met en scène un trio de protagonistes qui se font tour à tour du mal. Il y a d’un côté Asa, baron de la drogue, qui pense que toutes les femmes sont des traînées (et les traite comme telles), sauf Sloan, sa petite amie, qu’il trompe et brutalise quand même. La jeune femme est prise dans l’engrenage de cette relation toxique, qu’elle supporte parce qu’Asa paie les frais d’hospitalisation de son frère lourdement handicapé. Sauf qu’elle rencontre Carter, nouvel étudiant de son cours d’Espagnol, à l’opposé d’Asa même s’il travaille pour lui, qui redonne l’espoir à la jeune femme que tout n’est peut-être pas perdu pour elle

Si ce roman est très différent de ces autres romans, on reconnait quand même la « patte » de Colleen Hoover, ce petit truc en plus qui fait qu’on ne peut pas s’arrêter de lire, même quand c’est dur, violent ou cruel. En fait, c’est comme regarder un accident de train au ralenti : on sait que ça va être horrible et sanglant mais on ne peut pas en détacher les yeux.

Il faut aussi savoir que le récit a une construction très particulière. L’histoire, alternant les chapitres courts présentant les points de vue de Sloan, Asa et Carter, s’arrête en fait à la page 315. Les 150 pages suivantes étant respectivement un épilogue, un prologue et un épilogue à l’épilogue. En fait, comme expliqué par l’autrice en préface, ce roman (qu’elle n’avait pas forcément l’intention de publier mais qui a été réclamé par les fans) a d’abord été publié sur Wattpad et c’est exactement dans l’ordre des posts que le récit a été assemblé. Ça peut paraître étrange et en plus, si le prologue permet de clarifier certains éléments, le reste n’est qu’un enchainement de péripéties supplémentaires, de la violence par-dessus la violence, qui n’était peut-être pas vraiment nécessaire

Too late n’est pas un roman à mettre dans toutes les mains, effectivement il faut avoir le cœur bien accroché, ou alors pour provoquer un électrochoc chez une personne qui subit ce genre de relation toxique, mais sachant que j’avais lu plusieurs critiques qui soulignaient la violence de ce livre avant de le commencer, j’étais prête et je vais même dire que je m’attendais à pire.

Même si je ne le relirai pas, je suis quand même contente de l’avoir lu, ne serait-ce que pour m’en être fait ma propre idée.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Là où Jamais Plus mettait en scène des violences tout aussi insoutenables, contrebalancées par des émotions très fortes, Too Late m’a fait l’effet d’une spirale infernale, faite d’une alternance de sexe, violences physiques ou verbales et de désespoir, sans émotions pour adoucir le tout. Je n’ai d’ailleurs réussi à m’attacher à aucun des personnages.

J’ai éprouvé de la pitié pour Sloan et jamais je ne lui ai reproché de ne rien faire pour s’en sortir. C’est une jeune femme acculée, qui n’a rien eu de bon dans la vie, et qui ne sait pas s’en sortir seule. Pourtant elle est psychologiquement très forte pour endurer tout ça, mais pétrifiée devant la violence innée d’Asa. J’ai trouvé que cela se ressentait bien dans le prologue qui explique le premier viol de Sloan par Asa (parce que, désolée, mais c’est un viol, comme toutes les autres fois où Asa pense « faire l’amour » avec sa copine), à comparer avec ce qu’il explique à Carter/Luke. Pourtant malgré tout cela, il m’a manqué quelque chose pour être touchée par cette jeune femme, qui considère un peu Carter comme un prince charmant venu la sauver sur son blanc destrier…

Carter ou Luke, de son côté, pourrait faire figure de nouveau book boyfriend : il est sexy, compatissant, prêt à se mettre en danger pour sauver sa belle… Pourtant, là aussi, il m’a manqué quelque chose pour tomber amoureuse de lui en même temps que Sloan. Je ne saurais pas expliquer quoi.

Enfin, Asa, c’est juste impossible de l’aimer. Avoir une enfance difficile n’explique pas tout. Ça n’excuse pas de traiter les femmes comme des objets dont on peut se servir à sa guise, ni de fixer à la glu une bague sur le doigt de sa petite amie. J’ai tout de même apprécié les passages de son point de vue, qui permettent d’entrer dans la tête d’un véritable psychopathe, et je dois bien avouer que Colleen Hoover a réussi son « super-méchant ».

Too Late est donc un roman à part, une exploration de la part de cette autrice que j’aime de tout mon cœur, et je comprends qu’elle ne voulait pas le publier. Néanmoins, il faut quand même pointer du doigt ces relations toxiques qui existent malheureusement, ces comportements misogynes et ces violences inacceptables que certaines doivent certainement subir. Même si ce roman est évidemment exagéré (c’est là que je pense à l’épilogue à l’épilogue – entre la grossesse, l’évasion d’Asa et son introduction dans le logement hyper sécurisé de Sloan), si ça peut aider quelqu’un quelque part, il aura au moins servi à ça.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Auras-tu le courage de vivre le quotidien de Sloan ?

Dis-le moi en commentaire.