bird boxBird Box de Josh Malerman

Editions : Calmann-Lévy

372 pages

Paru le 17 septembre 2014

Aperçu : La plupart des gens n’ont pas voulu y croire. Les incidents se passaient loin, sans témoins. Mais bientôt, la menace s’est rapprochée, a touché les voisins. Ensuite, Internet a cessé de fonctionner. La télévision et la radio se sont tues. Les téléphones ne sonnaient plus. Certains, barricadés derrière leurs portes et leurs fenêtres, espéraient pouvoir y échapper.

Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui s’est abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’œil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille. Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés.

Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

Mon commentaire général : frissons garantis !

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : « Y a-t’il un moment […] où les nuages dans le ciel se dépouillent de toute réalité, où l’unique chose existante devient le tissu noir de leur bandeau ? »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Nuit blanches et sueurs froides à prévoir !

Bird Box s’inscrit dans le genre des romans à ambiance et s’en sort remarquablement bien. On angoisse, on tremble, on craint une menace qu’on ne voit jamais, et pour cause.

Le monde a été plongé dans le chaos par des créatures dont la simple vue suffit à faire basculer dans une folie meurtrière et suicidaire. Bientôt, chacun se retranche derrière ses fenêtres barricadées, condamné à se terrer à l’intérieur pour ne jamais poser le regard sur ces êtres dont personne ne sait rien. Malorie, le personnage principal, a la chance (et le courage) de trouver une colonie de survivants qui l’accueille dans la sécurité de leur habitation. Mais le danger n’est jamais bien loin, parfois même beaucoup plus proche qu’ils ne l’imaginaient…

Le lecteur devient tout aussi prisonnier de ce huis-clos étouffant, aspiré dans l’horreur de la situation et la curiosité le force à tourner les pages encore et encore. Car le récit alterne des chapitres présentant les évènements du passé (au début du « Problème »), à des chapitres se déroulant quatre ans plus tard où Malorie tente de fuir la maison accompagnée de deux enfants. Que s’est-il passé entre ces deux moments ? C’est bien là toute la question qui m’a tenue en haleine…

La plume de Josh Malerman est très efficace, et malgré les scènes plutôt gores, j’ai tout de même réussi à lire, bien trop embarquée par l’histoire pour envisager ne serait-ce que poser le livre.

Il m’aura tout de même manqué un peu plus d’explications sur les personnages, plus d’émotions, pour pouvoir réellement m’attacher à eux. J’ai bien évidemment ressenti leur peur mais je pense que même dans un monde apocalyptique, ce n’est pas le seul sentiment qui peut lier des êtres humains. Il m’a aussi manqué un côté maternel à Malorie.

Malgré tout, c’est un excellent roman horrifique que je recommande à tous les amateurs du genre. Si tu aimes les films comme « Les Autres », ce roman est fait pour toi.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Après avoir refermé ce livre, je me suis rendu compte qu’au final, on ne sait absolument rien de ces créatures. Que veulent-elles ? D’où viennent-elles ?

C’est au lecteur de se faire sa propre opinion et d’imaginer ce qu’il veut.

C’est extrêmement frustrant dans un sens mais c’est aussi là que j’ai réalisé que Josh Malerman avait réussi à me faire craindre des créatures dont je ne sais rien. Et c’est là toute la force du récit. Sans jamais les voir, le lecteur n’a d’autre choix que d’en avoir peur.

J’ai d’ailleurs ressenti une frayeur monumentale lors de la scène de la rivière où l’une d’entre elle veut enlever son bandeau à Malorie. J’ai imaginé l’autre dans mon dos pendant la scène de l’accouchement (et j’ai très mal dormi la nuit qui a suivi…).

Ceci dit, comme je le disais plus haut, la peur est la seule émotion que j’ai ressentie. Je n’ai pas éprouvé de sympathie pour les personnages : je ne les connais pas assez. Je ne sais pas ce qu’ils faisaient dans la vie avant. Je ne connais pas leur âge. Je sais à peine à quoi ils ressemblent (je me souviens que Malorie est brune et Tom blond-roux, les autres, je n’en ai aucune idée…). Et donc je ne peux pas m’attacher à eux, ce qui fait que si j’ai globalement aimé ce livre, je ne peux pas avoir un coup de cœur pour un récit où je suis incapable de ressentir avec les personnages.

En tant que mère, Malorie est beaucoup trop froide. Je comprends qu’elle ait été obligée d’élever durement ses deux enfants, le monde où elle vit ne lui en laisse pas le choix. Mais elle n’a jamais un geste affectueux pour eux. Elle ne leur a même pas donné de prénom ! Et quelque part, en tant que maman moi-même, je n’arrive pas à le concevoir. Ça me dérange.

Je crois que cette froideur globale des personnages, même si on pressent qu’il pourrait y avoir plus que de l’amitié entre Malorie et Tom, est le « moins » de ce roman. C’est vraiment dommage parce que c’est le seul élément qui manque pour en faire un roman exceptionnel.

Malgré tout, Bird Box me fera frissonner encore longtemps et je ne suis pas prête de retrouver la sérénité de mes nuits

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Survivras-tu aux créatures ?

Dis-le moi en commentaire.