Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du cinquième et dernier tome de la série Meg Corbyn. Si tu n’as pas lu les tomes précédents, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur Lettres écarlates (tome 1), Volée noire (tome 2), Gris présages (tome 3) ou Empreintes fauves (tome 4).

 

cartes ivoireMeg Corbyn, tome 5 : Cartes ivoire de Anne Bishop

Editions : Milady

473 pages

Paru le 21 Mars 2018

Aperçu : L'insurrection humaine a été brutalement réprimé par les Aînés, ces terra indigene plus sauvages et dangereux encore que leurs congénères des Enclos. Les humains qui ont survécu savent à présent qu'il faut craindre ce qui rôde dans les territoires interdits au-delà de leurs frontières. Heureusement, l'Enclos de Lakeside n'a subi que peu de dégâts grâce aux efforts de Simon, Meg et de la meute humaine. Mais l'arrivée du frère du lieutenant Montgomery, un vaurien prêt à tout pour s'enrichir aux dépens des autres, menace tout ce qu'ils ont accompli. Car si les Aînés, curieux face à ce nouveau type de prédateur, sont prêts à attendre qu'il commette de lui-même une erreur fatale, Meg a vu dans ses cartes l'ombre de la mort qui plane...

 

 

 

Mon commentaire général : C’est fini…

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Le contact, le lien social, l’amitié se révélaient à double tranchant, exposant autant les vulnérabilités des Autres que la bassesse des humains. » (p. 462)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est avec une certaine nostalgie que j’ai tourné les pages de Cartes ivoire, dernier tome de la saga Meg Corbyn que j’aime de tout mon cœur. Cette série a pour moi révolutionné le genre de la bit-lit, mettant en scène des Autres, vampires, métamorphes, élémentaires et plus encore, étonnamment justes, dans le sens où leurs animalité/caractéristiques sont réellement mises en avant. Ici les vampires ou les garous ne sont pas simplement des humains avec des canines, des poils et un régime alimentaire particulier. Bien au contraire. Ils ne sont pas humains, un point c’est tout.

Anne Bishop n’a pas non plus oublié que, forts de leur supériorité, les Autres sont tout à fait à même de régner sur le monde, les humains qui ne veulent pas collaborer devront se contenter de ce qu’on leur laisse… ou finir en repas.

Si les autres tomes envisageaient ce monde d’un point de vue plus global (surtout Empreintes fauves), Cartes ivoire se concentre sur Lakeside et encore une fois, met en scène les ravages que les humains peuvent accomplir par leur bêtise.

En fait, il s’agit surtout d’un humain : Cyrus, le frère du lieutenant Montgomery, qui a élevé les combines au rang de métier. Travailler, très peu pour lui. Profiter des autres, c’est bien mieux. Sauf qu’avec les Autres, la duperie et le mensonge sont des prétextes tout à fait valables pour être mangé et si les Ainés ne voulaient pas l’observer de plus près, Simon, Vlad et les autres habitants de l’Enclos auraient bien réduit ce fauteur de trouble en purée depuis longtemps. Mais jusqu’où faudra-t-il aller pour éviter que la paix n’explose ?

Ici pas de grandes batailles, mais des évènements quotidiens qui mis bout à bout forment une dangereuse accumulation, du genre à remettre en cause la paix durement obtenue entre les terra indigene et les humains. Je me suis régalée encore une fois, bercée par la vie de l’Enclos. C’est toujours très drôle, parfois cocasse et émouvant, mais on passe également par des moments de violence car il ne faut jamais oublier que les Autres ne sont pas humains. Et je dois bien avouer, comme à chacun des romans de cette série, que je me suis retrouvée à haïr la bêtise de ma propre espèce, malgré les représentants humains tout à fait respectables qui font partie des personnages.

Les personnages d’ailleurs sont tous bien travaillés, malgré leur grand nombre. Les personnages secondaires ont une vraie utilité. On sent qu’ils vivent en dehors des scènes communes avec les personnages principaux et cela donne vraiment de la profondeur à ce récit.

Même si les aventures de Meg s’arrêtent ici, je suis contente d’avoir accompli ce bout de chemin avec eux, surtout que l’autrice a bien entendu l’appel de ses fans et que la fin nous montre tout simplement ce que l’on voulait voir depuis le début ! Je n’aurais pas dit non à quelques pages supplémentaires mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, je me contenterai de celle-ci et je garderai à tout jamais cette saga dans mon top littéraire tout genre confondu.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Après les évènements à grande échelle d’Empreintes fauves, Cartes ivoire fait figure de roman intimiste. On ne sort pas de Lakeside, voire de l’Enclos, les nouvelles de l’extérieur étant apportées par courrier ou des visiteurs. Pour un tome final, cela pourrait paraître étrange mais au contraire, je trouve que ça nous laisse le temps de dire au revoir en douceur aux habitants de l’Enclos. Nous les avons vu évoluer (Simon, Meg et les policiers en premier lieu) au fur et à mesure des tomes pour former cette communauté soudée où chacun a sa place et s’accommode des bizarreries des autres membres. Que de chemin accompli depuis Lettres écarlates !

En lisant les premières pages, je ne pensais pas que toute l’intrigue tournerait autour de Cyrus et de ses manigances. Et pourtant, je ne me suis jamais ennuyée, peut-être parce que le récit nous régale aussi de tranches de vie adorables (je pense à Bug et son adoption par Twylla) qui nous donnent l’impression de faire nous aussi partie de cette communauté. Après tout, dans la vraie vie, il ne se passe pas quelque chose d’exceptionnel tous les jours.

Cyrus est un personnage profondément déplaisant, dans sa fainéantise, sa haine des Autres, la façon dont il traite sa famille et exploite les plus faibles que lui, mais aussi fascinant. C’est comme observer un accident de train au ralenti : on sait qu’il va se produire quelque chose d’horrible mais on ne peut détourner le regard. Ce personnage, vil et malsain, a été extrêmement bien pensé par l’autrice. Il est étonnant que tous ces évènements graves aient pu se produire à cause de lui, jusqu’à quasiment faire voler en éclat l’intégrité de la communauté, mais avec un homme qui n’est prêt à reculer devant rien, même pas sa propre stupidité, tout est possible…

Je regrette juste une petite facilité dans l’enlèvement de Meg. Elle avait tout vu, tout prévu, tout le monde était sur le pied de guerre et pourtant tout le monde l’abandonne au moment propice. Ce n’est qu’un petit détail qui n’a pas freiné mon enthousiasme mais j’avais trouvé le reste un peu mieux réfléchi.

Enfin, j’aimerais revenir sur le développement majeur de ce tome : le (les) baiser (s) entre Meg et Simon. Il était temps ! Et paradoxalement, je suis contente que la romance n’ait jamais pris le dessus sur le reste dans cette série, les sentiments se développant tout doucement, à la mesure que ces êtres de deux espèces différentes prenaient le temps de se découvrir. Pour cette fin de série, il fallait quand même qu’Anne Bishop nous donne quelque chose, sinon moi aussi j’aurais mordu quelqu’un !

Ils me manqueront, tout ce petit monde, et c’est avec un petit pincement au cœur que je finis cette chronique. Au revoir, l’Enclos de Lakeside…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Prêt à dire au revoir ?

Dis-le moi en commentaire.