les 500

Les 500 de Matthew Quirk

Editions: Le Cherche Midi Collections Thrillers

448 pages

Paru le 4 octobre 2012

Aperçu :  Mike Ford est un jeune étudiant en droit à Harvard. Lors d'un séminaire, il fait la connaissance du professeur Davis, une figure légendaire de Washington D. C. qui, après avoir collaboré avec les présidents Johnson et Nixon, a fondé sa propre société de lobbying, le Davis Group, qui bénéficie dans le monde politique et les milieux d'affaires du réseau d'influence le plus important de la ville. En font partie ceux communément appelés les 500, les cinq cents hommes les plus puissants du pays. Davis, séduit par le talent naissant du jeune homme, lui propose, à sa grande surprise, de rejoindre sa société. Endetté, Mike, dont le père, un brillant escroc, végète en prison, ne peut refuser cette offre inespérée. Au fil des mois, il s'initie donc aux arcanes de la politique américaine et des milieux d'affaires et apprend les codes et les lois impitoyables qui régissent le lobbying. Mais bientôt, il découvre aussi la face sombre du Davis Group et se demande s'il n'a pas vendu son âme au diable. Lorsqu'il comprend que son recrutement ne doit rien au hasard, et que ce ne sont pas ses talents qui ont suscité l'intérêt de Davis, mais une raison beaucoup plus secrète et personnelle, une impitoyable partie d'échecs se met en place. Seul face au groupe, face à Davis, Mike va devoir maîtriser, comme son père par le passé, l'art délicat de la manipulation, et se montrer le plus malin afin de battre son mentor à son propre jeu.

Mon commentaire général : VICE, c'est à dire Vraiment Intriguant Captivant Essoufflant

Ma note: 7/10

Les citations qui résument tout : "Tout homme a un prix. Et il suffit de le trouver pour qu'il vous appartienne, corps et âme", "VICE. C'est à dire Vanité, Idéologie, Compromission/Coercition, Enrichissement"

Mon avis (sans spoiler) :

Attention, remarque importante! Ce livre est purement captivant. Une fois ouvert, il est impossible de le refermer sans connaitre le mot de la fin. Et comme les chapitres sont plutôt courts, il est très facile de se dire: "non, encore un chapitre, et après j'arrête..."!!!

L'histoire, racontée du point de vue de Mike, nous entraine dans les tréfonds du lobbyisme à Washington et j'ai trouvé ça passionnant, tout simplement parce que c'est un monde que je ne connaissais absolument pas et que je me suis toujours demandé ce qui se cachait derrière ce terme entendu à l'école. Par lobbyisme, il faut donc comprendre que des personnes oeuvrent dans l'ombre des dirigeants, afin de les influencer à prendre telle décision ou à voter telle loi, selon le bon vouloir de ceux qui ont les moyens d'acheter les services de ces entremetteurs au carnet d'adresses bien rempli. Je me suis donc retrouvée plongée dans ce nouvel univers abordé de manière très didactique et c'est maintenant beaucoup plus clair pour moi!

Un autre intérêt de ce roman tient aux personnages, retors et manipulateurs à souhait, même s'il y a quelques petits raccourcis et clichés dont on aurait pu se passer. Néanmoins, cela ne nuit pas à la qualité du récit qui tient en un mot: l'action.

En effet, de la première à la dernière page, j'ai été entrainée dans une spirale infernale, rythmée par des rebondissements et des filatures/courses poursuites/bagarres (rayer la mention inutile). Tout est raconté dans les moindres détails, si bien qu'on croirait voir les évènements se dérouler devant nos yeux, comme si on était témoin de la scène aux côtés de Mike.

Pour ceux que ça intéresse, Mike étant un ancien cambrioleur, il y a aussi pas mal d'astuces sur comment forcer un coffre-fort/une porte/voler une voiture... :-)

En résumé, c'est une lecture à cent à l'heure, dans un style proche de John Grisham, qui t'éclairera sur les rouages de la politique à l'américaine. Un bon thriller!

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés... Attention spoilers !

 

Mes commentaires non censurés :

Malgré le rythme prenant et captivant de ce roman, il y a quelque chose qui me chagrine et qui m'a empêché d'accorder un coup de coeur: je n'ai ressenti aucune empathie envers le héros. Pourtant, il lui en arrive, des malheurs. Il se fait tirer dessus, torturer, frapper, il est accusé de meurtre, son père fait semblant d'être mort... J'aurais pu avoir au moins pitié de lui. Eh bien, non, rien de rien. Pourquoi?

Parce que le récit, centré sur les évènements et l'action, ne laisse pas franchement de place aux émotions, alors qu'on est "dans la tête" de Mike. Il me décrivait ses pensées mais j'ai été incapable de me les approprier et encore moins de m'attacher à lui. Avec cette composante en plus, je pense que ce livre aurait été incroyable.

Ensuite, j'ai un peu été gênée par la dichotomie du récit (oui, dichotomie, j'ai envie d'utiliser des mots pompeux aujourd'hui). Les pauvres (ou anciens pauvres dans le cas de Mike) sont honnêtes alors que les riches sont malhonnêtes et prêts à tout pour s'enrichir encore plus (typiquement Henry ou le père d'Annie). 

Même le père de Mike, qu'on pensait malhonnête et qui aurait pu faire pencher la balance, a en réalité fait de la prison pour protéger sa femme, dans un acte d'altruisme et d'amour tout à fait magnifique.

Moi, je n'aime pas trop ces histoires où les personnages sont tracés au cordeau. Je préfère les contours flous, les caractères complexes.

C'est pour ça qu'il m'a manqué un petit quelque chose dans Les 500, qui aurait pu le faire basculer de bonne lecture à exceptionnelle.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.

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