frankensteinFrankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

Editions : France Loisirs

253 pages

Paru en 1994 (première parution en 1818)

Aperçu : Victor Frankenstein ! C'est l'inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d'un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d'un chêne... Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l'alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l'horrible créature faite d'un assemblage de cadavres ! L'œuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d'une force surhumaine et conscient de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D'esclave qu'il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui... Pour Frankenstein, l'enfer est à venir...

 

 

Mon commentaire général : un classique très moderne !

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : « Créateur maudit ! Pourquoi avez-vous formé un monstre si hideux que vous-même, vous vous détournez de lui avec dégoût ?»

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Pour bien commencer mon « halloctober » (challenge d’octobre qui consiste à lire un maximum de livres ayant un rapport avec Halloween), j’avais très envie de découvrir ce grand classique de la science-fiction et de la littérature horrifique.

C’est un roman complexe à lire et malgré ses 253 pages (dans l’édition que j’avais sous la main), il m’a fallu plusieurs jours pour en venir à bout. C’est dû en grande partie au style d’écriture du XIXe siècle : très pompeux, avec de nombreuses descriptions et digressions, beaucoup de répétitions… Si bien que pendant une grande partie du livre, je me suis ennuyée…

Malgré tout, il est très intéressant de découvrir la destinée maudite de Frankenstein (le créateur et non la créature, qui n’a en fait pas de nom), génie des sciences, qui découvre le mystère de la vie et décide de créer de toutes pièces un être humain, pour la science. Mais dépassé par sa créature, Frankenstein fuit, le monstre à ses trousses…

Ce roman, écrit il y a presque 200 ans, soulève pourtant des thématiques toujours actuelles : le regard d’autrui, le jugement face à la différence, la responsabilité des parents envers les actes de leurs enfants… En ça, ce livre est résolument moderne et c’en est bluffant.

En résumé, malgré son style peu abordable, ce fut une agréable découverte pour moi. Avec les nombreuses adaptations qui ont été faite de cette œuvre intemporelle, il est toujours bon de revenir à la source du mythe et je suis bien contente de m’être fait ma propre opinion.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

A l’ouverture du livre, je me suis trouvée plutôt décontenancée. Je ne m’attendais pas du tout à la correspondance entre un personnage inconnu et sa sœur et je me suis demandée où j’allais… Puis tout prend sens quand commence le récit de Victor Frankenstein.

Il est intéressant de découvrir comment le jeune homme, d’une intelligence hors norme, en vient à assembler des morceaux de cadavres pour créer un être de toute pièce et lui insuffler la vie.

A partir de là, tout s’enchaine, dans un déluge de sentiments contradictoires pour le lecteur. D’un côté, on ne peut que trouver cruelle l’attitude de Victor, qui après avoir éveillé sa créature la laisse dans la nature, par peur de son apparence horrible. Et en même temps, on se demande si nous aussi n’aurions pas la même attitude devant tant de laideur.

Le plus contradictoire, c’est qu’en découvrant les pensées du « monstre », on se rend compte qu’il n’en est justement pas un. Souvent représenté comme un être hideux et stupide dans le folklore, la créature est en fait tout le contraire (enfin pour l’apparence, c’est vrai) : c’est un être intelligent, doué d’émotions profondes et surtout d’une envie de reconnaissance et d’amour très développée, presque comme le nouveau-né qu’il est.

D’un côté, on comprend donc sa haine pour son créateur qui lui refuse cette reconnaissance et pour le genre humain en général qui le rejette à cause de sa différence, et d’un autre, on ne peut qu’être horrifié par sa vengeance terrible.

Pourtant à la toute fin, on comprend que malgré tout, la créature ressent un peu d’amour pour son créateur, tant elle est bouleversée par la mort de celui dont elle a pourtant juré la perte. Le rapport entre ces deux personnages, entre la haine et la fascination, est tout simplement captivante.

A mon avis, Frankenstein est une œuvre à découvrir, et s’il faut passer outre la difficulté pour en venir à bout, on découvre un récit résolument moderne et prenant.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Assisteras-tu à la naissance de la créature?

Dis-le moi en commentaire.

ABC 2016