conversion

Conversion  de Katherine Howe

Editions : Albin Michel

467 pages

Paru le 6 mai 2015

Aperçu : Colleen, Deena, Emma et Anjali sont en terminale dans le prestigieux lycée St Joan. Colleen est sur le point d'être acceptée à Harvard et ne pense plus qu'à cela. Un jour de janvier, une de ses camarades est prise de convulsions. Très vite, d'autres élèves présentent d'étranges symptômes : perte de cheveux, paralysies, quintes de toux... La presse s'empare de l'affaire, un vent de panique souffle sur St Joan. Mais pas question pour Colleen de se laisser déstabiliser : elle doit travailler sur la pièce Les Sorcières de Salem, d'Arthur Miller. Et ses recherches l'amènent en 1692, au moment du procès des sorcières de Salem, à la rencontre d'Ann Putman, qui fit semblant d'être ensorcelée... Les époques se croisent, les drames se nouent. Qu'arrivent-ils aux élèves de St Joan ? Et si la réponse se trouvait dans le passé, trois siècles plus tôt ?

 

Mon commentaire général : je dirais plutôt Confusion...

Ma note : 5/10

La citation qui résume tout : «La réponse la plus simple est la plus susceptible d’être vraie.» (traduction personnelle)

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est le thème qui m’a attirée vers ce roman. Le procès des sorcières de Salem est un évènement majeur dans l’histoire américaine et n’est que rarement abordé dans la littérature jeunesse. D’autant qu’en croyant le résumé, l’auteure allait établir un parallèle avec des faits étranges (et véridiques) qui se sont déroulés dans un lycée de nos jours.

Malgré ces bons éléments de départ, c’est pour moi une lecture en demi-teinte.

J’ai tout d’abord eu beaucoup de mal avec les personnages, l’héroïne en tête. Je ne les ai pas trouvées attachantes, bien au contraire, mais plutôt têtes à claques, l’héroïne toujours en tête. Je n’ai pas vraiment cru à leur amitié, entachée de compétition, jalousie et secrets.

D’autre part, le parallèle avec le passé n’est pas très clair. Les chapitres au présent (ceux qui racontent l’histoire de Colleen) sont entrecoupés par des chapitres donnant voix à Ann Putnam qui raconte le procès des sorcières de Salem. S’il est très intéressant de comprendre la vérité à propos de cette supercherie, le lien entre passé et présent est assez faible et j’ai attendu tout le roman que cette mise en miroir s’explique. Malheureusement, la fin ne m’a pas vraiment apporté satisfaction car effectivement, si c’est toujours la solution la plus simple qui est la plus probable, j’aurais bien aimé une explication moins terre à terre de la maladie des élèves de St Joan.

C’est vraiment dommage car la plume de Katherine Howe est agréable et que le thème aurait mérité d’être réinterprété au lieu de s’appuyer sur des compte-rendu de procès et de restituer les choses exactement telles qu’elles se sont passées, que ce soit à Salem au XVIIème siècle ou à son équivalent de nos jours. Une pointe de fantastique aurait pu réveiller cette histoire qui m’a paru un peu terne et un peu trop longue.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Il est assez difficile pour moi d’écrire une chronique comme celle-ci car j’ai failli à un moment abandonner ce roman qui ne m’accrochait pas vraiment. Si j’ai eu moins de mal sur la fin, c’est surtout parce que les révélations s’enchainent et qu’arrivée où j’en étais, j’avais envie de connaitre l’explication à tout ça. J’ai été d’autant plus déçue des conclusions qui sont apportées à la maladie ou devrais-je dire aux maladies des élèves de St Joan.

L’auteure a suivi à la lettre le déroulement des faits qui sont réellement arrivés dans le lycée de Le Roy, dans l’état de New York, en 2014. Tous les diagnostics envisagés dans le roman sont exactement ceux qui ont été proposés à l’époque, tout comme les symptômes. Le seul changement opéré par Katherine Howe a été de relocaliser les faits à Danvers, autrefois Salem, pour établir un parallèle avec les sorcières du XVIIème siècle, qui est son sujet de recherche universitaire.

Et du fait que ce parallèle est annoncé dès le résumé, j’attendais un véritable lien entre le passé et le présent. Que Colleen soit une descendante d’Ann ou sa réincarnation. Que les sorcières aient été réelles, malgré le démenti d’Ann, et qu’elles soient derrière les évènements de St Joan, par l’intermédiaire d’Emma. Une malédiction due à la terre, qui aurait provoqué l’hystérie à plusieurs siècles d’intervalle. N’importe quoi en fait, du moment qu’il y avait un vrai lien. Parce qu’ici, si on résume bien, la seule connexion est que les faits de St Joan se passent à l’endroit qui s’appelait auparavant Salem. Si ça n’était pas le cas, personne n’aurait fait le rapprochement. J’ai attendu ce lien tout le long du roman et je crois que c’est ça qui m’a fait tenir. Imagine donc ma déception quand je suis parvenue à la dernière ligne...

De plus, ma lecture n’a vraiment pas été facilitée par Colleen, qui est tout simplement insupportable. Elle est d’une jalousie maladive, allant même jusqu’à souhaiter que son petit-ami ne lui pique pas sa place à Harvard ! Qu’elle soit en compétition avec Fabiana, qui n’est qu’une copine de classe, passe encore, mais qu’elle en arrive à jalouser ses amies de toujours, ça me dépasse... Leur amitié ne m’a d’ailleurs pas paru très authentique. Il y a beaucoup trop d’envie, de secrets, de tension entre elles. Je ne les ai pas senties soudées face aux évènements. Au contraire, elles s’éloignent toutes, peut-être parce que leur amitié n’est justement pas assez solide.

Conversion n’a donc pas été pour moi une lecture agréable, même si j’ai beaucoup apprécié d’en savoir plus sur les sorcières de Salem, sujet que je connaissais très mal. Si tu as d’autres lectures à me conseiller sur ce thème, je prends avec plaisir !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Vas-tu oser pénétrer dans le lycée St Joan ?

Dis-le moi en commentaire.