la main gauche de la nuit

La Main gauche de la nuit de Ursula Le Guin

Editions: Robert Laffont Collection Ailleurs & Demain

331 pages

Paru le 11 octobre 2000 (première édition en 1971)

Aperçu : Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n'y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l'un ou l'autre sexe. Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L'Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l'Ekumen ?

 

 

 

 

 

 

Mon commentaire général : un voyage exaltant!

Ma note : 7/10

La citation qui résume tout : «C’est très bien de voyager vers un but, mais ce qui importe, en fin de compte, c’est ce qu’apporte le voyage lui-même. »

Mon avis (garanti sans spoiler) :

C’est grâce à une amie, grande fan de SF, que j’ai ouvert ce livre. Sans elle, je serais probablement passée à côté de cette histoire de découverte de l’autre et d’amitié. Merci Copine !

Pourtant, j’ai douté un moment d’apprécier ce roman. Le début est assez lent, l’univers est posé et on découvre petit à petit les étranges habitants de la planète Gethen. Enfin étranges pour nous, Terriens, car pour eux, c’est l’Envoyé terrien qui est bizarre !

C’est une immersion dans une multitude de cultures différentes, parce qu’elles dépendent notamment de cette planète où il fait -5°C par une belle journée de printemps mais aussi des nations que traversent le personnage principal.

A partir du milieu du roman, les choses s’accélèrent un peu, sans pour autant atteindre un suspens culminant. Ici tout est affaire de découverte, de lutte contre les éléments et contre l’autre.

Au final, je me suis laissée emporter par ce récit anthropologique, comme si on me racontait l’histoire d’une tribu lointaine, et j’ai plutôt bien aimé !

Mon seul petit bémol est que le point de vue n’est pas toujours bien clair, et qu’une petite mention du nom du narrateur en début de chapitre m’aurait bien aidée à m’y retrouver.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici !

 

Mes commentaires non censurés :

Si j’ai été plutôt perplexe au début de ma lecture, la curiosité m’a poussée à continuer. Les habitants allaient-ils finir par accorder leur confiance à l’Envoyé ? Comment allait se régler le conflit entre la Karhaïde et l’Orgoreyn ?

J’ai aussi beaucoup aimé les légendes Gétheniennes qui s’intercalaient dans le récit. J’y ai appris beaucoup.

C’est vrai que si on réfléchit bien, il ne se passe au final par énormément de choses. Mais je crois qu’ici, ce n’est pas le but. Tout est dans la découverte : nouvelles cultures, nouveaux pays, nouveaux genres humains... Et on peut dire que l’auteure a formidablement bien réussi son pari. Une toute nouvelle civilisation a pris place devant mes yeux ! Tout a été méticuleusement pensé et travaillé. Ce fut pour moi un voyage vraiment dépaysant !

Ce roman est aussi une belle mise en scène de la réaction d’humains à la différence. La méfiance qui entoure Genly de la part des Géthéniens parce qu’il est en kemma perpétuel et de son côté à lui, l’incompréhension face à ces êtres à la fois masculin et féminin, et les malentendus qui en découlent. Au passage, j’ai d’ailleurs été un peu agacée par quelques stéréotypes, surtout sur les femmes, sachant que l’auteure en est une, j’ai trouvé ça un peu malvenu... Bref...

Ce livre pose aussi la question de l’union des peuples. L’un des personnages dit « Comment traiter avec des étrangers si nous ne sommes pas unis comme des frères ? ». Et on voit d’ailleurs que les conflits internes à la planète finissent par se retourner contre l’Envoyé qui peut heureusement compter sur Harth.

Si celui-ci ne m’avait inspiré que de la méfiance au premier abord, j’ai ensuite découvert un être généreux et humaniste, prêt à se sacrifier pour une cause plus grande que lui. L’amitié qui se développe lors du voyage à travers le glacier est magnifique. C’est d’ailleurs un amour presque fraternel, illustré par le fait que Genly parle dans l’esprit de Harth avec la voix de son frère décédé.

C’est sur un beau message que se termine le roman : l’amitié n’a que faire des genres on des appartenances, c’est surtout une belle complicité inter-humain.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Es-tu prêt à partir pour Géthen ?

Dis-le moi en commentaire.

 

ABC 2016