hazel woodHazel Wood de Melissa Albert

Editions : Milan

384 pages

Paru le 25 Avril 2018

Aperçu : « Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.

Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althéa Proserpine, auteur des célèbres « Contes de l’Hinterland ».

Hazel Wood, dont vient d’hériter Alice.

Hazel Wood, où Alice doit s’aventurer pour espérer sauver sa mère.

Hazel Wood, cette demeure d’où semblent s’échapper des personnages inventés par Althéa.

Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ? Un leurre ? Une porte d’entrée sur l’Hinterland ?

Et si Alice était bien plus qu’une simple New-Yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

Mon commentaire général : Les contes, c’est pour les grands…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « C’est là que j’ai mis la main sur le livre d’Althea. Il était parfait. Il ne contenait aucune morale. Il n’y a que ce monde dur et horrible, touché par une magie incroyable, où se produisent des trucs affreux. Tout ça sans aucune raison, ni rien qui ressemble à de la justice. Ils se déroulent dans un endroit qui n’a pas de règles et qui n’en admet aucune. » (p. 125)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Voilà un roman, par son résumé et le teasing fait par la maison d’édition, qui m’a beaucoup intriguée et que j’avais hâte d’avoir entre les mains. Quand je l’ai reçu, j’ai eu une seconde d’arrêt, émerveillée par sa couverture si riche et qui prend tout son sens à la lecture.

La lecture justement, fut une expérience un peu hors du temps dont je ressors dans un état mitigé. J’ai tout simplement adoré le début, la plume très moderne et cynique qui exprime si bien la personnalité trouble d’Alice, l’héroïne qui raconte son histoire à la première personne du singulier et je me suis laissée entraîner dans les mystères qui poursuivent la jeune fille et sa mère.

En effet, Alice, 17 ans, et sa mère Ella sont en fuite depuis aussi longtemps que la jeune fille se souvient. Sur leur route, des éléments étranges, la « malchance » comme l’appelle Alice, les forcent à changer d’endroit régulièrement. Alice n’a jamais rencontré sa grand-mère, autrice d’un livre de contes nommé Les contes de l’Hinterland que la jeune fille n’a jamais eu le droit de lire, ni mit les pieds à Hazel Wood, la demeure retranchée de la vieille dame. A la mort de celle-ci, Ella pense que la malchance va enfin cesser mais elle est enlevée par un groupe de personnes très étranges. Alice et un de ses amis, fan des contes de l’Hinterland, partent à la recherche d’Ella. Mais ils ignorent que ce voyage va les emmener beaucoup plus loin qu’ils ne le pensaient, de New-York à un monde caché

Si j’ai adoré l’ambiance sombre et gothique du roman, je déplore les nombreuses longueurs du milieu du roman (partie que j’ai lue en diagonale, pressée d’avancer) qui cassent le rythme de la quête d’Alice et l’aspect très confus de la fin. Je n’avais aucune idée de l’endroit où l’autrice voulait aller et j’ai été très déstabilisée par cet environnement sans queue ni tête.

Au final, si l’univers de ce roman en fait un cas à part et que j’ai été surprise par les rebondissements, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages (et je ne pense pas que c’est que l’autrice souhaitait) et je suis restée très spectatrice. Il m’a semblé qu’il ne se passait pas tant de choses que ça et il m’a manqué le principal : les contes en eux-mêmes, car si on nous en parle fréquemment, il n’y en a qu’un seul qui est ici narré dans son intégralité.

J’ai compris pourquoi en découvrant qu’un tome 2 devrait sortir en VO en 2019 (bien que vu la fin, cela ne semble pas vraiment nécessaire) et que les contes devraient être tous racontés dans un livre à part qui sortira en VO en 2020.

C’est donc une expérience plutôt partagée, entre fascination pour l’ambiance inquiétante de conte gothique et ennui à cause des longueurs qui ralentissent une bonne moitié du récit.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Parmi les nombreux reproches que j’ai pu trouvés au sujet de Hazel Wood, c’est la ressemblance avec Alice aux Pays des Merveilles qui prévaut. Et c’est plutôt vrai, j’y ai moi-même pensé. L’Hinterland est un Pays des Merveilles cruel, proche des contes originaux des frères Grimm dans lequel sang et mort sont monnaie courante. On y retrouve même cet aspect confus, déstabilisant, à la fois pour le lecteur et les personnages qui y vivent.

D’ailleurs, le prénom d’Alice ne doit pas avoir été choisi au hasard…

Ce qui est surprenant, c’est l’appartenance de la jeune fille à ces Histoires, condamnée à rejouer son conte infiniment. Et c’est cet aspect que j’ai trouvé assez perturbant, ces personnages bloqués dans une boucle temporelle mais qui peuvent quand même s’en extirper. Melissa Albert n’a pas assez expliqué ces possibilités à mon goût, mais c’est peut-être parce que tout cela s’apparente à une espèce de cauchemar, où la raison n’a pas lieu d’être.

Cela explique peut-être aussi pourquoi il est compliqué de s’attacher à Alice, très cynique et désabusée, qui n’a jamais été une enfant normale. On le voit dans ses rapports avec Ella, qui n’a de mère que de nom. Alice, tout comme dans son Histoire, a grandi trop vite et avec ses déracinements fréquents, elle a gardé une distance de sécurité avec les gens, tout comme avec le lecteur. Ou alors c’est parce qu’elle sent au fond d’elle-même qu’elle n’a pas bon fond… Le fait d’avoir un « méchant » comme personnage principal est original mais pas assez exploité à mon sens : Alice devrait avoir des réactions mauvaises avec les gens, même hors de l’Hinterland, puisque dès qu’elle recommence son Histoire, c’est son côté méchant qui reprend le dessus. C’est dommage, cela aurait renforcé la singularité de ce roman. On pourra aussi souligner le fait que contrairement à une bonne partie des romans YA, la romance ne prend jamais le dessus. D’ailleurs, elle n’aboutira même pas.

En résumé, c’est un roman qui n’aura pas tenu toutes ses promesses à mes yeux mais je me précipiterai sur le hors-série consacré aux contes dont l’aperçu avec Alice-Trois-Fois et La porte qui n’existait pas m’a fait frissonner… de plaisir !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Veux-tu vivre dans un conte ?

Dis-le moi en commentaire.