rose morteRose Morte, tome 1 : La Floraison de Céline Landressie

Editions: L’Homme Sans Nom

480 pages

Paru le 1 Avril 2012

Aperçu : France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine. Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier. Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d'Artus de Janlys. Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle...

 

 

 

 

Mon commentaire général : un roman qui a du piquant !

Ma note: 9/10

La citation qui résume tout : "Ne serait-il pas merveilleux de percer les secrets de la nuit ? Qui en serait maître ne serait-il pas tout puissant ?"

Mon avis (sans spoiler) :

La Floraison est un roman original qui mêle fantastique et histoire dans un ensemble très bien documenté, tellement qu’on se croirait revenu au XVIe siècle !

Nous y faisons la connaissance de Eileen, qui préfère qu’on la nomme par son deuxième prénom, Rose, noble anglaise, éprise de liberté et méprisante des us et coutumes de son époque. C’est une jeune femme moderne, déterminée et ingénieuse, à laquelle il est facile de s’attacher. Au hasard d’une rencontre dans un bal, celle-ci va voir sa vie bouleversée, comme elle n’aurait jamais pu l’imaginer quand elle rêvait de s’échapper de sa condition...

Céline Landressie maîtrise très bien son sujet et c’est d’autant plus agréable pour le lecteur. Autant le langage, que les coutumes ou que les évènements ont été minutieusement étudiés et retranscris pour nous livrer une trame plus vraie que nature.

Si j’ai un peu hésité pendant la première partie du livre, qui s’apparente davantage à une romance historique, ne sachant pas très bien où on voulait m’emmener, j’ai tourné les pages sans répit pendant la seconde partie, embarquée dans un univers fantastique aux codes encore une fois bien établis.

J’ai bien quelques petits griefs contre l’héroïne (la façon dont elle réagit à un évènement capital étant complètement désarmante), mais j’ai vraiment accroché à cet univers et je lirai la suite avec grand plaisir !

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici!

 

Mes commentaires non censurés :

J’avoue que ce roman m’a surprise, dans le bon sens du terme.

Comme il est classé en catégorie « fantastique », j’étais très surprise d’ouvrir les premières pages sur un quasi-documentaire de la fin du XVIe siècle. J’ai d’ailleurs été revérifier le genre du roman parce que je ne comprenais pas où était le fantastique dans ce qui s’apparentait clairement à une romance, à la quête du mari parfait pour Charlotte et le besoin de liberté de Rose/Eileen (à ce propos, je n’ai pas vraiment compris pourquoi l’auteure avait tenu à imposer deux prénoms à son héroïne : pourquoi ne pas la nommer directement Rosamund ? N’aurait-ce pas été plus simple ? Ou est-ce une preuve de sa liberté d’esprit ? Si c’est le cas, on s’en aperçoit très bien avec son comportement, le changement de prénom n’était pas indispensable...).

Puis arrive Artus, parangon de masculinité et de charisme. Le lecteur comprend beaucoup plus vite que Rose que le comte n’a d’humain que l’apparence, ce qui n’est pas gênant en soi. Ce qui l’est beaucoup plus est la réaction de Rose après sa transformation. Elle voit parfaitement de nuit, ne supporte plus la lumière du jour, a une oreille bionique... Elle se rend compte que quelque chose chez elle a changé mais elle se contente des réponses laconiques d’Artus et du silence gêné d’Adelphe ! Mais non ! Où est passée la jeune femme intrépide, prête à défier son père afin d’éviter le mariage ? Aspirée avec son sang pendant sa renaissance ? Je n’ai pas compris cette capitulation parce que ça ne ressemble pas du tout à la Rose que j’ai découverte dans la première partie, celle qui part vivre chez le comte (sans chaperon !) au mépris des convenances.

Ça m’a presque autant contrariée que son attitude, après avoir découvert ce qu’elle est devenue. Rose boude le comte, oui, mais pas parce qu’il l’a transformée sans lui demander son avis, non non non ! Mais parce qu’il ne lui a pas déclaré ses sentiments et qu’elle pense qu’il ne l’aime pas alors que ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Rose est peut-être une novice en amour, n’ayant eu qu’un seul autre amoureux dans sa vie mais tout de même, les actes d’Artus parlent pour lui et il n’y a bien que Rose pour ne pas le comprendre !

Je relate beaucoup d’aspects négatifs dans cette partie, et j’en suis désolée, parce que j’ai vraiment aimé ce livre, j’ai été prise dans l’histoire, la vengeance de Rose, la trame de fond sur les vampires, j’ai apprécié les personnages (Artus, Adelphe et même Rose malgré mon agacement à certains endroits). Tellement que je recommande sincèrement cette lecture, d’autant que c’est une auteure française et qu’il est bon de soutenir la production française (soyons un peu chauvin, que diable !), surtout quand elle est de qualité comme ici !

 

Et toi Ami Lecteur, qu'en penses-tu? Vas-tu te laisser séduire par la flamboyante Rose ?

Dis le moi en commentaire.