couv57673227Quatre filles et un jean de Ann Brashares

Editions: Gallimard Jeunesse

308 pages

Paru le 24 avril 2002

Aperçu : Un jean acheté dans une boutique d'occasion va devenir le lien entre quatre adolescentes. Carmen est brune et un peu ronde, elle parle sans détour et a un problème avec son père divorcé qui lui réserve une drôle de surprise. Tibby est un garçon manqué et ne fait pas son âge. Bridget, la troisième, est blonde, superbe et sportive, volontaire jusqu'à l'erreur... La dernière est Lena la brune, très introvertie, et grecque jusque dans ses sentiments. Chacune va se retrouver séparée pour les vacances, et ce jean magique sera leur lien indéfectible, source de fidélité. Il sera témoin de la découverte pour chacune d'entre elles de la profondeur de l'amour. Que ce soit l'amitié d'une petite leucémique ou la révélation de l'amour paternel pour certaines, ou bien la rencontre du premier amour, authentique ou source d'une amère déception pour l'autre.

 

Mon commentaire général : Moi aussi je veux ce jean !

Ma note: 8.5/10

La citation qui résume tout : « Le bonheur ne tenait peut-être qu’à l’équilibre des petites joies (comme arriver au passage piétons juste quand le bonhomme passe au vert) et des petits désagréments de la vie (comme avoir une étiquette qui gratte dans le cou.»

Mon avis (sans spoiler) :

En ouvrant ce livre, je croyais tomber sur une bluette légère, des « soucis » d’adolescentes en vacances, des amourettes sans conséquence… Quelle erreur ! Ann Brashares nous plonge certes dans l’univers de l’adolescence où le moindre déraillement prend une ampleur inimaginable mais elle parvient aussi à aborder des sujets aussi sérieux que les familles recomposées, la maladie, les mensonges, la sexualité, avec une émotion toujours juste et des passages franchement drôles.

J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai pesté tout au long de ces trois cent pages qui se dévorent en un clin d’œil. Même s’il m’a été difficile de m’identifier à l’une ou l’autre fille (à cause de mon âge), il est facile d’y reconnaitre une nièce ou une petite cousine. Les situations sont bien amenées, construites de façon intelligente pour délivrer une leçon de vie sans côté moralisateur. C’est un livre à mettre d’urgence dans les mains de toutes les adolescentes.

C’est pour moi une vraie découverte. Je pensais lire ce premier tome entre deux sagas, pour me reposer, et je me retrouve à vouloir absolument connaitre la suite… Tel est pris qui croyait prendre !

J’ai juste une petite remarque sur le style (il faut bien trouver quelque chose à reprocher quand même) : le prologue et l’épilogue sont écrits selon le point de vue de Carmen, à la première personne, alors que le reste du livre est écrit à la troisième personne, mélangeant les scènes des quatre filles, ce qui m’a décontenancée. On a donc un prologue et  un épilogue vivants et tout le reste du livre, je me suis sentie spectatrice de l’action, comme si je regardais un film, au lieu de le « vivre ». L’alternance de chapitres écrits à la première personne du point de vue de chacune des filles auraient à mon sens été beaucoup plus dynamique.

 

Mais de façon générale, tu l’auras bien compris, j’ai hâte de retrouver le quatuor et leur jean pour la suite de leurs aventures estivales !

D’ailleurs, ne soyons pas timides, c’est un coup de cœur :

 

coeur scintillant

 

 

Mes commentaires non censurés :

Voyons chacun des personnages principaux en détail :

  • Carmen la « portoricaine » aux grosses fesses : on peut être agacé par sa réaction face à la nouvelle famille de son père, d’autant que la laisser découvrir la situation une fois sur place n’était pas franchement une bonne idée. Pourtant j’ai compris son mal-être face à cette famille idéale, pour elle qui a sûrement du mal à s’accepter comme elle est. Sa fuite après avoir cassé la vitre est évidemment puérile et je crois qu’elle s’en rend compte, mais elle cherche juste à attirer l’attention de son père, peut-être même à redevenir sa petite fille chérie. Pourtant quand elle appelle Al et lui dit tout ce qu’elle ressent, je me suis demandé qui était l’adulte. Parce que ne pas prévenir sa fille qu’on va se remarier est une attitude tout aussi puérile que de dire à sa belle-mère que sa robe lui fait des gros bras. Ce que Carmen aura gagné : la maturité.
  • Bridget la fonceuse : Bee est une « tornade » comme le résume si bien Eric. Elle est entêtée, elle fonce dans le tas, c’est une battante, du moins en apparence. En fait, elle est restée une petite fille fragile, dévastée par le suicide de sa mère. Gagner l’amour d’Eric était une façon pour elle de grandir, même si elle en souffre. J’ai beaucoup aimé Bridget, sa fragilité refoulée était touchante.
  • Lena la magnifique : Lena est une jeune fille timide, peu causante mais d’une beauté lumineuse. Pourtant on sent qu’elle souffre de ne pas être comme sa sœur ou ses parents. J’ai adoré les moments qu’elle partage avec son Bapi. Lena aura découvert ses origines pendant cet été, ce qui lui donnera une base solide pour avancer dans la vie. Son histoire avec Kostos est belle parce que c’est un amour simple, qu’on sent profond. J’espère vraiment qu’ils pourront se revoir.
  • Tibby au nez percé : c’est de loin Tibby qui vit l’aventure la plus triste. Sa rencontre avec Bailey lui fait jeter un autre regard sur le monde, celui d’une petite fille de douze ans qui n’a pas le temps de vivre. Tibby aura évolué bien plus que ses amies cet été. Bailey lui a fait comprendre qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence, que certaines personnes sans intérêt au premier abord ont plus de valeur que d’autres. J’ai évidemment versé ma larmichette à la mort de Bailey, c’est que je n’y étais attachée à cette petite gamine plus collante qu’un chewing-gum.
  • Le jean : c’est un personnage à part entière. Pourquoi ? Parce qu’en les rendant belles, ce vêtement redonne de la confiance en soi à ces quatre ados qui osent alors être comme elles sont et dire ce qu’elles pensent. Il les révèle. D’ailleurs j’aurais bien aimé un dessin du jean à la fin des vacances, pour savoir ce que les filles y avaient noté. Il parait qu’il est dessiné sur la couverture du deuxième tome. Une autre bonne raison pour me le procurer d’urgence ! ;-)

 

Et toi, Ami Lecteur, qu’en penses-tu ? Dis-le-moi en commentaire.