l'appartement oubliéL’appartement oublié de Michelle Gable

Editions : Editions des Falaises

496 pages

Paru en septembre 2015

Aperçu : Quand April Vogt, expert en mobilier, apprend qu´un appartement fermé depuis soixante-dix ans vient d´être découvert à Paris, elle est loin de s´imaginer les richesses et les secrets qu´il renferme. Au milieu des nombreux trésors, April trouve le journal de Marthe de Florian, la très séduisante demi-mondaine qui y vécut en multipliant les amants. Comprendre la tumultueuse histoire de cette femme libre conduit April à une véritable plongée au cœur du Paris des artistes et des hommes politiques de la Belle Epoque. Ce premier roman éblouissant de Michelle Gable s´appuie sur une histoire vraie résumée dans un petit cahier glissé à l´intérieur de l´ouvrage.

 

 

 

 

Mon commentaire général : Moi je ne l’oublierai pas ce roman !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « C’est drôle comme un endroit dont on a rêvé toute sa vie peut se révéler différent de nos attentes. » (p. 321)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Pour te dire la franche vérité, avant d’ouvrir ce livre, je ne m’attendais pas à aimer autant ! La Belle Epoque n’est pas une époque historique que j’apprécie habituellement et je n’ai pas forcément d’affinité avec les antiquités.

Pourquoi avoir choisi ce livre alors ?

En fait, j’ai aimé cette idée de pénétrer dans un appartement fermé depuis 70 ans et d’en découvrir les secrets. Et puis il y a cette peinture aussi, qui illustre la quatrième de couverture, que j’ai trouvé magnifique et dont j’ai eu envie de connaître l’histoire. Evidemment, l’autrice a romancé pas mal de choses, afin de raconter une histoire, mais pourtant le fond de vérité historique est là : l’appartement de Marthe de Florian a bien été découvert intact et le portrait existe réellement.

Outre ce travail d’imagination, Michelle Gable a aussi fait des recherches très approfondies sur l’époque historique et c’est tellement bien décrit, plein de petits détails, que j’y ai vraiment cru. De plus, elle a su apporter une vraie dimension psychologique à ses personnages, aussi bien Marthe qu’on découvre à travers les pages de son journal, que April, l’experte en charge de l’estimation du patrimoine contenu dans l’appartement.

J’ai lu ce roman avec beaucoup d’envie et très rapidement, grâce à une plume très fluide et un véritable attachement pour les personnages. C’est pour moi une belle découverte et je recommande à tous les amateurs d’histoire !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

De prime abord, je pensais que le présent était moins intéressant que le passé, c’est-à-dire que la vie d’April ne faisait pas le poids face à celle de Marthe. Il est vrai que la demi-mondaine nous entraîne à travers un tourbillon de fêtes, galères et hommes dans un univers en décalage total avec le nôtre. Je dois dire que j’ai justement beaucoup aimé parce que la plongée historique était totale : j’aurais presque pu croire qu’il s’agissait du vrai journal de Marthe de Florian (alors que lorsqu’on lit sa biographie sur le net, on se rend compte des différences assez flagrantes).

Pourtant, April est tout aussi digne d’intérêt. Tout d’abord, j’ai aimé découvrir les coulisses du métier de commissaire-priseur, qui ne s’arrête pas à taper du marteau pendant les séances d’enchères ! Il y a un vrai travail de recherche sur chaque antiquité, pour connaître et relater son histoire et ainsi évaluer au mieux sa valeur. Ensuite, je l’ai trouvée terriblement touchante de par les drames qui s’abattent sur elle (la maladie puis la mort de sa mère, la tromperie de son mari) et par ses réactions très humaines, toutes en délicatesse.

Je crois que si elle se jette autant à corps perdu dans la vie de Marthe, c’est pour oublier ses soucis, et pour restaurer l’unité familiale de la petite fille de la demi-mondaine, l’aider à raconter ses origines, ce qu’elle n’a pas eu la chance de connaître elle-même.

On se rend évidemment compte à la fin qu’April entretient une image idéalisée de Marthe, tout comme elle a une vision idéalisée du mariage ou de la famille. En fait, à travers sa quête de provenance, April cherche à donner du sens à sa propre vie.

C’est pour moi ce parallèle qui est extrêmement intéressant et qui fait que les deux époques apportent des émotions différentes au lecteur.

Michelle Gable a écrit d’autres romans, pas encore traduits en français, mais qui ont pour point commun de s’appuyer sur le passé et vu la belle découverte qu’est pour moi L’appartement oublié, je les note immédiatement sur ma wish-list !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Ouvriras-tu la porte de l’appartement ?

Dis-le moi en commentaire.