Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du second tome de la série Paranoïa. Si tu n’as pas lu le tome précédent, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur Paranoïa (tome 1).

 

miroirParanoïa, tome 2 : Miroir de Melissa Bellevigne

Editions : Hachette

396 pages

Paru le 4 Octobre 2017

Aperçu : Qui est vraiment Judy Desforêt ? Une jeune femme assiégée par la paranoïa et des hallucinations telles qu'elle en a perdu la raison jusqu'à vouloir se tuer ? Un esprit troublé qui aspire aujourd'hui à guérir et démarrer une nouvelle vie ? Est-elle victime d'un vaste complot ou bien une manipulatrice au discernement hors pair ? Qu'est-ce qui a pu pousser Lisa, psychiatre renommée, à baisser sa garde face à cette patiente délirante ? Aurait-elle manqué d'objectivité et de professionnalisme ? Epuisée par le bébé de Judy dont elle est devenue la tutrice légale, Lisa n'a plus aucune certitude sur ses conclusions et bascule dans la culpabilité.

Tandis que l'enquête sur l'agression de Judy piétine, apparaît subitement à Viryez un certain Alwyn Andrews. Le jeune homme correspond en tout point à la description qu'a donnée Judy de l'ami imaginaire qui la suit depuis sa petite enfance. Il dit la connaître, être amoureux d'elle, vouloir la revoir... Mais de nombreux doutes planent à son sujet, faisant de lui un suspect idéal. Qu'est-il vraiment arrivé à Judy et qui faut-il croire ? Où s'arrête l'hallucination et où commence la réalité ?

Mon commentaire général : Ce roman provoque des envies compulsives de lecture !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Judy m’avait toujours livré un récit empreint de fatalité : les évènements qu’elle avait vécus ou imaginés, tout était comme livré à la tristesse et au malheur, jusqu’à son histoire d’amour. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Oublie le fantastique ! Miroir se présente plutôt comme un thriller psychologique, plutôt pas mal d’ailleurs.

La preuve en est que passé les premiers chapitres, qui m’ont fait froncer les sourcils d’incompréhension, je n’ai plus réussi à le lâcher ! Il faut dire que le suspense est à son comble et que la plume est très fluide, ce qui ne fait qu’aider à tourner les pages de plus en plus vite, jusqu’à une fin pleine d’émotions qui m’aura fait monter les larmes aux yeux.

La multitude des points de vue apporte également un vrai plus. Cela permet de vivre l’histoire selon les nombreux personnages et de bien comprendre leurs positions vis-à-vis de Judy et de son histoire. Le récit qu’elle a raconté à Lisa est-il inventé de toutes pièces ? Mais si c’est le cas, qui est cet homme qui prétend s’appeler Alwyn et ressemble trait pour trait à l’ami imaginaire de la jeune femme ? Voilà ce que devra élucider Lisa, en pleine débacle maternelle, et ses confrères de l’Institut…

Même si l’escapade anglaise de Judy était pleine de rebondissements, j’ai clairement préféré ce tome, beaucoup plus ancré dans le réel et dans les mécanismes psychologiques. C’était tellement bien que je n’ai pas compris ce que venait faire l’épilogue, avec son indéniable composante fantastique, qui ne fait que relancer la machine des spéculations alors que le roman n’en a vraiment pas besoin pour se distinguer.

En tout cas, l’autrice aura réussi à me surprendre là où je ne m’y attendais pas, et ça, c’est toujours très agréable pour une lectrice compulsive comme moi !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

A la fin de Paranoïa, j’avais émis tout un tas de suppositions sur Judy et son incroyable histoire mais je n’aurais jamais pensé que son esprit malade avait tout inventé pour la protéger des horreurs de son passé et comme mécanisme de défense suite au départ d’Alwyn pour Caracas. On peut dire que Melissa Bellevigne m’aura bien baladée !

C’est très bien pensé et il est compliqué de deviner les choses avec les quelques éléments que l’on a à notre disposition. Cependant, la réaction de Lisa en apprenant qu’Alwyn est bien réel aurait pu être amplifiée si l’histoire de la rencontre de Judy et d’Alwyn ne nous était pas racontée si tôt. En effet, le lecteur aurait pu avoir la même surprise en le découvrant en chair et en os dans le bureau du commissaire face à Lisa. Dans ce cas, Alwyn aurait pu nous raconter leur rencontre dans le salon de thé, en même temps qu’à Lisa. Je dois bien avouer que je n’ai pas compris tout de suite d’où sortait ce récit, là où il est placé dans le roman, et que ça nous donne malheureusement une idée sur la véritable existence d’Alwyn (puisque la réceptionniste de l’hôtel le voit) …

Ceci dit, une fois qu’on réalise qu’Alwyn est réel, l’envie de savoir ce qu’il est vraiment arrivé à Judy devient prépondérante, jusqu’à la résolution, déchirante. A partir de là, j’ai souhaité de tout mon cœur que la jeune femme puisse retrouver le bonheur dans les bras d’Alwyn avec leur petit garçon. Cette fin pleine de beaux sentiments m’a fait terminer le roman avec les larmes aux yeux et mon petit cœur tout retourné.

Voilà pourquoi l’épilogue, qui nous présente Alwyn 200 ans dans le passé, n’a pas eu vraiment de sens pour moi, si ce n’est de m’embrouiller dans ma compréhension des évènements. Il me semble que cet ultime rebondissement n’était pas nécessaire. J’ai envie de rester sur les pages précédentes, avec l’image de Judy, Alwyn et Will enlacés, prêts à reprendre leur vie du bon pied, et surtout ensemble.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Chercheras-tu la vérité à propos de Judy ?

Dis-le moi en commentaire.