le roi des fauves

Le Roi des Fauves d’Aurélie Wellenstein

Editions: Scrinéo

284 pages

Paru le 21 mai 2015

Aperçu : Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort. Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ». Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…

 

 

 

 

Mon commentaire général : Les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit...

Ma note : 8,5/10

La citation qui résume tout : «Avancez maintenant [...] et affrontez votre destin. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

Le roi des fauves est un roman tout à fait singulier qui m’a fait plonger dans la mythologie nordique que je connaissais mal.

Dès les premières pages, Aurélie Wellenstein emporte le lecteur dans un monde étrange et sombre, fait de violence et d’acceptation. Les pauvres meurent de faim et les riches qui ne manquent de rien n’hésitent pas à assassiner pour un lièvre. Dans cet univers, on n’hésite pas non plus à transformer les criminels en créatures mi-homme mi-animal, dominées par la rage et la bestialité. C’est le sort qui attend trois adolescents dont le seul crime est d’avoir chassé sur les terres de leur seigneur pour nourrir leurs familles affamées.

Evidemment, je me suis indignée, j’ai salué le courage et la détermination de ces trois jeunes qui ont tout perdu, jusqu’à leur humanité. Enfin, pas encore…

La plume de l’auteure est très agréable, les descriptions fluides et bien détaillées, si bien qu’on s’immerge facilement dans l’histoire et qu’on souffre aux côtés des protagonistes. Ce n’est pas une lecture facile dans le sens où certains passages sont violents, mais les pages se tournent facilement, jusqu’à la fin qui ouvre l’imagination.

C’est pour moi une belle découverte d’une jeune auteure française prometteuse.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Je me suis évidemment posé des milliers de questions pendant ma lecture. Et la plupart ont trouvé une réponse au fil de ce court roman pourtant très bien travaillé.

Il est vrai que je connais très mal les légendes des berserkir, pourtant incontournables des mythologies nordique et germanique. Mais j’ai été convaincue par leur mise en scène dans ce roman. A partir d’un ver, pourtant identique à celui du voisin, le corps se transforme pour faire ressortir l’animal qui vit en chacun de nous. Kaya, la battante, est une louve. Oswald, l’impressionnable, est un cheval. Ivar, le costaud, un auroch. Le berserkir n’est qu’une extension de la personnalité de chacun. Et c’est en embrassant sa véritable nature qu’on devient complet, comme le montre Hilde, qui peut enfin s’envoler au-dessus de sa condition.

Si ceux qui sont enfermés dans Hadarfell sont des bêtes au sens propre, ce sont pourtant ceux qui les ont enfermé là, le jeune seigneur en tête, qui montrent le moins d’humanité. On peut alors se poser la question suivante : l’humanité est-elle une question de nature ou d’actes ?

En refermant le livre, j’ai été un poil déçue que certains aspects ne soient pas plus détaillés. Au final, tout va très vite. Mais quelques jours après, je pense que la longueur est juste bonne. L’important dans ce roman, ce n’est pas le chemin qui conduit Ivar au roi des fauves, c’est le résultat. C’est son acceptation de sa nature profonde et sa révélation en tant que chef de troupes, lui qui était déjà un meneur né.

J’ai fait un voyage extraordinaire dans une lande fantasmagorique, entourée par les berserkir et leur puissance. Et c’est exactement ce que j’aime dans une lecture : être transportée ailleurs...

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Oseras-tu pénétrer dans Hadarfell?

Dis-le moi en commentaire.