emmuréesEmmurées de Alex Bell

Editions : Milan

350 pages

Paru le 4 Avril 2018

Aperçu : Je passe mes vacances dans un lieu de rêve : un vieux manoir écossais.

Un vieux manoir qui était auparavant une école pour filles où ont eu lieu de tragiques « accidents ».

Mes cousins sont charmants : Cameron est taciturne, Piper est un peu trop parfaite, Lilia a une étrange phobie des os, même des siens.

Et puis il y a Rebecca.

Rebecca dont la chambre est remplie de vieilles poupées.

Rebecca qui est morte.

Rebecca qui est de retour par ma faute.

Venez jouer à la poupée… au péril de votre vie.

Mon commentaire général : J’ai toujours détesté les poupées…

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Elles veulent me tuer. Elles veulent te tuer, toi aussi. Et Rebecca dit qu’elle va les laisser sortir. » (p.100)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’ai refermé ce livre il y a déjà plusieurs jours mais j’ai la chair de poule rien qu’à relire le résumé… Quelle lecture !

Mêlant thriller, horreur et fantastique, Alex Bell a construit un roman dont tu ne ressortiras pas indemne et qui ne te laissera pas le reposer. C’est comme si une petite voix te murmurait : « allez, encore un chapitre… Ne me laisse pas. Lis moi encore un peu…».

En tout cas, l’ambiance est posée dès le premier chapitre et c’est avec les yeux agrandis d’effroi que j’ai suivi les aventures de Sophie dans le manoir de son oncle, sur l’île de Skye. La maison fait intégralement partie de l’atmosphère, comme cette île écossaise brumeuse et coupée de tout, et je n’aurais pas envisagé l’histoire ailleurs. Et puis il y a ces poupées aussi, affreuses, et la légende d’après laquelle elles ont été créées, qui se révèle au lecteur chapitre après chapitre… Tout est fait pour mettre mal à l’aise, et ça marche !

De façon générale, j’ai trouvé ce roman très intelligent, chaque élément étant révélé au bon moment pour maintenir une tension palpable tout au long du récit. De plus, les émotions sont aussi au rendez-vous : outre la peur évidemment, j’ai éprouvé de la tendresse et de la tristesse aussi.

Il est difficile de ne pas trop en dire, car il est important de se laisser porter par le suspense et l’ambiance pesante pour vivre une expérience de lecture hors du commun.

Aussi bien les ados que les adultes frissonneront et si tu as des poupées chez toi, tu les regarderas à présent d’un autre œil. D’ailleurs si j’étais toi, je les laisserais dans une armoire cadenassée et je perdrais la clé…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Rien qu’à la lecture du résumé, j’ai ressenti un profond malaise et pourtant j’avais vraiment envie de découvrir ce roman horrifique. C’est avec prudence que je me suis attaquée à sa lecture, en plein jour évidemment, et je ne l’ai reposé qu’arrivée à la dernière ligne. Entre les deux, j’ai frémi de bout en bout.

Tout est réuni pour faire peur : l’ambiance de cette maison gothique, les accidents passés, l’accueil hyper froid des cousins qui semblent avoir perdu l’esprit, le fantôme et les poupées évidemment. On ne sait pas si Sophie est devenue folle ou si tout est réel, ce qui ajoute à la confusion du lecteur.

D’autant que Piper a l’air si gentille…

Ce qui est ici intéressant, c’est que les codes du thriller (avec l’assassin psychopathe) et du fantastique (les poupées maléfiques) sont habilement mêlés : si Piper est si réceptive aux horribles suggestions des poupées, c’est qu’elle aime manipuler et faire du mal. Et si Sophie et Lilia n’entendaient pas elles-aussi les poupées, s’il n’y avait pas ces évènements passés, on pourrait croire que Piper est folle, qu’elle entend des voix pour justifier sa cruauté. C’est ce qui rend l’expérience de lecture à part pour le lecteur : une fois le livre refermé, on ne peut pas tout attribuer à l’esprit tordu de Piper, les poupées sont bien responsables des drames, et si on a l’imagination fertile, on peut facilement avoir quelques insomnies !

Le seul petit point qui m’a titillé, c’est que si les poupées sont issues d’une histoire sur une jeune femme morte de froid (Fair Charlotte, poème de Seba Smith, qui existe réellement, tout comme ces affreuses poupées), leur façon de tuer n’est pas en rapport direct avec l’histoire (sauf pour Rebecca évidemment). C’était vraiment pour avoir un défaut à pointer car sinon le reste était juste parfait.

J’ai même eu mon petit shoot d’émotions brutes avec la mort de Rebecca, si triste, que j’en ai eu les larmes aux yeux.

Je ne suis pas sûre de relire ce roman car je suis très impressionnable mais je suis contente de l’avoir découvert.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Veux-tu jouer aux poupées ?

Dis-le moi en commentaire.