Ami Lecteur, il s’agit ici de la chronique du quatrième tome (tant que ça !) d’une série. Si tu n’as pas lu les trois premiers tomes, ça va forcément spoiler pour toi. Je te renvoie donc au besoin vers mes chroniques des tomes 1, 2 et 3.

4 filles et un jean 4Quatre filles et un jean : le dernier été de Ann Brashares

Editions: Gallimard Jeunesse

404 pages

Paru le 14 juin 2007

Aperçu : Après leur première année loin de chez elles, à l'université, Carma, Tibou, Bee et Lena ont chacune des projets différents pour l'été : Carmen participe à un festival de théâtre. Persuadée de n'être bonne qu'à s'occuper des décors, elle est la première surprise lorsqu'elle se fait repérer pour ses talents d'actrice. Mais Julia, sa nouvelle amie, semble tout à coup bien distante.... Tibby reste au campus à New York pour suivre un séminaire d'écriture de scénarios et file le parfait amour avec Brian, jusqu'à ce que... tout se complique ; Bridget part en Turquie sur un chantier de fouilles archéologiques. Elle tombe sous le charme de Peter, trente ans, marié ; père de famille... Lena suit un atelier de dessin en compagnie d'un élève particulièrement doué et plutôt beau garçon, Léo, qui pourrait bien lui faire oublier Kostos... Ce dernier volet laisse les quatre filles au seuil de leur vie d'adulte. C'est l'heure des grandes questions et, parfois, des déceptions. Mais une chose est sûre : avec ou sans le jean, leur amitié restera éternellement dans le bleu.

Mon commentaire général : ça s’en va et ça revient...

Ma note: 8/10

La citation qui résume tout : « C’est vraiment idiot, le désir. On désire ce qu’on a pas et, une fois qu’on l’obtient, on n’en veut plus. On considère ce qu’on possède comme un acquis, jusqu’à ce que ce soit hors de portée. », « Nous quatre, c’est partout, ici et là, passé et futur, ensemble ou séparées. »

Mon avis (sans spoiler) :

Pour la première fois dans cette série, je suis assez mitigée.

Comme pour les trois tomes précédents, j’ai terminé ce livre à une rapidité frisant la vitesse lumière pourtant je ne l’ai pas aimé autant que les autres tomes.

Pourquoi ? Peut-être parce que j’ai l’impression qu’on tourne un peu en boucle. Les filles ont grandi, vont à l’université, abordent maintenant leur première fois mais elles restent des adolescentes avec des réactions d’adolescentes. Autant cela ne m’a pas dérangée dans les tomes précédents puisqu’elles étaient encore lycéennes et que cela pouvait se justifier, autant ça m’a posé problème ici parce que j’ai eu le sentiment qu’on en restait toujours au même point. Peut-être que j’en attendais un peu trop. Peut-être que je commence à me lasser de ce schéma toujours identique, de cette recette un peu trop éprouvée.

J’ai pourtant apprécié le style qui est toujours très agréable et les citations de début de chapitre toujours hilarantes. J’ai toujours mes petites préférées parmi les quatre filles, et celles que j’aimais moins ont continué à me taper sur les nerfs. Pourtant j’ai moins ri et je n’ai pas du tout pleuré. Les nouvelles romances ne m’ont pas vraiment touchée et les anciennes m’ont laissé un goût doux-amer...

J’espère que le dernier tome, qui se passe dix ans plus tard, saura me surprendre et me réconcilier avec cette série que je trouve toujours géniale malgré cette petite déception.

 

Mes commentaires non-censurés :

Comme pour les précédents tomes, abordons chacune des filles séparément :

  • Carmen : au départ, je n’ai pas bien compris ce qu’il était arrivé à Carmen pour qu’elle se transforme en la « fille invisible », elle qui était si grande gueule dans les tomes précédents. Se retrouver dans un environnement différent l’a complètement bouleversée et elle a dû apprendre à ne plus être le centre de son petit monde (transformation qui avait déjà commencé dans les tomes précédents avec le remariage de son père et l’arrivée de son petit frère). Je suis contente qu’elle ait réussi à dépasser tout ça pour redevenir elle-même et se révéler en tant qu’actrice. Cependant, elle reste celle qui me touche le moins parmi les quatre filles.
  • Tibby : là encore, je n’ai pas vraiment saisi pourquoi Tibby avait tant paniqué suite à sa première fois avec Brian. Pourtant, elle aurait certainement bien mieux appréhendé la possibilité d’être enceinte en se reposant sur l’amour inconditionnel de son petit-ami, au lieu de flipper toute seule dans son coin. Tibby était l’une des plus émouvantes dans les précédents tomes, mais là j’avais juste envie de la secouer par les épaules pour la mettre en face de ses contradictions.
  • Bridget : Dans le tome 1, Bridget avait fait des pieds et des mains pour séduire Eric. Maintenant qu’il est son petit-ami, elle ne pense qu’à se jeter dans les bras de Peter. Qu’est-ce que c’était agaçant ! Bridget est une passionnée, capable de se consacrer des heures entières à dégager un sol de terre battue ou d’aimer à 200%. C’est dans sa nature. Peut-être parce que la mort de sa mère lui a appris à tout vivre plus vite, plus fort, pour ne rien laisser passer. J’ai tout de même été soulagée qu’elle revienne à la raison à la fin et qu’elle retourne à Eric. La façon dont elle s’est occupée de sa famille m’a également beaucoup touchée. Cette fille a de l’amour à revendre et j’espère qu’elle comprend qu’elle ne doit pas le gâcher pour des personnes qui n’en valent pas la peine.
  • Lena : comme dans les précédents tomes, Lena est celle qui m’a le plus touchée. Peut-être que je me sens plus proche d’elle par ma nature calme et réservée, comme elle, et que je la comprends mieux. En tout cas, ses remises en question, sa pudeur, sa timidité me parlent. Son histoire avec Leo était attendrissante, toute en finesse. Sa dispute avec Kostos m’a bouleversée, parce que je me suis demandé pourquoi elle le repoussait alors qu’elle l’a attendu pendant deux ans. Leur tristesse à la fin du livre m’a fait de la peine. Ils sont les amants maudits de cette série, toujours éloignés par les évènements. J’espère qu’ils sauront se retrouver un jour parce qu’ils forment un couple magnifique.

Le jean, qui était presque un personnage à part entière dans les tomes précédents, a été complètement oublié dans ce tome. Il n’est qu’un trait d’union entre les filles, un symbole de leur amitié, un fil conducteur qui permet de passer de l’une à l’autre mais je crois qu’elles ont suffisamment grandi pour puiser leurs propres ressources en elles-mêmes, d’autant plus que leur amitié a été distendue par la distance de leurs universités.

Même si j’ai été déçue par la redondance de ce tome par rapport aux autres, j’ai vraiment hâte de lire le tout dernier tome qui devrait me projeter dix ans plus tard et ouvrir, j’espère, de nouvelles perspectives à ces personnages qui m’auront procuré beaucoup d’émotions au fil de mes lectures.

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.