blancheBlanche de Hervé Jubert

Editions : ActuSF

874 pages

Paru le 15 Février 2018

Aperçu : « Je m'appelle Blanche. J'ai 17 ans. Paris est assiégée par les Prussiens. Impossible de rejoindre ma famille. Mon oncle, commissaire de police, est sur la piste d'un tueur de tatoués.

Je m'appelle Blanche. J'ai 17 ans. Les bombes tombent sur Paris. Et je traque le tueur, moi aussi. »

Auteur renommé, Hervé Jubert a beaucoup œuvré dans les littératures de l'imaginaire. Les enquêtes de Blanche sont réunies ici en intégrale avec une aventure inédite (Le mystère de la femme sans bras). L'auteur de la trilogie Morgenstern, de Vagabonde, de M.O.N.S.T.R.E. et de Beauregard est à son meilleur avec une héroïne aussi attachante qu'intrépide...

 

Mon commentaire général : un recueil d’enquêtes qui fait voyager dans le temps !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Aux mousquetaires qui pourfendent les mystères ! »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Ce roman regroupe l’intégrale des aventures de Blanche, trois histoires plus une nouvelle, qui ont déjà été publiées séparément.

J’avoue que j’ai ouvert ce roman sans jamais en avoir entendu parler auparavant, séduite par la promesse d’une enquête sous la Commune, période historique que je connais très mal.

Il me semble important de souligner le travail de recherche minutieux effectué par Hervé Jubert qui livre ici un récit fourmillant de détails sur la vie parisienne autour de 1870 : on s’y croirait ! J’ai apprécié cette plongée historique et appris beaucoup de choses dont on a dû me parler un jour à l’école mais qui ne m’avait pas marquée plus que cela. Ici, en vivant les aventures de Blanche et de son oncle Gaston, je me suis sentie beaucoup plus impliquée.

En effet, chaque histoire a pour personnages principaux Gaston, commissaire de police, et sa nièce, Blanche, dont le hobby principal est d’assister son oncle dans ses enquêtes, grâce à un flair et un goût du risque assez marqués.

Outre l’aspect réaliste et le côté policier, l’auteur a introduit un peu de fantastique/paranormal dans ces histoires, ce qui introduit du mystère dans la résolution des enquêtes : comment le tueur de tatoués de la première histoire fait-il disparaitre les corps ? D’où vient la momie qui décapite des personnes bien ciblées dans la deuxième aventure ? Y a-t-il vraiment un vampire dans Paris (troisième partie) ?

La première enquête est vraiment ma préférée, peut-être parce que c’est là que je me suis attachée à Blanche, à Gaston, et même un peu au tueur… Les autres m’ont parues plus longues et suivant grosso modo le même schéma, l’effet de surprise étant éventé pour les deux suivantes.

Néanmoins cela reste des enquêtes passionnantes, à réserver à un public à partir de 15 ans, car les assassinats sont plutôt violents et qu’aucun détail n’est épargné au lecteur.

 

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

En ouvrant ce roman, je ne m’attendais pas à aimer autant cette première histoire. La Commune n’est premièrement pas ma période historique préférée (peut-être parce que je la connais mal). Il y a aussi ce prologue, d’une violence inouïe, qui plonge directement le lecteur dans le mystère et donne le ton pour la suite : on ne nous épargnera rien ! D’autre part, le fait que Blanche se retrouve seule dans une ville assiégée ajoute un supplément de tension que l’on ne retrouve pas dans les histoires suivantes. C’est la guerre et cela se ressent dans le quotidien des personnages, dans leurs déplacements, leurs communications dans une ville coupée de l’extérieur et même dans des détails tels que trouver une motte de beurre. Enfin, l’histoire sous-jacente, les motifs du tueur sont plein d’émotions : la vengeance de Claude, aussi horrible soit-elle, peut être comprise par le lecteur qui a vu de ses yeux un petit garçon se faire poignarder par ses frères ainés à cause de sa différence. On se rend compte que ce thème de l’acceptation de soi et des autres est toujours terriblement d’actualité.

C’est sans doute la raison qui fait que j’ai préféré cette première aventure aux deux autres, moins porteuses d’émotions. La deuxième présente des assassinats violents qui n’ont d’intérêt que de retrouver un bijou ancien grâce à une mise en scène macabre. La troisième est aussi le fait d’une vengeance accomplie à cause d’un amour malsain. Ce qui m’a embêtée, c’est qu’on retrouve à chaque fois un schéma commun : l’assassin agit toujours contre une bande de personnes (des frères, des comtes de l’Hydre, des membres d’une même loge), dont le point commun est vite identifiable, dans une mise en scène fantastique. On peut aussi ajouter que l’oncle et la nièce suivent toujours des pistes séparées, pour finalement se rejoindre, alors qu’une collaboration porterait davantage ses fruits.

Cela ne nuit pas à la qualité des enquêtes mais je n’ai pas été surprise de la façon dont les choses se sont déroulées dans les deuxième et troisième parties. Même si Blanche évolue dans sa vie d’adulte, de jeune fille abandonnée par ses parents à jeune mariée, je n’ai pas trouvé beaucoup de différences entre le début et la fin de cette intégrale.

C’est à mon sens le défaut de ce livre qui n’en comporte pas beaucoup plus.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Enquêteras-tu aux côtés de Blanche et Gaston ?

Dis-le moi en commentaire.