le secret de l'immortelleLe secret de l’immortelle d’Alma Katsu

Editions : Pocket

568 pages

Paru le 15 mai 2014

Aperçu : Luke Findley est médecin à St Andrew, une ville perdue du nord de l’État du Maine. Divorcé, orphelin depuis peu, il est plutôt déprimé. Ce soir-là, quand il prend son service à l’hôpital, il s’attend à une nuit comme les autres, où il soignerait de petites blessures causées par des incidents mineurs ou des disputes domestiques. Mais au lieu de cela, Lanore McIlvrae entre dans sa vie – et le transforme pour toujours. Car Lanny est une femme au passé chargé… Son histoire, où l’amour se mêle à la trahison et transcende la mortalité, a commencé au début du XIXe siècle dans une petite communauté puritaine au nord du Maine. Là, à douze ans, Lanny a décrété que Jonathan, d’une beauté exceptionnelle, sera l’homme de sa vie.

Séduction, obsession, passion, décadence, perversité et brutalité, la vie de Lanny traverse les siècles sans parvenir à apaiser ses démons…

 

Mon commentaire général : l’éternité n’est pas un long fleuve tranquille

Ma note : 8/10

La citation qui résume tout : «J’étais frappée par la malédiction de Jonathan, prisonnière de sa terrible attraction, et nous étions tous deux condamnés à en souffrir.»

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Le secret de l’immortelle est le premier tome d’une trilogie où le surnaturel et l’étrange sont les maitres mots.

Le roman met en scène des immortels certes, mais point de vampires comme on pourrait le croire au premier abord. D’ailleurs, le commentaire de Cosmopolitan qui orne la couverture n’a absolument rien à voir avec le roman (« Une saga à la Twilight pour adultes ! », c’est bien pour les adultes mais je ne comprends pas la référence à Twilight…).

Le récit, à moitié au présent, à moitié dans les années 1810, nous raconte la vie de Lanore, faite d’amour, de déceptions, de brutalité, de violence. C’est une plongée historique très intéressante, servie par une jolie plume.

Néanmoins, le roman souffre d’un manque de rythme et de longueurs qui ne lui rendent pas service. Les retours au présent n’apportent rien, puisque tous les évènements intéressants se déroulent dans le passé. Par conséquent, le personnage de Luke, qui n’intervient que dans le présent, n’a pas d’intérêt autre que recueillir les confidences de Lanore…

D’autre part, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Certains sont trop machiavéliques, ou trop effacés, trop suiveurs ou trop égoïstes.

C’est un roman qu’on pourrait qualifier de roman d’atmosphère car au final, il ne se passe pas grand-chose, mais l’ambiance, sombre et torturée, est intéressante, bien qu’un peu trop sous-développée.

En conclusion, Le secret de l’immortelle présente un univers original mais le roman aurait gagné à se voir alléger qu’une bonne centaine de pages. La fin ne présente pas de cliffhanger insoutenable (même s’il n’est pas difficile de deviner de quoi parlera la suite), faisant qu’il est possible de s’arrêter là si on le souhaite. Je pense néanmoins que je lirai la suite un jour, pour voir comment Alma Katsu fait évoluer ses personnages.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Le véritable attrait de ce roman c’est l’immortalité en elle-même. Que faire de sa vie quand le temps n’est plus une fatalité ? Que faire de ce temps quand on est lié à un être aussi malfaisant qu’Adair ?

Au final, la magie de l’immortalité n’est pas expliquée et ne le sera probablement pas (car Luke a éliminé la seule chance de savoir). Au lecteur d’imaginer ce qu’il a envie.

Néanmoins, on peut supposer que le corps humain n’est pas fait pour supporter cette immortalité. Sinon pourquoi Adair voudrait-il changer de corps ?

Beaucoup de question non résolues mais qui ne sont pas essentielles à la trame du récit qui a choisi de s’attacher à Lanny et à la façon dont elle a fait ses débuts dans cette vie d’immortelle.

Personnellement, je n’ai pas réussi à m’attacher pour le personnage de Lanny. Aveuglée par son attirance pour Jonathan, à qui elle passe tout, elle finit par tomber entre les mains d’Adair et de ses sbires, à qui elle laisse faire d’elle ce qu’ils veulent. Lanore a trop peu de caractère. Elle se laisse manipuler facilement, elle ne fait rien de sa vie… Jusqu’à ce que Jonathan la quitte et qu’elle soit obligée de se débrouiller toute seule ! Malgré tous ses malheurs, je n’ai pas éprouvé de sympathie pour Lanore, trop passive.

De l’autre côté, Jonathan est un personnage que je n’ai pas non plus apprécié. Servi par sa beauté hors du commun, Jonathan est un être égoïste qui ne pense qu’à sa jouissance. C’est pourquoi Adair n’a pas tellement tord quand il prétend qu’ils se ressemblent.

Concernant Adair, sa cruauté en fait un personnage sur la brèche mais celle-ci n’est jamais expliquée. Le vieux médecin est-il juste un sadique qui aime infliger la souffrance à ses suiveurs ? Ou y a-t-il une autre raison ? J’aime les personnages plus complexes. On croirait qu’il est juste méchant pour le plaisir de l’être.

Les autres personnages secondaires n’ont pas vraiment d’utilité ni d’intérêt. Alejandro est juste bon à répéter les secrets, Tilde à ramasser des filles dans la rue, Donatello est le beau gosse de service, Uzra ne sert qu’à dévoiler la cache à Lanny et Luke n’est au final qu’un chauffeur.

L’ambiance est sombre et cruelle mais aurait pu être mieux développée. Sans entrer dans des détails trop gores, l’auteure aurait pu alourdir l’atmosphère en nous faisant ressentir la peur des compagnons d’Adair. Je n’ai pas tremblé comme j’aurais pu (et dû, vu comment ils sont traités).

Si je lirai la suite, c’est parce que je suis curieuse de savoir comment Adair réagira quand il s’évadera de sa prison (car ça sera certainement le cas…).

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Crois-tu que l’immortalité soit un cadeau?

Dis-le moi en commentaire.