la lune est à nousLa lune est à nous de Cindy Van Wilder

Editions : Scrinéo

377 pages

Paru le 14 Septembre 2017

Aperçu : Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon commentaire général : A mettre d’urgence entre toutes les mains !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : « Décrocher la lune… Comme si tout ce qu’on désirait se trouvait soudain accessible. » (p. 66)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est une chronique assez difficile à écrire pour moi. Non pas que je n’ai pas aimé La lune est à nous, bien au contraire, mais ce roman m’a secouée au plus profond de moi-même.

Pourquoi ? Eh bien parce qu’il est, de façon assez contradictoire, capable de nous faire revivre des moments extrêmement douloureux (que celui qui n’a jamais été moqué ou harcelé à l’école lève la main, je lui expliquerai plus en détail ce que je veux dire) et à la fois de nous remonter le moral.

La lune est à nous est une ode à la différence, au « être soi-même », à l’acceptation de soi. Oser penser qu’on est une belle personne, qu’elle que soit la couleur de sa peau, son poids, son orientation sexuelle ou sa religion. Cela ne nous définit pas.

Avec des mots à la fois simples et percutants, Cindy Van Wilder nous raconte le quotidien de deux adolescents dont le point commun est d’être en surpoids. Ils n’ont rien d’exceptionnel, ils ne sont pas des superhéros, ils pourraient être nos voisins, ce qui rend le roman encore plus pertinent. Grâce à eux, l’autrice aborde les thèmes du harcèlement, de la grossophobie, du racisme, du coming out, sans en faire des tonnes. Il lui suffit pour cela de nous plonger dans leur vie et de nous faire vivre une poignée d’heures en leur compagnie (je t’ai dit que j’avais lu ce livre d’une traite ? non ? Ben je te le dis, ça se lit bien !).

C’est un roman que j’aurais aimé lire adolescente mais même maintenant, en tant que maman, j’y ai appris des choses et j’ai éprouvé des émotions fortes.

Je n’ai pas vraiment les mots pour dire combien j’ai aimé alors je vais juste te dire de lire ce livre et de le faire lire à d’autres. Ce n’est pas un conseil, c’est une supplication, en espérant faire ouvrir les yeux à ce monde qui déraille.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai ouvert ce livre avec un peu d’appréhension, comme toujours face à un roman qui récolte autant de commentaires élogieux, et pourtant ce sentiment s’est très vite dissipé, dès que les voix d’Olive et Bouboule ont commencé à résonner dans ma tête. La justesse de leurs propos, qui consiste surtout à nous parler de leurs vies quotidiennes, des insultes, du mépris, de la haine même, qu’ils subissent parce qu’ils ne rentrent pas dans la norme, suffit à chasser tout autre sentiment que celui d’aller au bout de cette histoire.

Pourtant, j’avoue qu’au départ, je ne savais pas bien où l’autrice comptait m’emmener. Je ne distinguais pas d’intrigue claire. Pourtant l’accomplissement de soi est un but en lui-même et c’est en tournant la dernière page qu’on le comprend.

Olivia et Max accomplissent un long chemin durant ces 377 pages.

Pour la jeune fille, c’est la victoire sur la jalousie, le bonheur de pouvoir s’affirmer à la fois sur les réseaux sociaux et dans son foyer. Le fait de trouver sa place et de comprendre qu’on le mérite.

Pour Max, c’est le soulagement de la vérité, le poids de la dissimulation qui s’envole, l’intégration au sein d’un groupe, d’une nouvelle famille. Le fait d’être aimé pour soi.

Pour les deux, c’est l’acceptation de soi, la possibilité de crier au monde entier « voilà qui je suis et j’en suis fier ! ».

Pour nous, c’est une formidable leçon de vie, de beaux moments d’émotions, de larmes aux yeux, de colère, de tristesse mais de sourires aussi.

Et c’est exactement ce que je recherche quand j’ouvre un nouveau roman. Je veux vivre des sentiments forts, ouvrir les yeux, panser mes fêlures.

Alors pour tout ça, merci Cindy ! Et vive la différence !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Passeras-tu la porte du Dépôt ?

Dis-le moi en commentaire.

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