Ami Lecteur, il s’agit de la chronique du deuxième tome de la série Kushiel. Si tu n’as pas lu le tome précédent, ça va forcément spoiler pour toi et ça serait dommage. Je te renvoie donc si besoin à mon billet sur La Marque (tome 1) qui fut un de mes coups de cœur !

kushiel l'élue

Kushiel, tome 2 : L’Elue de Jacqueline Carey

Editions : Bragelonne

696 pages

Paru en 2009

Aperçu : Vendue par sa mère alors qu'elle n'était qu'une enfant, Phèdre nó Delaunay a appris l'histoire, la théologie, la politique, les langues étrangères et les arts du plaisir, sous l'égide d'un brillant mentor qui, seul entre tous, a su reconnaître la marque rouge ornant son œil - le signe de Kushiel qui lui vaut d'éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance - afin de devenir une courtisane accomplie... mais aussi une espionne de talent. Ayant déjoué, au prix de nombreux sacrifices, un complot menaçant d'engloutir sa patrie, elle doit de nouveau affronter les nombreux ennemis qui menacent le royaume. Car, si le peuple d'Angelin aime la jeune reine sur le trône, d'autres dans l'ombre ne pensent qu'à lui ravir la couronne... Et les comploteurs qui sont parvenus à échapper à la colère des puissants ont plus que jamais soif de pouvoir et de vengeance ! Récit plein de grandeur, de luxuriance, de sacrifice et de conspirations machiavéliques, La Marque dévoile un monde de poètes vénéneux, de courtisans assassins, de monarques trahis et assiégés, de seigneurs de guerre barbares, de traîtres grandioses... vu par les yeux d'une héroïne comme vous n'en avez jamais rencontré !

Mon commentaire général : une excellente série !

Ma note : 9/10

La citation qui résume tout : «Dressons-nous contre les forces de l’ambition et de l’avidité qui veulent s’emparer par le mensonge et la trahison de ce qui ne leur appartient pas de droit.»

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Jacqueline Carey est une magicienne des mots, capable de nous entrainer à la suite de son héroïne bien particulière dans une suite d’aventures plus rocambolesques les unes que les autres, en brisant plusieurs fois notre cœur au passage.

C’est que j’en ai vécu des émotions pendant le long périple de Phèdre ! Des hauts, des bas, de la colère ou de l’attendrissement... J’ai été portée par cette plume magnifique dans un univers riche, tellement bien travaillé, que par moments j’y ai vraiment cru. Je dis par moments car il y a quelques facilités dans le récit qui m’ont parfois fait lever les yeux au ciel mais c’est insignifiant par rapport à mon amour sans bornes pour cette saga merveilleuse.

Comme pour le premier tome, les premières pages (il s’agit ici de plus d’une centaine de pages tout de même) sont concentrées sur les manœuvres politiques, ce qui ralentit le récit dans sa première partie mais à partir d’un évènement ahurissant, tout s’enchaine et à partir de là, il devient difficile de poser ce livre aux allures de petit dictionnaire (attention aux tendinites du poignet !).

Les personnages sont toujours aussi bien travaillés, tout en complexité. Ils hésitent, trahissent, blessent les autres, aiment beaucoup aussi... Ils sont humains, dans tout ce qui représente l’humanité, le bon comme le mauvais.

L’auteure a réussi le challenge d’écrire une histoire qui parait presque vraie, dans un monde qu’on croit reconnaitre et comprendre, avec des personnages qui parlent au cœur du lecteur.

C’est, pour moi, l’une des meilleures séries de fantasy que j’ai lue et je compte bien retourner en Terre d’Ange prochainement pour la suite des aventures de Phèdre, Joscelin et de la pernicieuse Melisande...

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce roman peut faire peur à première vue. Si on ose l’ouvrir en faisant abstraction de son nombre de pages, il faut ensuite s’accrocher pour passer le premier tiers, plein de politique, de manœuvres intellectuelles parfois difficiles à suivre. L’enquête de Phèdre est semée de fausses pistes et d’embûches et je ne suis pas sûre d’en avoir bien compris tous les tenants et aboutissants.

Pourtant, mon intérêt s’est complètement réveillé à partir de la découverte du complot de Melisande et de l’emprisonnement de Phèdre (si tu viens de faire un bond après avoir lu ce spoiler, je suis désolée, mais j’avais prévenu !). A partir de là, j’ai tremblé avec Phèdre devant l’énormité de la tâche qui l’attendait, même si on peut dire que les Dieux l’ont bien aidée à se dépêtrer de tout ça. D’ailleurs, j’ai trouvé ces interventions un peu trop faciles pour la résolution des situations problématiques... Je n’ai pas vraiment apprécié la partie illyrienne, même si c’était agréable de découvrir une nouvelle partie du monde imaginaire de Jacqueline Carey, surtout parce que Joscelin m’a manqué, peut-être plus qu’à Phèdre, qui m’a parfois semblé plutôt bien accepter la situation.  J’ai été un peu irritée qu’elle ne se mette à sa recherche que parce qu’elle a besoin de lui pour contrer l’assassinat de la reine : « Ce qu’il me fallait maintenant, c’était l’impossible. Il me fallait Joscelin. »

J’avoue que si le Cassilin m’a profondément déçue par son comportement boudeur de la première partie, il représente un contre-poids intéressant à Phèdre. C’est d’ailleurs la complémentarité de ce duo qui m’avait fait adorer le premier tome et qui m’a manqué ici pour avoir un coup de cœur, même si l’univers m’a toujours autant emballée.

La dernière partie m’a permis de renouer avec ce qui m’avait fait apprécier cette série et j’ai donc refermé le livre le sourire aux lèvres, avec à la fois l’envie de relire ce premier tome qui avait fait battre mon cœur mais aussi de me plonger dans le dernier tome de ce cycle pour connaitre la suite. Bizarre, penses-tu ? Oui, peut-être.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ?  Oseras-tu suivre la piste de Melisande?

Dis-le moi en commentaire.

ABC IMAGINAIRE 2016