U4 stéphaneU4 : Stéphane de Vincent Villeminot

Editions : Nathan

383 pages

Paru le 27 août 2015

Aperçu : Cela fait 10 jours que le virus U4 accomplit ses ravages. Plus de 90% de la population mondiale est décimée. Les seuls survivants sont des adolescents. L’électricité et l’eau potable commencent à manquer, tous les réseaux de communication s’éteignent. Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous. Parviendront-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?

Stéphane est la fille d'un célèbre épidémiologiste lyonnais. Convaincue qu'il a survécu à l'épidémie, elle ne veut pas rejoindre le groupe d'adolescents qui s'organisent pour survivre. Si son père ne revient pas ou si les pillards qui contrôlent le quartier arrivent avant lui, son dernier espoir résidera dans un rendez-vous fixé à Paris.

 

Mon commentaire général : je suis vaccinée à U4

Ma note : 6/10

La citation qui résume tout : «Une épidémie pareille, c’est une situation de guerre.»

Mon avis (garanti sans spoiler) :

U4 est le phénomène littéraire de la rentrée 2015 : 4 romans, 4 personnages, 4 auteurs, à lire dans l’ordre que l’on veut.

J’ai tendance à me méfier des phénomènes littéraires car j’ouvre ce genre d’ouvrages avec beaucoup d’attentes et j’ai souvent peur d’être déçue, comme ce fut le cas avec l’histoire de Stéphane.

L’univers est pourtant intéressant, même s’il n’est pas original. Un virus a tué 90% de l’humanité, sauf les adolescents, qui doivent s’organiser pour survivre. Le contexte est bien mis en place : la loi martiale, les couvre-feux, le besoin de maintenir l’ordre avant le respect des individus, l’urgence médicale, c’est très bien décrit et on y croit. J’ai vraiment été transportée dans cet univers post-apocalyptique.

Cependant, je n’ai pas accroché avec le personnage de Stéphane, qui est une fille malgré son prénom. Je l’ai trouvée froide, égoïste parfois, trop centrée sur le fait de rejoindre son père, un brillant épidémiologiste qui a été évacué au début de l’épidémie pour trouver un remède. Le style était aussi étrange, bien trop soutenu pour une adolescente aussi intelligente soit-elle. Ceci dit, dans ce monde où les moins de 18 ans doivent se débrouiller seul, les étudiants en première année de médecine sont tout à fait capables de s’occuper des urgences médicales, voire de trouver tout seuls quelle est l’origine de la résistance des 13-18 ans au virus…

Le roman souffre aussi de pas mal de longueurs, de répétitions dans l’action, ou alors c’est juste moi qui n’étais plus dedans.

Je ne m’attendais pas à croiser les trois autres personnages qui font l’objet d’un roman à leur tour, qui m’ont pour le coup paru plus sympathiques que Stéphane, Yannis en tête. Je ne sais pas s’il y a pour moi un intérêt à lire leurs histoires car je sais déjà pas mal d’éléments après cette lecture. Je donnerai probablement sa chance à Yannis car le roman est déjà dans ma PAL.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce qui fait la force de ce roman, c’est le contexte. J’aime beaucoup les survival. Le fait d’être démuni de tout pousse les personnages dans leurs retranchements, ils doivent trouver la force de continuer, souvent en évoluant de façon dramatique, pour leur survie.

Le seul qui agisse selon ce modèle, c’est Marco, qui s’est transformé par la force des évènements, prêt à tout, même à tuer de sang-froid, pour vivre un jour de plus.

Stéphane se laisse beaucoup plus porter par les autres. Sans Marco et Yannis, elle ne serait probablement pas allée bien loin, ce qui n’aurait pas été très grave car elle aurait alors pu rejoindre son père plus tôt. Je n’ai pas eu l’impression que Stéphane évolue pendant son périple. Le seul changement pour elle est qu’elle a découvert la mort de sa famille et qu’elle va devoir faire son deuil.

En comparaison, Jules, Kori et surtout Yannis, m’ont semblés plus intéressants, avec des caractères plus complexes. Je m’interroge néanmoins sur l’utilité de lire les romans qui leur sont réservés. En refermant l’histoire de Stéphane, je sais déjà que Jules et Kori ont trouvé la communauté. Je ne sais rien des évènements du 24 décembre mais ça ne me semble pas le point culminant de l’histoire. Concernant Yannis, la seule inconnue est son périple avant qu’il ne rencontre Stéphane.

Je pensais sincèrement que les quatre romans étaient complètement indépendants et donc que la lecture de l’un ne spoilerait pas les autres. De ce côté-là, je suis un peu déçue car je ne vois plus l’intérêt des autres histoires, ou peut-être simplement de voir comment trois autres auteurs ont traité le même contexte.

Si je n’avais pas déjà Yannis en ma possession, je crois que je ne me poserais pas la question : j’arrêterais là.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Oseras-tu te confronter au virus U4?

Dis-le moi en commentaire.

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