lackberg_LA-PRINCESSE-DES-GLACESLa princesse des glaces de Camilla Läckberg

Editions: Actes Suds collection actes noirs

509 pages

Paru le 30 avril 2008

Aperçu : Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.

A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide.

Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.

Mon commentaire général : un roman venu du froid qui n'a pas totalement brisé la glace...

Ma note: 6/10

Les citations qui résument tout : "Parfois on ne connait pas les gens aussi bien qu'on le croie", "les enquêtes sur les meurtres sont une affaire de personnages"

Mon avis (sans spoiler) :

L'avantage des Challenges de lecture, c'est de permettre de découvrir de nouveaux horizons et de sortir de son genre de prédilection. Et rien que pour ça, je suis bien contente d'y participer!

Sans le Challenge, je ne crois pas que je me serais naturellement intéressée à ce roman. Un petit village de la côte ouest suédoise, des secrets bien cachés, un roman d'atmosphère, ce n'est pas ce qui m'attire au premier abord. Et j'aurais eu tord. Parce que malgré quelques points de reproches, j'ai plutôt bien adhéré à cette histoire policière et j'ai parcouru les dernières pages à toute allure pour savoir qui était le coupable.

Ici pas de flics super-héros, de fusillades à tout va et de grands rebondissements. Il s'agit de personnages ordinaires à qui il arrive des évènements soudains qui bouleversent leurs vies, mettant à jour de vieux secrets. Même si l'intrigue n'a rien d'original, je me suis laissée prendre au jeu et j'ai cherché le coupable en même temps que les enquêteurs, Erica et Patrik. 

Pour autant, je ne retiendrai pas ce livre parmi mes favoris à cause de deux aspects principaux: le style et les personnages.

Je ne sais pas si c'est à cause de la traduction, mais j'ai trouvé le style extrêmement "plat" et pas très plaisant. Malheureusement, comme je ne parle pas le suédois, je ne pourrai pas lire l'original pour me faire un avis sur la question. Les mêmes expressions se retrouvaient régulièrement. Par exemple, les mentons tombent souvent sur la poitrine... Je n'ai pas été entrainée par le récit et je crois que si je n'avais pas été accrochée par l'intrigue, j'aurais fermé le livre sans remords. C'est dommage...

Concernant les personnages, j'ai eu l'impression de voir défiler une galerie de caricatures. Certains caractères sont franchement exagérés: l'héroïne à la Bridget Jones (la référence est même citée!), l'inspecteur tête à claques, la femme battue, le lèche-cul... Personne n'est jamais ni tout blanc ni tout noir. Je préfère les personnages plus complexes et plus nuancés, ce qui m'a clairement manqué ici.J'ai aussi été un peu agacée par l'histoire d'amour naissante qui prenait parfois un peu trop le pas sur l'enquête policière.

Ce livre fait partie d'une série de plusieurs enquêtes des deux protagonistes et bien qu'il ne soit pas annoncé comme le meilleur, j'ai un peu d'appréhension concernant les autres. Aussi, je ne pense pas me replonger de sitôt dans une aventure d'Erica Falck et Patrik Hedström.

 

Et maintenant, passons à mes commentaires non censurés. Attention spoilers!

Mes commentaires non censurés :

Revenons sur les personnages. La plupart semblent une caricature d'eux-mêmes, la palme revenant à Mellberg et à son toutou Ernst Lundgren. Ils sont fainéants, malfaisants, moches, stupides... Que des qualificatifs négatifs! Personne n'est à ce point aussi peu gâté par la nature! Ce n'est évidemment qu'un exemple, mais assez révélateur des caractères des personnages en général. Je ne reviendrai même pas sur l'épisode de la gaine, qui est tellement copié-collé de Bridget Jones qu'il ne mérite pas qu'on en parle davantage. Finalement, les trois personnages les plus intéressants sont les deux morts, Alex et Anders, et Jan. Chacun a vécu avec son traumatisme d'une façon différente et s'est forgé une personnalité en réponse. Alors bien sûr que l'artiste torturé n'a rien d'original mais j'ai été touchée par la détresse d'Anders. 

Du point de vue de l'intrigue, il n'y a là non plus rien d'original.

Attention Ami Lecteur, si tu n'as pas lu le livre et que tu t'es égaré dans cette partie, je te conseille vivement d'arrêter car je vais maintenant spoiler à fond et révéler des éléments concrets concernant les meurtres.

Si tu es toujours là, je considére donc que je t'apprendrai rien.

L'intrigue, disais-je, n'a rien d'original. Il ne faut pas très longtemps pour additionner deux et deux. Alex et ses parents ont déménagé au moment de la naissance de Julia alors qu'Alex avait radicalement changé quelques mois avant. J'ai donc rapidement conclu que Julia était la fille d'Alex, abusée. La question était donc: qui est le père?

En même temps, l'article sur la disparition de Nils et le fait que cet évènement se soit produit au même moment que les autres, tout comme l'attitude de Nelly envers Julia, sont de bons indices qui permettent de désigner Nils comme le père de Julia.

Restait à comprendre qui avait tué Alex et ça, je ne l'ai compris qu'une vingtaine de pages avant la fin, peu de temps avant Patrik. Mais avant leur discussion, je n'avais rien vu venir. Et j'aime être surprise dans ce genre de roman!

Globalement, je n'ai donc pas détesté, mais je n'y ai pas trouvé matière à suivre cette auteure. C'est dommage parce que je pense que les polars nordiques distillent une atmosphère qui n'a rien à voir avec les équivalents du genre anglophone. Peut-être que j'y reviendrai un jour. Il parait qu'il ne faut jamais dire jamais...

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.

ABC2015