zone

Zone: Chroniques d'un dernier jour de Steeve Hourdé

Editions: Steeve Hourdé

508 pages

Paru le 28 novembre 2014

Merci à Steeve Hourdé pour m'avoir offert ce roman!

Aperçu : Septembre 2009, Ullapool, 6 morts. Octobre 2011, Mer du Nord, 38 morts. Août 2013, Skägen, 72 morts. 8 Septembre 2015, Folkestone. Les troupes du Major Kieran Wallace prennent position.

Personne n'entre, personne ne sort.

Zone est un thriller sombre construit sous la forme d'un huis-clos à la mécanique implacable, dans lequel un ensemble de personnage sera confronté à une catastrophe terrifiante.

Un seul choix: survivre.Une seule question: comment?

OSEREZ-VOUS PÉNÉTRER DANS LA ZONE?

Mon commentaire général : Si tu entres dans la Zone, tu n'en ressortiras pas indemne...

Ma note: 7/10

La citation qui résume tout : " Personne n'entre. Personne ne sort" 

Mon avis (sans spoiler) :

Zone est un roman particulier, le genre de livres qu'il est difficile d'oublier quand on l'a refermé. Ceci tient essentiellement à son atmosphère, mélange de thriller et d'horreur/gore et de huis-clos psychologique.

Imagine un peu: le récit suit le destin d'une multitude de personnages face à l'attaque sauvage de bêtes infernales, véritables machines à tuer, mais aussi les militaires qui attendent de l'autre côté de la palissade et qui regardent les autres se faire massacrer...

Il est indispensable de préciser que les scènes d'attaque des monstres sont très bien détaillées et que l'hémoglobine jaillit à flots. Alors âmes sensibles s'abstenir! Si tu ne supportes pas l'évocation d'une petit coupure, passe ton chemin... Ici les corps s'empilent, et pas toujours entiers, si tu vois ce que je veux dire...

Le bon point de ce roman c'est que l'action est continue, il se passe toujours quelque chose: des rebondissements, des morts, des découvertes, des moments d'espoir ou d'entraide, de la cruauté aussi. L'auteur passe au crible toutes les réactions possibles en cas de détresse. Face à la mort, personne ne se conduit de la même façon. Et la multitude de personnages permet de toutes les passer en revue.

C'est précisément cette galerie de personnalités qui m'a empêchée de rentrer complètement dans le récit. Pourtant, il y en a pour tous les goûts et je suppose qu'il est facile pour tout un chacun de se distinguer un "chouchou" parmi cette foule bigarrée: le héros, la bombasse indépendante (je n'aime pas trop ce terme d'"amazone" qui est utilisé pour la décrire), le salaud carriériste, le gentil patron, le soldat sensible mais inflexible etc. Moi je n'ai pas su choisir, ni m'identifier à aucun d'entre eux. Je ne me suis pas vraiment sentie concernée par leur sort. Peut-être qu'une limitation du nombre de points de vue m'aurait aidée, ou une histoire racontée à la première personne, ou une combinaison des deux. J'aurais peut-être plus frissonné.

Au final, Zone est un bon thriller, bourré d'action de la première à la dernière ligne, qui a réussi à me surprendre à de multiples reprises, mais je suis restée un peu spectatrice, comme si je regardais un film (d'ailleurs les descriptions méticuleuses sont parfaites pour visualiser les scènes), sans me demander ce que je ferais à la place de mon champion. Ceci dit Steeve Hourdé ne manque pas d'imagination:  il est sans conteste un auteur à suivre de près.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers !  Si tu ne veux pas connaitre les détails de l'histoire, arrête-toi là!

 

Mes commentaires non censurés :

Zone démarre sur les chapeaux de roues avec ce prologue qui nous plonge directement dans la "Première Occurrence". C'est bien, on sait dès le début de quoi il s'agit, et que l'auteur ne nous épargnera aucun détail gore. Au moins on est prévenu! Pourtant, j'aurais aimé une pointe de mystère en plus: voir le carnage, sans savoir ce qui l'avait causé. Idem pour les premières scènes dans l'entreprise: lire les descriptions du massacre, les employés mis en pièce mais sans rencontrer tout de suite les Faucheurs. Je crois que ça m'aurait plongé dans un état d'angoisse insoutenable, me demandant qui ou quoi pouvait avoir fait ça... Puis lire à nouveau les souvenirs du Major Wallace pour découvrir les monstres, ce qui aurait amené un peu de piquant à ma lecture.

En effet, arrivée à la moitié du récit, j'étais un peu fatiguée de lire des descriptions de massacre et j'avais besoin d'un peu plus d'éléments. Tu vas me dire que je suis contradictoire. Oui, c'est un peu vrai. Je crois que c'est une question de rythme dans l'histoire. Il y a un moment où tu as besoin d'action ou de mystère et un autre où tu veux en savoir plus sur le contexte. Puisque je savais ce qu'étaient les monstres, je voulais maintenant savoir d'où ils venaient, pourquoi ils faisaient ça, pourquoi les cadavres se zombifiaient, et ces réponses sont arrivées tout à la fin du récit, un peu tard pour moi. Réponses qui d'ailleurs clôturent certains sujets mais ouvrent d'autres questions: qui a créé les Faucheurs? Pourquoi sortent-ils tous les deux ans précisément? Le récit appelle évidemment une suite mais pour nous raconter quoi à part les origines des Faucheurs: un autre massacre à grande échelle?

Enfin, une question m'a taraudé l'esprit tout le long de ma lecture: comment les militaires ont-ils su que des Faucheurs avaient débarqué à Folkestone? Je ne me souviens pas avoir lu l'explication et j'ai cherché la réponse tout le long... Parce que, quand on y réfléchit bien, il a certainement fallu un bon moment pour élever la clôture autour des entrepots, ce qui veut dire que la TCF était au courant de l'occurrence avant même qu'elle ait commencé... Alors, timing parfait ou exercice en terrain réel?

Et puisqu'on est dans la réflexion, je dirais que si je devais désigner mon chouchou, je choisirais le Major Wallace. Il fait partie des caractères complexes comme je les aime. Capable de sensibilité mais implacable. Je l'ai quand même trouvé un peu trop rigide sur ses propres règles: même quand il a su que les Infestés n'étaient pas contagieux, il choisit d'abattre de sang-froid une survivante, alors qu'il sait qu'elle ne transporte aucun virus... ça c'était un peu too much et ça a fait retomber son capital sympathie à mes yeux.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.