phobosPhobos, tome 1 de Victor Dixen

Editions: Robert Laffont Collection R

433 pages

Paru le 11 Juin 2015

Aperçu : Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

 

 

 

Mon commentaire général : Un roman dont on tombe amoureux en moins de six minutes…

La citation qui résume tout : "Programme Genesis. Quand le programme scientifique le plus ambitieux rencontre le jeu de speed-dating le plus excitant."

Mon avis (sans spoiler) :

Avant sa sortie, Phobos s’annonçait déjà comme le roman phénomène de l’été, une petite balade dans l’espace, bien agréable pour les vacances.

Et comme toujours avant d’ouvrir un livre aussi populaire, j’ai légèrement angoissé, me demandant si je ne serais pas déçue, si je n’avais pas trop d’attentes vis-à-vis de cette lecture.

Dès les premières pages, Victor Dixen embarque – et c’est le cas de le dire ! – ses lecteurs dans la folle épopée de Léonor, la représentante française, à bord du Cupido en partance pour Mars. Ses compagnons de route sont cinq autres jeunes filles, six jeunes hommes, et deux chiens. Cette mission qui a pour but de peupler la planète rouge est aussi une gigantesque émission de télé-réalité puisque les filles et garçons vivent complètement séparés et ne peuvent se voir que pendant six minutes, une fois par semaine, dans une pièce spéciale…

Cependant, rien n’est vraiment ce qu’il parait, des coulisses où les morts s’accumulent, au premier plan où les protagonistes ont tous de lourds secrets à cacher…

D’ailleurs, Victor Dixen a su par une alternance de plans – comme au cinéma –  faire valoir les points de vue de toutes les parties, passant de la narration à la première personne à la troisième personne, voire en nous faisant devenir spectateur de la chaine de télé Genesis. C’est assez déroutant au départ, mais on s’y fait rapidement.

Puis on ne peut plus lâcher le livre.

Il y a deux aspects qui m’ont accrochée à ce récit.

Les personnages tout d’abord sont très bien travaillés. Même si certains sont proches de la caricature, la majorité des protagonistes est tout en relief, les caractères sont affirmés et ça, j’aime ! Surtout quand j’ai mes petits chouchous !

Et puis il y a du mystère. L’équipe dirigeante de la mission cache un secret énorme (qui est dévoilé assez rapidement au lecteur, ce qui est vraiment dommage), chacun des personnages a aussi un côté sombre… Ce qui donne du piquant à ce roman !

Malgré l’addiction qui m’a prise vers la moitié du récit, ce n’est pas tout à fait un coup de cœur. Il y a quelques défauts qui alourdissent le récit par endroit. Typiquement les personnages expliquent en détail dans un dialogue des éléments dont ils ont parfaitement connaissance, l’information ne servant qu’au lecteur.

Et puis la méchante est vraiment trop méchante, sans une vraie raison qui explique autant de haine (ou d’amour de l’argent/pouvoir). C’est un peu : « Pourquoi est-elle aussi méchante ? Parce que !!! ».

En tout cas, avec une fin comme celle-ci, je n’ai qu’une envie : avoir le tome 2 dans les mains ! Ça va être long jusqu’en novembre…

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers ! Si tu ne veux pas en savoir plus sur l'histoire, arrête-toi ici!

 

Mes commentaires non censurés :

Comme je le disais plus haut, ce sont les personnages qui m’ont maintenue captivée par ce roman.

Léonor, tout d’abord, est une jeune fille courageuse et têtue, qui n’accepte pas pour argent comptant tout ce qu’on lui dit. Elle a son caractère et se tient à sa ligne de conduite, peut-être même un peu trop ! Sa règle des six semaines était assez frustrante et je comprends que Marcus se soit fâché, moi aussi je me suis fâchée... D’autant que, si on avait voulu être vraiment égalitaire, il aurait aussi fallu nous montrer les speed-dating de Léonor avec les autres participants, et non pas seulement Marcus et Mozart !

J’ai aussi beaucoup aimé Elizabeth, l’ange perfide qui n’hésite pas à trahir les autres dans leur dos ! Ce genre de personnage complexe, avec à la fois des bons et des mauvais côtés, est tout ce que j’apprécie dans un roman.

C’est pour ça que je n’ai eu aucune sympathie pour Kris, trop lisse, trop gentille et son pendant masculin, Alexeï, le beau gosse.

Je leur ai largement préféré les personnages hauts en couleur comme Kelly et son chewing-gum ou même l’énervante Fangfang qui ont plus de consistance !

Chez les garçons, ce sont Marcus et Mozart qui ont retenu mon attention, peut-être parce que c’est ceux qui interviennent le plus. Avec une petite préférence pour Marcus, tout de même…

De façon générale, j’avais peur que Victor Dixen ne veuille faire pleurer dans les chaumières avec ces personnages tous orphelins ou exclus de la société mais en fait, leurs caractères parlent pour eux, ils sont forts, ce sont des battants, qui prouvent que si on a la rage de vivre, peu importe d’où on vient, on peut réussir sa vie.

Au contraire de Harmony, la fille de Serena, qui a tout ce dont elle peut rêver mais survit à peine dans une cage dorée…

Parlons de Serena, justement. Je l’ai tout simplement détestée. Non pas parce qu’elle est méchante. J’adore les personnages mauvais, si leurs actions sont compréhensibles. Tout acte même mauvais est fait pour une bonne raison. Mais ici, Serena semble n’agir que pour l’appât du gain (alors qu’elle a déjà plus d’argent qu’il n’est imaginable) ou pour la gloire et le pouvoir. J’aurais aimé voir un autre aspect de sa personnalité. Qu’elle agisse de cette façon méprisable pour sa fille, une vengeance ou quelque chose comme ça. Ça en fait un personnage tout noir, à côté des jeunes prétendants beaucoup plus nuancés. Du coup, j’ai comme l’impression qu’il manque quelque chose…

Peut-être que ça sera plus développé au tome 2, nous verrons bien.

D’ailleurs, cette fin est tout simplement incroyable. Que vont décider les jeunes gens ? Tout dévoiler au monde entier et mourir ou tenter de survivre sur Mars ?

En tout cas, j’ai aimé la prise de conscience de Léonor, le fait qu’elle pense au collectif sans tenter de manœuvrer seule contre Serena qui a tous les pouvoirs… D’autant que cette dernière n’a pas joué son atout, en la personne du jeune qui a été hypnotisé pour détruire le vaisseau… A ton avis, qui est-ce ?

Victor Dixen vient là de poser les bases d’une nouvelle série remarquable, dont je suis indéniablement fan !

 

Et toi, Ami Lecteur, qu'en as-tu pensé ? As-tu succombé aux charmes de Phobos ?

Dis-le-moi en commentaire.

 

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