de l'autre côté du murDe l’autre côté du mur d’Agnès Marot

Editions : Le Chat Noir collection Cheshire

302 pages

Paru en septembre 2013

Aperçu : Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu'elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.

Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?

Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ?

Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l’autre côté du mur…

Mon commentaire général : encore une réussite!

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Nous sommes pris au piège entre ces murs comme nous l’étions de notre ignorance, et nous devons leur obéir pour alimenter leur monde servile jusqu’à la fin de nos jours. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’ai découvert Agnès Marot avec I.R.L. que j’avais beaucoup aimé et j’avais envie de lire les autres écrits de cette auteure si gentille et talentueuse.

C’est pourquoi je me suis plongée dans ce roman qu’on m’avait tant conseillé, De l’autre côté du mur, premier roman de l’auteure.

J’y ai retrouvé sa magnifique plume, encore plus poétique, et sa sensibilité qui se ressent profondément dans ses personnages, tous attachants.

Si j’ai trouvé le début un peu confus, j’ai très rapidement été enchainée à ce récit, pressée de savoir comment les évènements allaient tourner. C’est parfois poétique, parfois cruel, parfois tout ça à la fois, mais ça marche tellement bien !

Le côté dystopique du roman est bien amené et expliqué, même si l’opposition entre les « opprimés » et les « méchants » est un peu manichéenne. Ceci dit, ce livre est parfaitement adapté à sa cible young adult qui devrait largement y trouver son compte.

Au-delà de l’aspect science-fiction, il y a bien évidemment une jolie romance, pour faire battre nos petits cœurs plus fort.

Beaucoup de sentiments se succèdent dans ce livre et on ressort de ce voyage de l’autre côté du mur avec une seule envie : y retourner !

Dire que je guette les prochaines publications d’Agnès Marot serait donc l’euphémisme du siècle !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

J’ai beaucoup aimé la façon qu’a Agnès Marot de nous impliquer dans l’Art, avec une majuscule, et dans le processus de création à proprement parler. Sibel est une artiste, dont les sentiments s’expriment par le corps et la danse et je trouve que cet aspect était particulièrement bien exprimé dans la scène où Sibel danse pour les Maîtres après le départ d’Aslan.

Ce roman parle aussi de choix, du fait que chacun devrait être libre de choisir sa destinée et non de se plier à une quelconque volonté extérieure. Si Sibel semble parfaitement à sa place en tant que danseuse, ce n’est pas le cas d’Aylin qui serait plus heureuse du côté des hommes ! Et je ne parle évidemment pas de ceux qui sont obligés de travailler en coulisses, même si finalement, ils ont finalement plus de libertés que ceux qu’ils servent, en tout cas, au moins celle d’aimer.

C’est un monde riche que nous propose l’auteure et en refermant ce roman, j’ai l’impression de l’avoir à peine survolé, ce qui me génère un petit sentiment de frustration. On dirait qu’il y a plus à creuser qu’une simple distinction Art-Science car les deux sont intiment mêlés. Il n’y aurait pas de grandes inventions scientifiques sans créativité, de même que l’art répond lui aussi à des représentations scientifiques.

On ne peut également que se demander ce qu’il va arriver aux habitants du « monde » maintenant qu’ils sont libres. De quoi le reste du monde, le vrai, est-il fait ? Comment s’adapteront-ils ?

Les évènements et considérations de l’épilogue sont tellement proches de celles du reste du roman que j’ai eu du mal à croire qu’il se passait un an et non un mois après la fuite. Il m’aura en tout cas manqué davantage de réponses et de pistes pour que mon imagination puisse prendre le relais.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Veux-tu passer de l’autre côté ?

Dis-le moi en commentaire.