xénomeXénome de Nicolas Debandt

Editions: L'Homme Sans Nom

397 pages

Paru le 12 mai 2014

Aperçu :  « Je me souviens très bien du jour où je naquis à la conscience. Il y a des jours comme ça qui ne s’oublient pas. Celui-ci était un 4 février. Celui de l’année 2184. »

Yann se réveille, sans savoir qui il est ni d’où il vient. Impliqué malgré lui dans une histoire de vol d’œuvres d’art au Louvre, il débute sa vie au rythme effréné de la fuite, des rencontres, des choix et des révélations.

Nicolas Debandt, à travers la situation impossible de Yann, soulève les questions de l’être et de l’existence, et dépeint une société contrôlée et voyeuriste où la place de l’homme est définie par son ADN, et où tout s’achète, même les gènes.

 

 

Mon commentaire général : Viens découvrir un futur qui fait froid dans le dos!

Ma note: 7/10

La citation qui résume tout : "Et si cette masse vivante et invisible, ces bactéries et ces virus synthétiques échappaient de la main de leur créateurs?"

Mon avis (sans spoiler) :

Xénome est un thriller d'anticipation plutôt efficace qui projette le lecteur dans un Paris surpeuplé, au sein d'une société inégalitaire où la place de chacun est déterminée par son code génétique et où le concept de vie privée n'existe plus puisque la connexion au réseau social, le WebSoc, est obligatoire.

L'auteur est professeur de biologie et ça se sent. Les notions de génétique abordées dans ce roman sont complexes et pourtant, c'est expliqué de façon très didactique, de façon à ce que le lecteur puisse suivre de quoi il retourne. Sinon, il serait simple de se perdre dans ces histoires de génotype, ADN, acides aminés et j'en passe...

Outre cet aspect scientifique, j'ai beaucoup aimé l'univers futuriste. Les descriptions de ce nouveau Paris, où les rues s'entassent les unes sur les autres, où chaque espèce occupe des quartiers bien délimités, où les voitures fonctionnent avec des biocarburants luminescents, sont excellentes. C'est très visuel et on s'y croirait. 

J'ai également apprécié que l'auteur nous invite à réfléchir sur les dérives de notre société, sur la place (trop?) importante des réseaux sociaux dans nos vies ou l'éthique des modifications génétiques. Peut-on faire n'importe quoi avec le vivant sous prétexte de recherche scientifique ou d'améliorer la condition humaine?

Xénome m'a aussi entrainée dans un enchainement d'action: courses-poursuites, fusillades, rencontres secrètes et mystères... Et j'ai découvert un sport fascinant, le 'discdoping", que j'aimerais vraiment voir de mes propres yeux!

Malgré tout, je me suis parfois un peu ennuyée, à cause de quelques longueurs et du style soutenu du récit. Et puis j'ai été un peu décontenancée par le choix de l'auteur de faire parler Yann à la première personne et les autres personnages à la troisième personne... Autre point: je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni à ressentir d'émotions. Pourtant, il y a des moments où j'aurais dû...

J'ai été aussi un peu déçue par la fin, qui s'il est vrai qu'elle a le mérite d'être une vraie fin (sans laisser la possibilité d'une suite, ce qui est rare par les temps qui courent!), donne le reste des éléments manquants en une dizaines de pages alors qu'il n'y a avait plus eu de grosses révélations depuis au moins cent pages... D'ailleurs j'ai été beaucoup plus estomaquée par la découverte du milieu du livre.

En résumé, de la bonne science-fiction, un concentré d'action et de génétique, dans un univers visuel et bien décrit mais pas de coup de coeur pour moi.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers !

 

Mes commentaires non censurés :

En refermant ce livre, il me reste quand même un sacré paquet de questions, auxquelles je n'ai pas trouvé de réponses (ou alors j'ai mal lu, tu me diras).

Qui a réveillé Yann? Dans quel but? Comment? A-t-il passé trente ans dans les sous-sols du Louvre? Qui s'est occupé de ses soins pendant toutes ces années? 

Au final, les dernières révélations s'enchainent tellement vite après le match de "discdoping" et la libération de Paul Lindon et de l'inspecteur Roussel que l'auteur n'a pas le temps de nous expliquer davantage ces points de l'histoire. Et pourtant c'est important.

Yann a visiblement été caché pendant trente ans. Qu'est-ce qui a motivé son réveil? Par qui a-t-il été commandité puisque personne ne savait qu'il était né? Est-ce une préprogrammation de Maëlle Crassier? 

D'autre part, j'ai été personnellement moins déstabilisée par la découverte que Yann est une oeuvre "Lifeart" que de savoir qu'il porte dans son code génétique le secret de la jeunesse éternelle (j'ai d'ailleurs trouvé que cette dernière révélation était particulièrement mal exploitée, peut-être parce que délivrée vite fait dans les dernières pages et vite balayée parce que Yann a modifié son code génétique). C'est certainement une affaire de sensibilité personnelle et aussi parce que ce thème d'oeuvre vivante est un concept tout à fait nouveau. Imaginez qu'on puisse exposer des créatures vivantes en tant qu'oeuvre d'art, comme le lion à la crinière de chlorophylle qui est évoqué dans le récit! Nous avons ici affaire à un homme, créé de toutes pièces par une généticienne, sans conscience, pour l'art. A part quelques pages d'égarement, Yann s'en est plutôt bien remis et les autres semblent le considérer comme un être humain ordinaire. Il n'est traité de "chose" qu'une seule fois. A mon avis, cela aurait pu entrainer une réflexion plus intense sur ce qui fait l'humanité.

C'est dommage parce que le thème de ce roman est assez original et aurait pu amener le lecteur encore plus loin.

 

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.

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