la fille d'encre et d'étoilesLa fille d’encre et d’étoiles de Kiran Millwood Hargrave

Editions : Michel Lafon

268 pages

Paru le 28 Juin 2018

Aperçu : " Chacun de nous porte sur sa peau la carte de sa vie, dans sa façon de se mouvoir et même dans sa façon de grandir "

Alors qu'il est interdit de quitter l'île de Joya, Isabella rêve des contrées lointaines que son père a un jour visitées et cartographiées. Quand sa meilleure amie disparaît, Isabella est résolue à faire partie de l'équipe de recherches. Guidée par une carte ancienne, appartenant à sa famille depuis des générations, et par sa connaissance des étoiles, Isabella prend part à l'expédition et navigue dans les dangereux Territoires Oubliés. Mais sous leurs pas, un mythe féroce s'agite dans son sommeil...

 

 

 

Mon commentaire général : Un long voyage…

Ma note : 4/10

La citation qui résume tout : «Un mythe, c’est un évènement qui s’est produit il y a si longtemps que certains préfèrent croire qu’il n’a pas existé, même s’ils se trompent. » (p. 213)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Avant toute chose, il faut saluer la couverture absolument magnifique de ce livre : douce et brillante, avec cette illustration sublime, elle donne vraiment envie de s’intéresser au roman. Les pages intérieures sont également toutes illustrées, des cartes nous sont proposées dans les rebats, ce qui fait de l’objet-livre une pure merveille.

Il y a ensuite cette recommandation de Melinda Salisbury, autrice de The Sin Eater’s daughter (L’Héritière en VF), une de mes séries coups de cœur qui nous assure que La fille d’encre et d’étoiles se lit comme un conte et se place même en « futur classique ».

Avec tout ça, je ne pouvais donc que craquer pour ce roman… qui n’a malheureusement pas été à la hauteur de toutes les attentes que je lui portais. J’en attendais peut-être trop a posteriori.

Il y a tout d’abord cette plume très simple, sans fioritures, ni grandes descriptions, ce qui ne correspond pas vraiment à l’idée que je me fais du conte. Pour moi, un conte, c’est comme un voyage, on doit voir apparaitre les scènes devant nos yeux. Ici, j’avoue que la brièveté des phrases n’a pas contribué à me plonger dans l’univers imaginé par Kiran Millwood Hargrave, dont on pressent qu’il est travaillé, mais qui ne nous est malheureusement pas expliqué.

Il a aussi été difficile pour moi de m’attacher aux personnages car leurs émotions n’étant que peu décrites, j’ai eu du mal à éprouver de l’empathie pour eux et donc à me soucier de leur sort. Il faut quand même saluer que c’est ici l’amitié qui est mise à l’honneur et non la romance comme dans la majorité de la littérature jeunesse.

J’ai de plus trouvé que l’action mettait du temps à se mettre en place et quand on est enfin dans l’expédition que nous promet le résumé, le tout se déroule très vite, sans qu’on ait vraiment la possibilité de bien comprendre ce qui se passe, donnant le sentiment de survoler toute cette histoire. A peine le temps de comprendre où l’autrice veut nous emmener que le roman est déjà fini.

C’est vraiment dommage car l’idée de départ était bonne mais après avoir refermé ce livre, je me dis que je ne dois pas être le cœur de cible de ce roman (l’héroïne a 13 ans). A réserver donc aux adolescents ayant envie d’aventures et prêts à rencontrer des mythes anciens…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le problème avec les romans qui ont une belle couverture, qui nous annoncent sur un bandeau les prix qu’il a remportés, qui ont un résumé alléchant et des recommandations sérieuses, c’est qu’on a des attentes très élevées au moment de tourner la première page. On veut nous aussi ressentir l’excitation qu’il a provoqué dans les autres pays et comprendre le phénomène.

Or La fille d’encre et d’étoiles me fait plutôt l’impression d’un pétard mouillé : j’espérais un feu d’artifice et je n’ai vu qu’une petite fumée grisâtre.

Tout d’abord, au contraire de plusieurs avis que j’ai lus sur les réseaux, je n’ai pas vraiment aimé la première partie. Cela tient du fait qu’Isabella ne pas conquise (trop transparente), que Lupe non plus (trop superficielle), que les règles et lois de Joya ne sont pas expliquées (pourquoi les habitants ne peuvent-ils quitter l’île ? Pourquoi les a-t-on confinés à Gromera ?). Le meurtre de Cata ne m’a provoqué aucune émotion (on ne sait pas qui c’est), ni l’arrestation du père d’Isabella (on ne sait pas pourquoi). Trop d’inconnues ont fait que je ne pouvais pas accrocher à cette histoire en ayant autant de pourquoi à l’esprit.

Puis est venue la seconde partie et avec l’expédition, mon intérêt a repris de la vigueur : j’avais vraiment hâte de partir moi aussi à la découverte de l’île. Si j’ai adoré en savoir un peu plus sur l’art de la cartographie, je n’ai pas réussi à me représenter les paysages de Joya, la faute aux descriptions trop succinctes. Et puis à partir du moment où les membres de l’expédition sont faits prisonniers, il y a plein de nouveaux personnages, dont on ne sait rien non plus, l’action s’emballe… et je n’ai rien suivi. Je ne parle même pas de ce qui se passe dans la caverne avec Yote, tellement ça m’a paru confus.

C’est vraiment dommage car il y avait tous les éléments pour faire un très bon livre : il aurait fallu 150 pages de plus pour poser l’univers, rendre vivants les mythes, représenter Joya sous nos yeux grâce à la cartographie, nous en dire plus sur les personnages et leurs vies.

Il aurait fallu aller plus en profondeur pour en faire un roman à la hauteur de ses exigences.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Te laisseras-tu tenter par l’expédition au cœur de Joya ?

Dis-le moi en commentaire.