le petit chaperon rouge

Le chaperon rouge de Sarak Blakey-Cartwright et David Leslie Johnson

Editions Michel Lafon

344 pages

Paru en 2011

Aperçu : Le village de Daggerhorn semble sommeiller au creux de la vallée. Depuis des générations, le Loup qui menace sa tranquillité est tenu à l’écart grâce à un sacrifice mensuel. Mais aujourd’hui, plus personne n’est à l’abri. Et la peur rôde… Depuis la mort de sa sœur, la plus douce des jeunes filles, Valérie est inconsolable. Henry, le superbe fils du forgeron, tente de gagner ses faveurs, mais le cœur indompté de la belle bat pour un autre garçon : Peter, le bûcheron exclu du groupe, qui lui offre des escapades palpitantes loin du cocon familial. Un beau jour, un chasseur de loups de passage dans la région fait une terrible révélation qui provoque la stupeur des villageois : la Bête qui les terrorise depuis des années vit parmi eux. Tout le monde devient suspect. Bientôt, on comprend que seule Valérie peut entendre la voix du Loup. Et celui-ci exige qu’elle le rejoigne avant que le sang coule… et que tous ceux qu’elle aime disparaissent.

Mon commentaire général : Loup, y es-tu ?

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : «Qui a peur du grand méchant Loup ? »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

J’ai ouvert Le Chaperon rouge en début de soirée... et l’ai refermé quelques heures plus tard, arrivée à la dernière ligne. J’avoue que je n’ai pas vu les heures passer, emportée par la chasse au Loup à Daggerhorn.

C’est un livre singulier, non pas inspiré par le film (de Catherine Hardwicke), mais écrit en même temps, d’après le film, pour aller plus loin. Je n’ai pas encore vu le long métrage mais je n’ai eu aucune peine à imaginer les lieux et les personnages, car tout est effectivement très visuel. Le lecteur est entraîné dans un huis clos à l’atmosphère oppressante, à la recherche du Loup qui terrorise le petit village où vivent les protagonistes. J’ai participé à la chasse depuis mon canapé, accusant telle ou telle personne d’être la bête, plongée dans un suspense insoutenable qui m’a fait veiller jusqu’à connaitre le fin mot de l’histoire... qu’il m’a fallu aller chercher sur le site de l’éditeur ! En effet, le dernier chapitre doit être lu en ligne... Je n’ai pas bien compris ce choix qui à mon avis n’apporte pas grand-chose, si ce n’est de la frustration pour celui qui finit le roman à un endroit où il n’y a pas de réseau...

Si j’ai globalement bien aimé cette réécriture, qui reprend même certaines des phrases cultes du conte de Perrault, j’ai été moins emballée par la/les romances qui m’ont parues un peu parachutées et par le style, très visuel comme je le disais plus haut, mais aussi un peu haché et direct. De fait, je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages que j’ai trouvés parfois prévisibles et un peu clichés.

Néanmoins, j’ai passé une très bonne soirée de lecture en compagnie de Valérie et ses compagnons d’horreur, j’ai tremblé, grimacé et cogité, et j’ai finalement été surprise par un retournement de situation que je n’avais pas vu venir ! A lire si tu n’es pas satisfait par la vision candide du gentil petit chaperon rouge, de sa galette et de sa mère-grand...

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Ce que j’aime avec les réécritures de contes, c’est de redécouvrir sous un autre angle une histoire que j’ai déjà entendu des dizaines de fois, souvent sous un aspect beaucoup plus sombre. C’est bien le cas ici, où le chaperon rouge est une jeune fille, le méchant loup un loup-garou mais où les ruses du loup n’ont rien à envier à la version populaire.

Le Loup est retors et sadique, mais pas autant que le père Salomon, pourtant du côté des « gentils ». Même si je n’ai rien vu de noble à torturer un jeune attardé. Ici la bête a un objectif précis : il veut Valérie, qu’importe le nombre de victimes qu’il devra faire sur son passage pour arriver jusqu’à elle. Pourquoi elle ? On ne le saura que dans le dernier chapitre... Et j’en ai fait des suppositions ! Jamais exactes ! Mais après coup, je me dis que c’était pourtant simple à deviner. C’est comme le numéro d’un illusionniste : c’est dans l’ombre qu’il faut regarder et non pas là où le magicien attire l’œil du spectateur...

J’ai véritablement été prise dans cet engrenage, et j’aurais pu vivre une aventure grandiose si je m’étais davantage attachée aux personnages ou au moins à l’un d’entre eux. Le problème est qu’on ne les connait pas vraiment. Même si on partage leurs pensées, grâce à la narration omnisciente, je ne sais pas vraiment qui ils sont. Valérie est une jolie jeune femme courageuse. Mais qu’attend-elle de la vie ? Que sont ses rêves ? Je sais qu’elle aime Peter, d’un amour qui a surgi comme une étincelle alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis 10 ans. C’est peut-être ça que je n’ai pas compris. Les deux jeunes gens ont à peine échangé deux mots qu’ils sont déjà prêts à fuir ensemble, 24h après s’être revus !

Et globalement, quand j’y réfléchis bien, ce sont les seuls personnages dont je puisse citer quelques qualités. Je ne sais rien des autres, je ne connais que leur apparence extérieure, ce qu’ils dégagent et veulent bien montrer mais je ne sais rien de leur véritable personnalité.

Ce roman, qui se veut comme un compagnon du film, n’est pas allé assez loin pour approfondir le côté visuel. Il est resté à la surface des choses, centré sur l’action mais pas sur les personnes. C’est vraiment dommage parce que l’idée de départ était excellente.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Sauras-tu découvrir l’identité du Loup?

Dis-le moi en commentaire.

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