smog of germania

Récits du monde mécanique, tome 1 : Smog of Germania de Marianne Stern

Editions : Le chat noir

343 pages

Paru en juin 2015

Aperçu : Germania, début des années 1900, capitale du Reich.

À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française - et pour cause : on dit qu'il n'a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l'œuvre.

Une poursuite infernale s'engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s'il ne s'agissait pas en réalité d'un gigantesque complot, qui se développe dans l'ombre depuis trop longtemps.

Mon commentaire général : J’en veux encore !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Ainsi était le véritable visage de Germania : des apparences trompeuses, des illusions. » (p. 163)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Viens toi aussi plonger dans les intrigues brumeuses de Germania !

Plus qu’un roman, Smog of Germania est un voyage à travers le temps, l’espace et l’imagination. Un retour en arrière dans un passé qui n’a pas existé, c’est tout le bonheur d’une uchronie steampunk !

Marianne Stern nous entraîne ainsi à la suite de Viktoria, fille du Kaiser du Reich, dans la ville de Germania, recouverte d’un épais brouillard nommé smog. La petite vie tranquille de la jeune femme, dont les seules préoccupations jusqu’à présent étaient son futur mariage avec un quelconque beau parti qui prendrait la suite de son père et ses sorties nocturnes à travers Germania, vole en éclat le jour où des assassins tentent de la supprimer. Ils y seraient d’ailleurs arrivés sans la présence de l’Exécuteur, mi-homme mi-automate, fidèle serviteur du Kaiser. Commence alors une course-poursuite à travers le Reich pour échapper à ces tueurs qui semblent obéir à quelqu’un de haut placé, qui aurait un vrai intérêt à faire disparaître Viktoria. Peut-être pour faire définitivement basculer le Kaiser dans la folie et déclencher la guerre avec les Français ? Peut-être… Mais rien n’est limpide dans le brouillard de Germania…

Si le côté uchronie n’est pas extrêmement mis en avant, le steampunk est bien présent et c’est un vrai plaisir ! Zeppelins et mécanismes foisonnent et sont bien intégrés au récit. S’il m’a fallu une bonne centaine de pages pour entrer dans l’histoire, j’ai lu les deux cent pages suivantes avec urgence, pressée de savoir ce qu’il allait arriver à ces personnages auxquels il est très facile de s’attacher, surtout deux dont je ne peux pas vraiment te parler sous peine de te spoiler une partie du récit. C’est avec Viktoria que j’ai eu le plus de mal à cause de son caractère de petite fille gâtée et égocentrique.

Il faut aussi savoir qu’au-delà de l’atmosphère pesante apportée par ce smog omniprésent, la violence est monnaie courante dans cet univers. Si tu aimes les romans où rien de méchant n’arrive à tes personnages préférés, ce livre n’est pas pour toi. Si tu aimes les voir souffrir, fonce !

Tu y découvriras une intrigue bien pensée, faite de complots et de trahisons, tu te perdras dans le brouillard et les faux-semblants de Germania, tu découvriras que tout le monde a des intérêts cachés et des secrets inavouables. Tu liras surtout un roman grandiose porté par une très belle plume dont la fin devrait te laisser sur ta faim justement et te pousser à aller chercher sur le champ des informations sur les tomes suivants (Scent of Orient, déjà paru, et Realm of broken faces, à paraître très bientôt !).

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Comme le début du roman est surtout concentré sur Viktoria, point de départ de l’intrigue, j’ai eu du mal à me plonger dedans. Il faut dire que la jeune femme, méprisante et égocentrique à l’extrême, est peu sympathique.

Il aura fallu attendre l’arrivée de Maxwell, qui sert aussi de révélateur à Jérémiah, pour que tout le bénéfice de cette histoire s’éclaire pour moi. Je me suis beaucoup attachée aux deux frères, si différents extérieurement et pourtant si proches, et j’ai suivi leurs déboires avec beaucoup d’émotions. Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est qu’ils ont été pensés comme j’aime : complexes, avec des qualités et des défauts, des doutes, des erreurs, leur séduction n’ayant d’égale que leur cruauté quand il le faut, l’amour profond qu’ils se portent l’un à l’autre. Ils sont profondément humains. Je dirai même que c’est d’autant plus vrai pour Jérémiah, dont l’apparence pourrait faire penser le contraire, mais qui se révèle plus humain que le Kaiser au bord de la folie.

L’intrigue, pourtant simple quand on y réfléchit, est pourtant tortueuse à souhait et permet d’exploiter à fond le potentiel de la ville de Germania et son smog mais aussi les artéfacts steampunk. Le tout se mêle merveilleusement bien, dans une atmosphère sombre et cruelle qui ne plaira pas aux âmes sensibles, et nous emmène jusqu’à cette conclusion sous forme de renouveau, qui laisse présager de nouvelles aventures palpitantes pour la suite.

J’espère de tout cœur retrouver mes chouchous Maxwell et Jérémiah, et j’espère réellement que ce dernier prendra conscience de son humanité et qu’il s’accordera le droit au bonheur.

A suivre donc !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Partant pour un survol de Germania en zeppelin ?

Dis-le moi en commentaire.