sur tes yeuxSur tes yeux de Irène Cao

Editions : JC Lattes

379 pages

Paru le 3 Janvier 2014

Aperçu : Si on pouvait capturer le plaisir, Elena le ferait avec les yeux. Âgée de vingt-neuf ans, d’une beauté innocente mais radieuse, elle ignore encore ce qu’est la passion. Son monde est fait d’art et de couleurs – celles de la fresque qu’elle restaure à Venise, la ville où elle a vu le jour – jusqu’à sa rencontre avec Leonardo, un chef cuisinier de renommée internationale. En entrant dans sa vie, celui-ci emporte tout sur son passage : son histoire d’amour naissante avec Filippo, l’idée qu’elle s’est toujours faite d’elle-même et, surtout, sa façon de vivre les plaisirs de la chair. Leonardo, qui vient de s’installer dans le palais où elle travaille, s’apprête à lui ouvrir les portes d’un paradis inexploré, dont lui seul possède les clés. Il sait que le plaisir doit conquérir tous les sens et va initier Elena à une condition : qu’elle ne tombe jamais amoureuse de lui. Mais comment résister au magnétisme de cet homme et au tourbillon des sens qu’il éveille en elle ?

 

Mon commentaire général : Dommage…

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Tu n’aimerais pas découvrir ce qui se cache au fond de tout ce qui nous entoure ? »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est une chronique assez difficile à écrire pour moi. En effet, j’ai beaucoup aimé ce roman… jusqu’à la moitié. Puis j’ai déchanté.

Parlons tout d’abord de ce qui m’a plu.

En ouvrant ce livre (dont la couverture est vraiment jolie avec ce jeu de couleurs), j’ai été transportée à Venise, à la façon dont les Vénitiens le vivent. Transportée est le mot exact car la plume est tellement agréable (à part quelques mots manquants ou expressions farfelues que je ne sais imputer à la traduction ou à l’édition de l’exemplaire en question), les descriptions à la fois des bâtiments ou de l’ambiance si réalistes, que je m’y suis crue. J’ai suivi Elena dans la restauration de sa fresque et j’ai presque vu les couleurs de mes propres yeux. J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur le travail de restauration des œuvres d’art.

Pour sa part, Elena est une jeune femme discrète, dévouée à son travail, qui vit une « relation » toute mignonne avec un ami de fac. Je me suis attachée à elle car c’est une jeune femme normale, sans traumatismes, juste celui de la timidité.

Pendant les 150 premières pages, tout va bien donc

Mais ça, c’était avant.

Avant qu’Elena ne se jette dans les bras de Leonardo et qu’elle n’en oublie sa personnalité et ses convictions. Qu’on soit folle amoureuse, obsédée par une personne, bouleversée par une attirance telle qu’on en a jamais connue, je veux bien le comprendre. Qu’on renie sa personnalité et ses valeurs, je ne peux pas l’accepter.

Pourtant, tout était là pour en faire un très bon roman. Quand on a une ambiance comme celle de Venise, une plume aussi riche, je trouve ça dommage d’annihiler complètement son personnage féminin pour les beaux yeux d’un homme.

Par conséquent, je ne continuerai pas cette série et je le regrette réellement.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Quand je dis que c’est dommage je le pense réellement.

D’ailleurs, c’est ce que je retiendrai de ce roman. Qu’il a failli être un bon roman à mes yeux, tellement j’y ai cru sur la première moitié.

J’ai compris qu’Elena soit plus attirée par Leonardo que par Filippo, trop lisse. Leonardo représente le contraire de sa personnalité. Il a le grain de folie, l’hédonisme, une façon de jouir de l’instant présent qu’Elena ne connait pas et qui l’attire, tout comme le goût de l’interdit.

Par contre, je ne peux pas concevoir qu’on abandonne toutes ses valeurs pour un homme, aussi dominant soit-il. Elena ne boit pas d’alcool : pour lui, elle est prête à se saouler. Elle est végétarienne mais ne proteste qu’une minute avant d’accepter de manger des huitres et de la viande ! Mais où est le respect là-dedans ? Leonardo n’a-t-il aucune considération pour Elena ? (spoiler : réponse = non ) Elena n’a-t-elle aucun amour propre ? (réponse = non, là encore). Il suffit de la voir accourir comme un petit chien à chaque fois que Leonardo l’appelle alors qu’il l’a jetée sans ménagement la fois précédente.

Leonardo est un personnage détestable, incapable de sentiments ou de respect, suffisant et hautain.

Et puis j’ai été profondément choquée par l’absence de mention de contraception ou de préservatifs dans le roman. Que ce genre de considérations ne soient pas sexy, je veux bien l’admettre, mais il me parait inconcevable de ne pas en parler, surtout quand on a des personnages comme Leonardo qui couchent à droite et à gauche…

Pour moi qui aime les personnages féminins forts, Sur tes yeux ne pouvait pas combler mes attentes, pas avec une héroïne comme Elena qui oublie tout ce qu’elle est pour un homme qui n’hésite pas à la quitter à la moindre mention de sentiments.

Je trouve que ce roman ne donne pas une bonne image de la femme ni des relations amoureuses et je ne peux le cautionner.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Veux-tu suivre Elena à Venise ?

Dis-le moi en commentaire.