la couleur du mensongeLa couleur du mensonge de Erin Beaty

Editions : Lumen

506 pages

Paru le 15 Février 2018

Aperçu : Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s’en sortir ? Épouser un beau parti. Elle se présente donc chez une entremetteuse – l’une de ces femmes chargées d’évaluer le potentiel des candidats au mariage, et dont les décisions font et défont les fortunes d’une famille, voire d’un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, la jeune fille échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l’observation, la marieuse lui propose toutefois de devenir apprentie.

Sage s’embarque donc dans un périple vers la capitale pour assister au Concordium – là où, tous les cinq ans, se décident les unions les plus importantes – avec un groupe de jeunes filles triées sur le volet. Cette précieuse cargaison est escortée par un bataillon de soldats d’élite qui ne tarde pas à réaliser qu’ils sont tous sur le point de se jeter dans la gueule du loup : le pays voisin prépare une invasion et chaque étape du voyage pourrait bien être la dernière. Spécialiste des missions de reconnaissance, l’un des membres de la troupe sollicite alors l’aide de Sage. Mais plus elle avance dans ses recherches plus elle découvre, horrifiée, que tout le monde joue double jeu… à commencer par son recruteur lui-même ! Et, doucement, le piège se referme sur elle…

Mon commentaire général : Stratégies, duperies et compagnie !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « J’ai du mal à imaginer quel terrible danger pourrait bien menacer une marieuse et ces filles de nobles bien comme il faut. » (p. 84)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Avant de parler du fond de ce roman, j’aimerais tout d’abord souligner cette couverture magnifique, qui m’a attirée vers ce livre au premier coup d’œil. Et puis j’ai lu le résumé, et là j’étais complètement conquise : il me fallait ce livre !

Maintenant, après avoir tourné la dernière page, je suis encore sous l’emprise de cette histoire aux ramifications complexes et aux personnages si marquants. Une chose est sûre : je ne suis pas prête de l’oublier.

La couleur du mensonge bénéficie d’une très belle plume et d’un univers intéressant, bien que très simple. En effet, le contexte géopolitique, à peine esquissé, est plutôt conventionnel. Il s’agit ici d’anciennes guerres mais de rancœurs tenaces, qui font peser sur la petite troupe de soldats et de candidates au mariage une menace des plus inquiétantes. Leur trajet d’une province de l’ouest vers la capitale de Demora, le pays imaginaire où se déroule le récit, afin de présenter les jeunes nobles à une sorte d’immense « speed-dating » n’aurait dû être qu’une simple formalité mais va se révéler beaucoup plus dangereux que prévu, surtout que chacun a des intérêts cachés et leurs mensonges pourraient bien tout changer… A toi d’essayer de les percer à jour, si tu y arrives !

Si Sage, jeune fille de 16 ans embauchée par défaut comme apprentie d’une marieuse est l’héroïne, elle est entourée d’une galerie de personnages assez plaisants et surtout bien construits, avec leurs forces et leurs faiblesses. Ils commettent des erreurs ou ont des coups de génie. Ils réagissent en accord avec leurs émotions. Bref, ils sont humains et c’est le gros point positif de ce livre.

Le point négatif c’est qu’après les 50 premières pages très prenantes, les 200 pages suivantes adoptent un rythme de croisière assez lent. Néanmoins il faut s’accrocher et passer ce cap car après les rebondissements s’enchainent, les complots se dessinent et quand on entrevoit la finalité, on ne peut plus lâcher le livre jusqu’à la fin !

Cette fin justement m’a parue un peu expédiée et si j’attends la suite avec impatience, c’est que maintenant que je sais de quoi Erin Beaty est capable, je suis accro à ses manipulations mentales !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Parlons-en tout de suite, comme ça, ça sera fait : si j’avais quelques doutes sur Ash, la faute à des actions qu’il disait avoir commises alors que le lecteur avait « vu » quelqu’un d’autre les accomplir, j’ai quand même été drôlement secouée par la révélation de sa véritable identité, qui explique au final beaucoup des libertés qui ont été accordées à un simple soldat. J’aimerais relire le roman, juste pour dénicher d’éventuels indices qui auraient pu dévoiler la duperie du capitaine.

Si j’ai parfaitement compris le besoin pour la troupe d’espionner les filles, afin de protéger le prince et de garder son identité secrète, la mission de Sage m’a parue moins évidente : quel besoin pour elle d’espionner les unes et les autres ? La nécessité évoquée de récolter des détails sur les soldats en vue d’un éventuel mariage m’a parue un peu tirée par les cheveux et n’est selon moi qu’une excuse pour que Sage passe du temps avec Ash et en tombe amoureuse.

Ces petites manigances sont d’autant plus inutiles comparées à ce qui se joue dans l’ombre avec l’énorme complot du duc, ennemi qui disparait un peu facilement. On est en droit de se demander ce que la suite nous réserve car la fin ne nous donne pas beaucoup d’indices à ce sujet. Alex est bien envoyé au Sud, pour surveiller Kimisara, mais cela ne fait pas pour autant un cliffhanger à la hauteur des rebondissements qui ont rythmé la deuxième moitié du roman (avec une mention spéciale pour la tension durant tout le huis clos dans la forteresse du duc).

Enfin, je suis un peu déçue par la façon dont le Concordium est rapidement expédié. C’est le sujet de tout le début du roman, les filles du cortège ne parlent que de ça, et tout se règle en quelques petites lignes pour nous dire que les mariages auront lieu à minuit. J’aurais aimé un peu plus de détails, c’est tout de même une des traditions marquantes de Demora (tradition dont je n’ai pas vraiment compris le but ou l’origine, puisque les marieuses s’occupent de mariages certes moins importants le reste du temps aussi…).

Malgré tout, je serai au rendez-vous de la suite, même si moi aussi je vais devoir mettre en jeu ma patience…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Prendras-tu la dangereuse route du Concordium ?

Dis-le moi en commentaire.