im-possibleFragments, tome 1 : Im-possible de May Otto

Editions : La Condamine (Stories bu Fyctia)

epub

Paru en mai 2018

Aperçu : Elle est la rose, il est l'épine. Pour la cueillir, il faudra souffrir. Alors qu'elle n'a que vingt-deux ans, Rosanna pense être condamnée à vivre recluse chez elle jusqu'à la fin de ses jours. Atteinte du syndrome de La Tourette et soucieuse de l'image que cela renvoie d'elle, la jeune femme se laisse aller à l'idée que l'amour et l'amitié ne sont définitivement pas faits pour elle. Pour sa tante et son médecin, il est temps d'agir : Rosanna doit se changer les idées et découvrir ce qui se cache derrière les murs de sa chambre. Ils l'inscrivent donc en première année de Lettres à l'université de San Diego dans l'espoir qu'elle y fasse ses premières expériences de vie. Seul petit hic : Darian Harrison n'était pas censé en faire partie. Diamétralement opposé aux gens que Rosanna a l'habitude de côtoyer, ce jeune homme froid et mystérieux l'intrigue dès les premières secondes. Comment donner sa confiance à un inconnu quand celle-ci a été tant de fois mise à mal ? Se peut-il que l'amour soit plus fort que la maladie ?

Mon commentaire général : 50% de réussite

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : « J’ai l’air d’être heureuse et à l’aise dans cette vie parfaitement programmée. En réalité, je ne fais que subir la vie que je n’ai pas choisi d’avoir. Je suis loin d’être heureuse, je me contente juste de ce qui aurait pu être bien pire. » (Chap. 6)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

On connaissait Fyctia, la plateforme de concours d’écriture. Il faudra maintenant compter aussi sur Stories by Fyctia, le site qui permet l’auto-publication des romans écrits sur Fyctia mais qui n’ont pas gagné de concours (et dont la publication automatique).

C’est de cette dernière plateforme qu’est issu Im-possible dont le résumé m’a irrésistiblement poussée vers cette lecture qui se promettait vraiment originale.

Doter son héroïne du Syndrome de La Tourette est une décision résolument courageuse de la part d’une jeune autrice. En effet, ceux qui souffrent de cette maladie sont le plus souvent méprisés et moqués et j’étais très curieuse d’entrer dans le quotidien d’un de ces malades. Je peux d’ailleurs tirer mon chapeau à May Otto qui a rendu cette maladie criante de vérité, grâce à des recherches très poussées sur ce syndrome si difficile à vivre.

De l’impact de la maladie sur le corps, du déclenchement des crises au regard des autres, tout est fait pour que le lecteur comprenne la souffrance, physique et psychologique, qui se cache derrière ces tics et ces mouvements désordonnés. J’ai vraiment apprécié d’en apprendre davantage sur cette maladie que je ne connaissais que de nom.

Du coup, j’ai éprouvé beaucoup d’empathie pour Rosanna, la jeune malade que l’on suit dans ses premiers pas à l’université.  Je l’ai trouvé très touchante dans sa volonté d’aller de l’avant, de vouloir se fondre dans la masse, d’être normale en somme, de se faire des amis… et de trouver l’amour. C’est le but de la première moitié du roman, celle que j’ai aimée.

La seconde m’a parue plus laborieuse car trop proche des nombreuses new romances que j’ai déjà lues avec sa relation amoureuse en dents de scie, le garçon à problèmes… et c’est dommage ! Cette histoire n’avait vraiment pas besoin de ça car au lieu de continuer à se démarquer dans mon esprit, elle s’est juste fondue avec toutes les autres et je ne suis par conséquent pas sûre de lire la suite, car suite il y aura forcément, vu la fin en cliffhanger.

May Otto a une jolie plume et une volonté claire de ne pas aller vers la facilité et j’aurais aimé que cela se poursuive jusqu’au bout du roman.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’aime les auteurs qui prennent des risques et on est ici clairement dans ce cas. Le Syndrome de La Tourette ne fait clairement pas partie des maladies dont les héros de roman sont le plus souvent atteints… et pourtant c’est hyper intéressant d’entrer dans la réalité de cette maladie incapacitante dont les malades ne meurent pas mais qui les handicape socialement.

Et Im-possible montre bien toute la douleur qui se cache derrière cette maladie et permet aussi de chasser les clichés qui l’accompagne. Non les mots obscènes ne sont pas communs, et les crises sont le plus souvent liées au stress, à la confiance en soi et au regard des autres. C’est pourquoi il est important pour Rosanna de reprendre un contrôle actif sur sa vie et de s’ouvrir au monde, même si celui-ci la rejette.

C’est une héroïne profondément touchante, que j’aurais pu apprécier davantage sans cette seconde partie qui fait de son histoire un replay des After/DIMILY et consorts, où une jolie fille au lourd passé tente de guérir le garçon au passé tout aussi compliqué qui la rejette continuellement. Darian passe du statut de gentil garçon au roi des salauds en un clin d’œil, et j’avais juste envie de secouer Rosanna par les épaules pour qu’elle l’envoie balader au lieu de lui courir derrière comme un petit chien (ce que lui assène très justement son amie Mila).

De la romance, oui, de la romance compliquée pour rien, non ! A la limite, j’aurais nettement préféré l’histoire où Darian ne voulait voir Rosanna qu’en privé parce qu’il avait lui aussi peur du regard des autres. D’un point de vue psychologique, cette version aurait été beaucoup plus intéressante…

Puisqu’on est dans les détails qui m’agacent, parlons du non-respect du contexte dans lequel se déroule l’histoire. Rappelons que le récit se passe aux Etats-Unis mais il y a tellement de coutumes françaises que cela n’est pas vraiment crédible. Par exemple, la rentrée universitaire n’est pas en octobre mais fin août/début septembre, ou bien les cours n’y durent qu’un semestre et on change complètement d’emploi du temps au semestre suivant. Et inversement, les coutumes américaines ont été complètement oubliées. Où est passé Thanksgiving qui est la fête la plus importante pour les Américains ? Alors oui, ce sont de petits détails et les oublier ne dénature pas l’histoire mais je trouve dommage qu’une autrice qui a pris autant de soin sur les détails de la maladie que vit son héroïne n’en prenne pas autant pour resituer l’environnement. A ce compte-là, j’aurais préféré que l’histoire se déroule en France, même si ce n’est pas aussi glamour, mais j’y aurais davantage cru.

C’est donc avec un sentiment assez partagé, du 50/50, que j’ai tourné la dernière page de ce roman.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Connais-tu Gilles ?

Dis-le moi en commentaire.