dernier meurtre avant la fin du monde

Dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters

Editions : 10/18

336 pages

Paru le 18 Février 2016

Aperçu : À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hampshire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.

Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.

Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.

Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés.

Mon commentaire général : Un mélange détonnant de polar old school et de science-fiction !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « La persévérance en ce monde, malgré tout, du travail bien fait. » (p.88)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Dernier meurtre avant la fin du monde est un roman étonnant : mélange de polar et de science-fiction, il nous entraîne dans un monde pré-apocalyptique où tout est chamboulé, où plus rien n’a vraiment d’importance à part le compte-à-rebours qui menace l’humanité.

Dans le monde imaginé par Ben H. Winters, la Terre vit ses derniers mois. Dans six mois, notre planète sera frappée par un astéroïde de plusieurs kilomètres. Chances d’impact : 100%. Chances de survie de l’humanité : 0%. La plupart des gens ont quitté leur travail pour aller vivre leurs rêves ou cèdent à la dépression. Alors lorsqu’un énième pendu est retrouvé dans les toilettes du McDo du coin, la tentation de classer l’affaire en suicide est grande. C’était sans compter sur l’inspecteur Henry Palace, qui n’a pas l’intention de céder aux sirènes de la fin du monde… Suicide ou meurtre déguisé ? Le jeune promu compte bien tirer cela au clair avant l’impact.

Si l’écriture est agréable et l’univers clairement réaliste, le roman compte quelques longueurs, l’enquête traine un peu avant de devenir addictive et s’accélérer sur la fin. J’ai aimé cette ambiance de fin du monde et le retour aux bases : plus d’internet, plus d’informatique, à peine quelques barres de réseau téléphonique. Seule l’intuition et la détermination peuvent être utilisées pour résoudre une enquête et Henry Palace ne manque ni de l’une ni de l’autre. Il m’a ainsi fait penser aux détectives old school à la Hercule Poirot ou inspecteur Columbo, avec ses petits cahiers de note et ses obsessions.

Malgré tout, c’est un personnage assez renfermé, qui ne se livre pas assez au lecteur, ce qui l’empêche d’être attachant.

Comme j’ai déjà la suite dans ma PAL, je vais de ce pas me rapprocher de la fin du monde et aller soutenir Henry, seul contre tous avec son intégrité si singulière au milieu du chaos.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Henry est un policier né. Sa vocation est réelle, il est clairement fait pour être inspecteur et s’il doit sa promotion à une désertion à cause de l’astéroïde, il est évident qu’il est fait pour ça. Alors que tous auraient baissé les bras et classé l’affaire, Henry s’obstine et il a raison. Ce caractère déterminé est le fil conducteur de l’histoire, la constante dans un monde qui s’effondre de jour en jour.

Ce polar à l’intrigue plutôt classique avec une enquête tout à fait traditionnelle devient singulier grâce à l’ambiance morose provoquée par l’arrivée de Maïa. Les gens se tournent vers la religion ou la drogue, ils plaquent tout pour vivre leurs rêves avant la fin… ou la provoquer, incapables de résister à la pression qui augmente de jour en jour. J’ai apprécié ces touches de rappel : parfois on est tellement pris dans l’enquête qu’on oublie le contexte mais une petite phrase ou la lecture du journal replace les choses dans leur environnement et change toute la perspective de lecture. Henry doit non seulement lutter contre les éléments extérieurs, les secrets de ses témoins/suspects mais aussi contre ses collègues qui ne le croient pas. A quoi bon enquêter sur un meurtre quand l’humanité est menacée ? Pour Henry, c’est justement exercer son humanité que de rendre justice à « sa » victime.

Avec la dissolution de la police telle qu’on la connaît, je me suis demandé ce que la suite pouvait apporter. Il reste cependant l’intrigue sous-jacente apportée par Nico : à quelle organisation appartient-elle ? Que cherchent-ils exactement ? Sans être fan de la théorie du complot, on ne peut que s’interroger sur leurs motivations. De plus, avec l’impact de plus en plus proche, on peut craindre un basculement du monde dans le chaos total. Henry parviendra-t-il à maintenir son intégrité ?

Réponse avec J-77 !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Que ferais-tu si la fin du monde était proche ?

Dis-le moi en commentaire.