reverRever de Franck Thilliez

Editions : Fleuve Noir

597 pages

Paru le 26 Mai 2016

Aperçu : « Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. »

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.

Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.

Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Mon commentaire général : A se perdre entre rêve et réalité…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Retrouve sa trace au fond de ta tête, Abigaël, et vite !» (p.492)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Il y a des choses qui ne changent pas avec les romans de Franck Thilliez : on sait quand on les ouvre mais jamais quand on arrivera à les refermer !

Rever fait partie de ceux-là. Grâce à une plume percutante et des chapitres courts, il est facile de tourner les pages et de se laisser entraîner dans les décombres de la mémoire d’Abigaël.

En effet, l’intérêt du livre tient à son héroïne, qui en plus d’être narcoleptique, a de gros troubles de mémoire dus au médicament qu’elle est obligée de prendre pour contrôler ses phases de sommeil. Elle cauchemarde plus qu’elle ne rêve et a du mal à distinguer rêve et réalité. Or quand on est la psychologue attitrée d’une enquête de kidnapping visant quatre enfants, il est conseillé de savoir démêler le vrai du faux…

Cela serait déjà suffisamment perturbant si Abigaël n’était pas l’unique survivante de l’accident qui a tué son père et sa fille, drame survenu dans des circonstances inexpliquées que la jeune femme est déterminée à éclaircir…

La trame pourrait être plutôt classique pour les amateurs de thriller si le récit n’était pas écrit de façon complètement non-chronologique. On pourrait aussi dire de manière décousue… En effet, l’histoire fait des bonds dans le temps sur une période de 6 mois. Un petit repère temporel en début de chapitre indique où se trouve dans la période en question. Par conséquent, il est facile de se sentir aussi perdu qu’Abigaël, on se sait plus quels évènements ont déjà eu lieu, comment on s’est retrouvé là ou au contraire, on sait des choses que les personnages n’ont pas encore vécues…

Si ce roman est très agréable à lire (et les notions psychologiques ont visiblement été creusées par un travail de recherche conséquent), ce n’est pour moi pas le meilleur de Franck Thilliez. Certains éléments sont assez faciles à deviner et il m’a manqué l’ambiance sombre qui accompagne usuellement les aventures de cet auteur.

C’est tout de même un bon thriller qui devrait plaire aux amateurs du genre et aux férus de psychologie.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

La destruction chronologique est l’atout principal pour noyer le lecteur dans la trame de l’histoire, sans quoi le récit paraitrait peut-être un peu simple par rapport aux très bons thrillers que j’ai déjà lus du même auteur.

En effet, il n’est pas difficile de comprendre qui est la victime mystère, ni de déchiffrer le code du père d’Abigaël, ni de douter des intentions de Frédéric…

Je devrais peut-être relire le livre dans l’ordre chronologique, comme conseillé par Franck Thilliez, pour voir si le mystère pourrait se résoudre plus vite, mais maintenant que je connais le nom du coupable, je n’y vois pas trop d’intérêt.

J’ai trouvé que la résolution arrivait rapidement, après nous avoir baladé sur 500 pages, et que le coupable était vite démasqué et neutralisé. Il m’aura aussi manqué l’ambiance glauque particulière que sait créer cet auteur (je pense notamment à Puzzle ou La chambre des morts qui m’ont vraiment fait frissonner) pour « vivre » cette aventure à 100%. En refermant le livre entre mes phases de lecture, je n’y pensais pas vraiment, je ne sursautais pas au moindre bruit. Bref, je ne me sentais pas complètement impliquée par l’histoire d’Abigaël. Cela vient peut-être de la construction du récit, si décousue qu’on ne peut pas se sentir totalement en phase avec l’héroïne.

Cela ne m’empêchera pas de me plonger avec plaisir dans le prochain roman de cet auteur que je considère toujours comme l’un des maîtres du thriller.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Veux-tu entrer dans les méandres de l’esprit d’Abigaël ?

Dis-le moi en commentaire.