rouille

Rouille de Floriane Soulas

Editions : Scrinéo

384 pages

Paru le 16 Mai 2018

Aperçu : Paris, 1897. Les plus grandes puissances européennes se sont lancées à l’assaut de la Lune et de nouveaux matériaux découverts sur le satellite envahissent peu à peu la Terre. Ces grandes avancées scientifiques révolutionnent l’industrie et la médecine, mais pas pour tout le monde. Et dans les faubourgs, loin de l’hyper-centre protégé par le dôme sous lequel vivent les puissants, le petit peuple de Paris survit tant bien que mal. Violante est une prostituée sans mémoire, ignorant jusqu’à son âge réel. Dans un monde où son désir de vérité passe après celui de ses clients et de ses patrons, la jeune fille tente de retrouver la trace de ses origines perdues. Alors qu’une vague de meurtres particulièrement horribles ensanglante la capitale, Satine, son amie et seul soutien, disparait dans d’étranges circonstances. Violante, elle, se voit offrir une porte de sortie à ce demi-monde violent qui la retient prisonnière, mais décide malgré tout de prendre part aux investigations.

Mon commentaire général : Premier essai transformé !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Vous allez bousculer tous les codes et toutes les petites règles rigides de cette société bien-pensante, ma chère Duchesse. » (p. 131)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’adore le steampunk et j’en lis d’ailleurs de plus en plus, séduite par cet univers vaporeux et souvent très bien imaginé.

Quand j’ai entendu parler de Rouille, que les premières critiques encensaient déjà, je n’ai pu m’empêcher de me jeter dessus et j’en suis bien contente : ce roman, qui se lit vraiment très bien, n’a pas fait long feu dans mes mains et j’y suis devenue aussi accro qu’une junkie.

Non seulement la plume de Floriane Soulas est très agréable mais l’univers steampunk est aussi bien intégré au récit, apportant un vrai plus à l’histoire. Comme une touche futuriste dans le passé, une façon de réécrire la Belle Epoque et de nous faire découvrir un nouveau Paris, entouré d’une bulle mécanique…

Tout cela fonctionnerait déjà avec moi et si en plus, le récit est passionnant et les personnages attachants, et c’est le cas, on peut être sûr de m’accrocher de façon certaine à un roman.

Pourtant, je ne recommanderai pas ce roman aux âmes très sensibles. D’une part, c’est violent et sanguinolent (on y parle de meurtres assez horribles et l’autrice n’hésite pas à bien détailler chaque trouvaille de cadavre…) mais aussi très cruel : Violante, la protagoniste, est une prostituée, vivant dans un bordel, et même si elle est mieux lotie que d’autres, son existence est très dure. Si ces détails ne m’ont absolument pas dérangée car j’aime quand un auteur malmène ses personnages (ce qui génère à mon sens plus d’émotions), je pourrai comprendre que cela pose problème à d’autres personnes et notamment à des adolescents.

En tout cas, j’ai vraiment été emballée par Rouille, même si je regrette un peu la fin très ouverte qui laisse beaucoup trop la place à l’imagination. Mon petit cœur meurtri aurait bien aimé un peu de réconfort…

Bravo à Floriane Soulas pour cette belle entrée en matière qui la place directement dans la short-list des auteurs français à suivre de près !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

A mes yeux, le gros plus de Rouille, ce sont ses personnages, Violante, Léon et Jules en tête.

Violante est une jeune fille attachante, de par son fort caractère mais aussi la dureté de ses conditions de vie et son intelligence. Sa mémoire défaillante est de plus un élément qui accroche le lecteur : on veut nous aussi savoir ce qui lui est arrivé et d’où elle vient. Si l’utilisation de l’amnésie n’est évidemment pas une nouveauté dans la littérature, je l’ai trouvée ici plutôt bien exploitée. C’est justement le passé dont Violante ne se souvient plus qui est à l’origine des malheurs qui s’abattent sur Paris sous la forme de la rouille et des cadavres mutilés abandonnés dans les rues. C’est d’autant plus pervers que son oncle l’a reconnue et que leur relation incestueuse est complètement voulue de la part du comte. J’en ai frissonné de dégoût mais cela s’inscrit bien dans l’univers très sombre dessiné par l’autrice.

J’ai aussi beaucoup apprécié Léon et Jules, même si le maquereau au grand cœur fait un peu figure de cliché. S’il ramasse les jeunes filles dans les rues et les enferme dans un bordel, c’est pour leur sauver la vie… On y croit moyennement. Mais j’ai quand même aimé son attachement presque paternaliste à ses filles, qu’il ne considère finalement pas que comme de la chair fraiche.

Pour Jules, c’est sa loyauté envers Léon qui s’exprime. Lui aussi sauvé de la misère des rues, il témoigne d’une fidélité sans faille à l’homme qui lui a offert une nouvelle chance. J’aurais pourtant aimé que la relation Violante/Jules soit davantage développée. Leurs brefs moments ensemble sont plein d’émotions, parce qu’ils représentent une lueur d’espoir dans ce monde très sombre, et si j’ai apprécié que la romance ne prenne jamais le pas sur l’intrigue, j’aurais quand même voulu qu’elle s’exprime plus.

C’est mon seul regret concernant ce roman et c’est pour ça que je n’ai pas eu de coup de cœur : au milieu de toute cette violence, j’aurais vraiment apprécié un peu de romance pour me mettre un peu de baume au cœur.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Succomberas-tu à l’addiction de la rouille ?

Dis-le moi en commentaire.