passengerPassenger d’Alexandra Bracken

Editions : Milan

478 pages

Paru le 22 Février 2017

Aperçu : À New York de nos jours, Etta s’apprête à jouer du violon pour un gala au Metropolitan Museum. En coulisses, elle tombe dans un couloir du temps qui la conduit sur un navire dans l’océan Atlantique en 1776. Elle y rencontre Nicholas, qui la suivra à New York en 1776, puis à Londres en 1940 avant Angkor en 1685, Paris en 1880, en passant par les ruines de Palmyre et Damas en 1599. Chaque lieu, chaque époque leur permet de trouver un indice dans leur quête de l’astrolabe, et de se rapprocher un peu plus.

Etta comprend peu à peu qu’elle appartient à la grande famille des voyageurs dans le temps, et qu’elle doit affronter le terrible Cyrus Boisdefer, qui manipule le temps à différentes époques pour mieux servir ses intérêts.

 

 

Mon commentaire général : +1 pour l’idée, -1 pour la romance, match nul…

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : « Ce dont ils étaient capables, ce pouvoir qu’ils possédaient, avait quelque chose d’exaltant, d’absurde, de terrible et de merveilleux à la fois. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Je découvre Alexandra Bracken avec Passenger et ce que je peux déjà dire, c’est que je regrette de ne pas l’avoir lue plus tôt !

J’ai beaucoup aimé sa plume, à la fois très entrainante et jolie, avec de belles tournures et des descriptions bien écrites qui rendent le récit terriblement juste.

J’ai aussi beaucoup apprécié l’univers qui a été pensé dans ses moindres détails. L’auteure n’a rien laissé au hasard et a réussi à imposer sa façon de voir dans le thème pourtant déjà très exploité des voyages dans le temps. On croit à cette nouvelle mythologie et l’auteure sait expliquer chacune de ses trouvailles.

Les personnages ont aussi été bien construits. Il n’y a pas vraiment de personnages manichéens, chacun agissant à cause de raisons qui lui sont propres et qu’on peut comprendre ou pas, mais en tout cas, chacun recèle ses propres tourments, secrets, trahisons, blessures, qui rendent ces personnages humains.

Le seul souci de ce livre vient de la romance, exemple même du fameux « instalove », qui prend parfois – et quand je dis parfois, je veux en fait dire souvent – beaucoup de place. J’ai bien compris qu’Etta avait la peau douce, que Nicholas avait des épaules larges et des muscles saillants, qu’ils sont beaux et sont terriblement attirés l’un par l’autre, même au beau milieu de la jungle, entourés par les serpents et les tigres… Bref, on l’aura compris, ils s’aiment.

Je veux aussi pousser un petit coup de gueule vis-à-vis de cette couverture qui, si elle est purement magnifique, est aussi extrêmement fragile ! La dorure n’est vraiment pas faite pour résister à la lecture (et vu sa position, c’est difficile de ne pas poser les doigts dessus quand on lit) et s’étiole au fur et à mesure… Je ne sais pas si c’est juste mon exemplaire qui est défaillant ou s’ils sont tous comme ça, mais c’est dommage…

Néanmoins, avec la fin trépidante que nous propose l’auteure, j’ai bien envie de connaître la suite et surtout de sortir sa première série, Les insoumis, de ma PAL !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il y a un autre point qui me semble important à aborder. Dans ce genre de roman, avec des énigmes qui mènent d’un endroit à un autre à la poursuite d’un objet caché, le résultat n’est pas le seul intérêt : la quête aussi en est un et permet souvent aux personnages d’évoluer ou de prendre conscience de certains aspects de leur monde ou de leur personnalité. C’est le cas ici aussi puisqu’Etta comprend que chaque destination choisie par sa mère ne l’a pas été au hasard. Elle lui raconte ainsi une partie de sa vie.

Alors pourquoi nous annoncer dès le départ les destinations ? Il suffit de retourner le livre pour en prendre connaissance ! ça gâche selon moi une partie du mystère…

Si c’était le seul défaut du livre, j’aurais bien évidemment passé sur ce détail mais il y a parfois un problème de rythme avec de longues digressions sur le passé de tel ou tel personnage qui coupe l’action présente (enfin tout autant que peut l’être une action qui se déroule dans le passé) et surtout il y a cette romance, tellement prédominante qu’elle pourrait être un personnage à part entière.

Etta et Nicholas tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre et sont obnubilés par leur présence respective, jusqu’à en oublier le danger et le monde qui les entoure ! Je veux bien croire qu’il est difficile de résister à une puissance attraction entre deux personnes. Mais quand vous êtes poursuivis par des ennemis, au beau milieu d’une quête millimétrée, il n’y a pas vraiment de temps pour le badinage…

C’est dommage car l’auteure a vraiment bien bossé le contexte historique, a été capable de restituer d’une manière qui semble crédible des lieux géographiques et des moments historiques (je garde un souvenir excellent de la description de Londres sous les bombes) et a vraiment bien pensé son concept de voyage dans le temps, donnant des réponses plausibles à des questions qu’on pourrait se poser (les changements de chronologie, la possibilité de se croiser soi-même…), ce qui montre qu’elle a pris la peine de poser des bases solides pour son histoire.

Sans cette romance omniprésente (la même, moins prépondérante, m’aurait parfaitement convenue), je pense que Passenger pourrait figurer dans ma liste des livres à relire, juste pour voir si les relectures apportent un éclairage différent. Là je n’ai juste pas envie de relire encore une fois que Nicholas sent bon…  Je pense quand même lire la suite, même si parait paradoxal, car je me dis que la séparation géographique et temporelle d’Etta et Nicholas va peut-être mettre l’accent sur l’astrolabe et l’intrigue qui sous-tend, c’est-à-dire les éléments vraiment intéressants de cette histoire…

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Veux-tu emprunter les passages temporels ?

Dis-le moi en commentaire.