eliza et ses monstresEliza et ses monstres de Francesca Zappia

Editions : Robert Laffont Collection R

398 pages

Paru le 18 Janvier 2018

Aperçu : Dans la vie de tous les jours, Eliza Mirk est une fille timide, intelligente, un peu étrange et... qui n'a pas d'amis.

Dans sa vie en ligne, Eliza est LadyConstellation, créatrice anonyme de La Mer infernale, un webcomic extrêmement populaire.

Avec des millions de followers et de fans à travers le monde, son alter ego est une véritable star.

Mais Eliza ne peut s'imaginer aimer le monde réel plus qu'elle n'aime sa communauté numérique.

Puis, un jour, Wallace Warland arrive dans son lycée et Eliza va vite se demander si la vie ne mérite pas d'être vécue hors ligne...

 

 

Mon commentaire général : L’envers du décor…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Je suis LadyConstellation. Je suis aussi Eliza Mirk. C’est le paradoxe insoluble. » (p.12)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est avec Eliza et ses monstres que je découvre la plume de Francesca Zappia dont on a déjà beaucoup parlé avec Je t’ai rêvé (et que je souhaite toujours lire), une plume toute en douceur, pleine d’intentions.

J’ai en effet passé un moment de lecture agréable en compagnie d’Eliza et ses fameux monstres qui peuvent faire référence à plusieurs aspects de sa vie. Ils peuvent être les monstres qui peuplent La Mer infernale, la bande dessinée qu’elle publie en ligne et qui la rendue célèbre, tout au moins qui a rendu LadyConstellation, son pseudo, célèbre car personne, à part ses plus proches amis qu’elle ne connait qu’en ligne et sa famille, ne sait qu’elle est l’autrice de cette BD lue par des millions de personnes à travers le monde.

Les monstres peuvent aussi être une métaphore de ses troubles sociaux. Eliza n’a pas d’amis en chair et en os, elle ne parle à personne au lycée, déjeune seule en compagnie de son carnet à croquis. Enfin, ça, c’était avant l’arrivée de Wallace, un nouvel élève qui est lui aussi fan de La Mer infernale et qui ne parle à personne lui non plus. Arriveront-ils à résoudre ensemble leurs soucis ? Eliza pourra-t-elle lui avouer que c’est elle l’autrice de cette BD sur laquelle il écrit des fanfictions ?

Outre les réflexions sur le processus créatif, le roman parle aussi d’acceptation de soi, de la difficulté des interactions sociales quand on est adolescent, mais aussi de deuil et de reconstruction.

L’originalité du roman tient aussi au fait que de nombreuses planches de La Mer infernale jalonnent les pages, dessinées par Francesca Zappia elle-même, qui prouve ainsi qu’elle est une artiste accomplie. Cela m’a irrémédiablement fait penser au roman Fangirl, et comme pour celui-là, je suis complètement passé à côté de l’aspect fanbase et de l’univers supplémentaire proposé par La Mer infernale, qui a l’air très complexe et qu’on ne découvre que par petits morceaux… et que j’ai fini par survoler.

J’ai nettement préféré découvrir l’envers de la création artistique, les réflexions sur la célébrité, le fait d’écrire pour soi, mais aussi l’évolution d’Eliza.

Je lirai d’autres romans de Francesca Zappia mais je pense réellement que les romans construits comme celui-ci avec une histoire dans l’histoire ne sont pas pour moi qui aime tout comprendre.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

L’univers de La Mer infernale est ultra-complexe entre les différents personnages, leurs pouvoirs, les caractéristiques de la planète Orcus, les constellations, les enjeux… et pour être tout à fait franche, je n’y ai pas compris grand-chose. C’est un univers qui mériterait d’être développé dans son propre roman, et c’est peut-être ce que Francesca Zappia a en tête (tout comme Rainbow Rowell a fini par publier Carry On), mais je ne pense pas que quelques planches par-ci par-là suffisent pour en saisir toute l’ampleur.

Et comme j’y comprenais très peu, j’ai fini par lire en diagonale les retranscriptions de ce que j’imagine être la novélisation de Wallace, pour me concentrer sur ce qu’il arrivait à Eliza et Wallace dans la vraie vie.

Car il y en a des choses à dire concernant ces deux personnages.

L’un comme l’autre se sont coupés du monde, Eliza pour se renfermer dans son monde imaginaire (ce qui revient à refuser d’affronter les autres), Wallace parce qu’il a été traumatisé par le suicide de son père. Et finalement, en s’acceptant l’un l’autre, ils finissent tous les deux par s’ouvrir aux autres.

J’ai aussi apprécié que la romance n’aille pas trop vite, qu’ils s’apprivoisent peu à peu, grâce à leur intérêt commun pour La Mer infernale (même si j’ai trouvé que le hasard faisait un peu trop bien les choses : Eliza vit dans une petite ville de l’Indiana et il se trouve que son plus gros fan habite au même endroit alors que la BD est lue dans le monde entier ?)

Par contre, là où j’ai trouvé Eliza touchante, j’ai moins aimé Wallace, surtout quand il se permet de lui faire du chantage au contrat d’édition.

Au final, Eliza et ses monstres est donc pour moi un bon roman, mais je retiendrais davantage la vie d’Eliza que celle de LadyConstellation.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Deviendras-tu fan de La Mer infernale ?

Dis-le moi en commentaire.