les filles de roanokeLes filles de Roanoke de Amy Engel

Editions : Autrement

347 pages

Paru le 7 Juin 2017

Aperçu : Dans une petite ville du Kansas, les filles Roanoke sont enviées de tous. Belles, jeunes et riches, elles vivent avec leurs grands-parents sur le domaine familial, au coeur des champs de blé. Quand Allegra disparaît, après la fin tragique qu'ont connu Camilla, Penelope et Eleanor, toutes filles de la lignée Roanoke, sa cousine Lane part à sa recherche. Elle découvre de sombres secrets de famille.

 

 

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : Aussi lourd et poisseux que la chaleur estivale du Kansas…

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « En fait, c’est le meilleur et le pire secret. En même temps. » (p.145)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

On connaissait Amy Engel dans le style de la dystopie Young Adult avec l’excellent Book of Ivy que je te recommande de tout cœur si tu ne l’as pas encore lu mais c’est dans un nouveau genre qu’on la retrouve avec Les filles de Roanoke.

Ce thriller diablement efficace démontre toute l’étendue du talent de cette autrice qui sait manier les mots aussi bien que les ambiances.

On peut d’ailleurs dire que l’atmosphère est ici une partie prenante du roman, presque un personnage à part entière. Le mystère semble exacerbé par la chaleur poisseuse, sa lourdeur n’ayant d’égale que celle du poids des secrets de la famille Roanoke. Ayant grandi dans le Kansas, Amy Engel sait de quoi elle parle et ça se sent.

Même si un élément hyper important de l’intrigue est révélé dans les premières pages, on ne peut s’empêcher de lire, encore et toujours, pour savoir comment tout cela va se terminer

D’autant plus qu’il est facile de s’attacher à ces personnages qui ne veulent pourtant pas se laisser aimer, ce qui en fait leur marque de fabrique. Dans ce roman, rien n’est ce qu’il parait, les façades dissimulent beaucoup de non-dits et de secrets et c’est bien malgré eux qu’on finit par se laisser toucher par ces écorchés vifs malmenés par la vie, Lane, Allegra et Cooper en tête.

Le sujet abordé est glauque, à la limite du malsain, pourtant c’est avec fascination que je me suis laissée porter par cette histoire et par la plume d’Amy Engel, à la découverte du destin tragique des filles de Roanoke.

Quand une autrice est capable de passer d’un genre à l’autre avec autant de brio, on ne peut que la féliciter et la suivre de près. Vivement sa prochaine publication !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Que d’émotions ! Je suis passée par la tristesse, l’attendrissement, la colère, le dégoût, tout cela exacerbé à la fois par la plume fluide et juste d’Amy Engel et la chaleur qui sied à merveille à cette histoire à la limite de la nausée.

La façon dont l’inceste est ici abordée est terriblement dérangeante. Yates est un personnage à la fois fascinant par son charisme qui déborde des pages et repoussant par sa perversité. Quand on voit la facilité avec laquelle les filles de Roanoke tombent dans ses filets (et se persuadent de l’avoir fait de leur plein gré !)… Voilà un personnage complexe et machiavélique comme je les apprécie (même si je réprouve évidemment ses actions), qui séduit et met le lecteur mal à l’aise en même temps. De quoi garantir des sueurs froides…

J’ai d’ailleurs trouvé que l’inceste était révélé bien trop rapidement par Lane. On sait déjà de quoi il retourne alors que si le secret était gardé plus longtemps, cela ne ferait qu’épaissir le mystère pour le lecteur et lui donner du fil à retordre. C’est dommage car cela aurait pu rajouter à cette ambiance pesante qui règne sur Roanoke.

L’autre point fort de ce roman, ce sont ses personnages. Lane et Allegra sont attachantes, chacune à leur manière. Allegra m’a émue car j’ai eu beaucoup de peine pour elle. C’est une jeune femme d’un enthousiasme sans égal, qui aurait pu être pleine de vie dans un autre contexte. Elle transpire ses émotions à travers les pages et a laissé sa marque sur mon cœur comme une de ses gravures. A l’inverse, Lane s’est construite dans l’indifférence, voire la haine, de sa mère, et a donc appris à enfouir ses sentiments à l’intérieur. Elle parait donc plus froide, notamment avec Cooper, alors qu’elle éprouve des émotions très intenses mais ne sait juste pas les montrer.

En tout cas, même si on en devine beaucoup, ce roman m’a surprise à bien des égards et c’est avec une grande impatience que je guetterai les prochaines parutions d’Amy Engel.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Franchiras-tu le seuil de Roanoke ?

Dis-le moi en commentaire.