panic

Panic de Lauren Oliver

Editions: Hachette Collection Black Moon

364 pages

Paru le 11 Juin 2014

Aperçu : « Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.

 

 

Mon commentaire général : Panic c'est plutôt le jeu de la vérité...

Ma note: 8/10

La citation qui résume tout : "C’était ce dont il était vraiment question dans le jeu. Voilà ce qu’était la vraie peur – vous ne pouviez jamais connaitre les autres gens, pas complètement. » (Traduction personnelle)

Mon avis (sans spoiler) :

C’est le résumé de ce roman qui a attiré mon intérêt, d’autant qu’écrit par Lauren Oliver, dont j’avais adoré Delirium, ça ne pouvait présager qu’un bon moment. Pourtant j’ai lu beaucoup de critiques négatives : manque de profondeur, personnages ennuyeux, contexte larmoyant...

C’est donc avec un brin d’appréhension que je me suis lancée à l’assaut de Panic. Et si les avis négatifs n’ont pas tout à fait tort, c’est quand même pour moi une bonne surprise.

Imagine un peu : une petite ville américaine de douze mille habitants, des jeunes adultes désœuvrés dont le futur n’est pas rayonnant et un jeu qui promet une cagnotte de plus de 67000$ à celui qui saura vaincre les épreuves concoctées par des juges aussi sadiques qu’anonymes. Au milieu de tout ça, on retrouve Heather qui participe pour se prouver qu’elle vaut quelque chose après s’être fait larguer comme une malpropre par son petit copain, Natalie, sa meilleure amie, jeune fille fragile qui participe dans l’espoir d’utiliser la cagnotte pour aller tenter sa chance à Los Angeles et Dodge qui joue par vengeance.

Le point commun entre tous ces jeunes (outre le fait qu’ils jouent à Panic, bien sûr) : une vie pitoyable, des parents absents, un dénuement total. On pourrait leur reprocher d’être tristes et   misérables, c’est vrai, ils le sont, c’est bon pour faire pleurer dans les chaumières mais c’est justement un des aspects que j’ai aimé dans ce roman. On y voit le revers de la médaille, l’Amérique profonde, la misère qui pousse des jeunes à tenter le tout pour le tout dans l’espoir d’échapper à la vie tout aussi misérable qui les attend.

Personnellement, même si la fin était assez prévisible, j’ai eu grand plaisir – et même une certaine impatience – à retrouver mon livre et à tourner les pages, pour connaitre l’évolution des personnages. On ne peut pas dire « héros » ici, ce n’en sont pas. Justes des jeunes ordinaires qui veulent une vie meilleure, pour eux et pour leurs proches.

Le petit reproche que je ferai à ce roman se situe au niveau du jeu lui-même. Le nom de « Panic » suggère immédiatement la peur. Et si les joueurs ont à affronter des épreuves que je ne voudrais pas avoir à passer moi-même, je n’ai pas ressenti leur appréhension, je n’ai pas tremblé ni angoissé avec eux. Et ça c’est vraiment dommage.

En résumé, Panic est un bon roman jeunesse, qui se lit rapidement et fait plonger dans un univers peu rutilant mais certainement très réaliste.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici!

 

Mes commentaires non censurés :

Evidemment, dès les premières lignes du roman, il était plutôt facile de deviner qu’Heather allait se révéler au cours du jeu. Si elle participe sur un coup de tête, c’est exactement le coup de pouce dont elle avait besoin pour se prouver à elle-même qu’elle vaut quelque chose, qu’elle est capable de se dresser face aux difficultés de sa vie (et elle n’en est pas dépourvue...), qu’elle mérite d’être aimée. C’est vrai qu’on peut trouver agaçant qu’elle se dévalorise sans cesse ou qu’elle blâme le monde entier. Mais c’est parfaitement logique en connaissant l’environnement dans lequel elle a vécu. C’est le contraire qui aurait été surprenant ! J’ai aimé sa prise de conscience, le fait qu’elle apprenne à garder la tête haute, à être fière d’elle. Son évolution est lente, et c’est ce qui la rend d’autant plus réaliste.

Dodge, au contraire, est un battant, un jeune homme qui s’est construit face à l’adversité. Ne jamais avoir d’attaches, ni d’amis, l’ont rendu solitaire et d’autant plus attaché à sa sœur dont il croit pouvoir réparer l’injustice en infligeant la même souffrance à son ennemi. A part s’ouvrir aux autres, ce qui est déjà un pas énorme dans son cas, il n’a pas vraiment surmonté son besoin de vengeance. Sans l’intervention de Natalie, il serait probablement devenu un assassin lui-même. Au final, on ne sait pas s’il regrette son geste ou pas...

Concernant Natalie, on devine qu’elle a aussi une histoire tragique mais rien n’est dévoilé. Elle est évidemment détestable pendant les trois quarts du roman, et si on perçoit qu’il y a une raison derrière ses motivations, elle n’est pas donnée, ce qui est dommage parce que je n’ai pas réussi à lui pardonner son comportement égoïste et puéril.

Enfin, il y a Bishop. Si son secret se devine aussi facilement, j’ai quand même apprécié la légère dualité de celui qui a tout du garçon idéal. Son rôle de juge lui pèse, sa culpabilité le ronge, tout comme le fait de devoir garder son secret. Mais la préparation des épreuves dénote une certaine dose de sadisme, de méchanceté et de goût du spectacle qu’on ne devine pas sous son apparence de gentil garçon. Et ça, c’est intéressant.

Personnellement, je n’ai pas trouvé les personnages si creux que ça. Ils auraient certainement pu être mieux développés mais je n’ai pas eu de mal à m’intéresser à leur devenir.

Ce n’est certes pas le meilleur roman de Lauren Oliver. Cependant, je trouve qu’il vaut la peine d’être lu, j’ai même passé un bon moment avec Panic !

 

Et toi Ami Lecteur, qu'en penses-tu? Vas-tu te laisser tenter par le jeu ?

Dis le moi en commentaire.